|
Louis Armstrong : l'unique |
Lundi 15 janvier 2004
Lui, c'était Louis. Louis Armstrong. L'Unique, l'Incomparable. Un formidable trompettiste (et chanteur, le plus grand de la musique noire avec Ray Charles) devant lequel tous les musiciens devraient se prosterner. Cette sonorité si familière, si généreuse, si chaleureuse, si majestueuse, si puissante et si humaine, bref si belle et si vraie, c'était lui. Dans ses éblouissants solos (dont on n'a pas fini de répertorier tous les trésors qui y sont enfouis), dans ses phrases contrastées d'une architecture parfaite, Louis nous la faisait goûter dans toute sa plénitude. Réécoutez ses pièces des années vingt : Tight like this, West end blues, Muggles, St-Louis Blues (ah ! St-Louis Blues), When it's sleepy time down south...; autant de chefs-d'oeuvre de cet authentique génie de la musique du 20e siècle pour lesquels Bix Beiderbecke, un grand trompettiste blanc, s'étranglait : " Pourquoi, oui, pourquoi le monde entier n'est-il pas là pour écouter ça ? "
Mais pourquoi donc exhumer ce grand ancien ? Ne convient-il pas seulement de se limiter à lui rendre un hommage respectueux comme le veut la politesse, le saluer puis le ranger au rayon des antiquités ?
Erreur !
Louis Armstrong, c'est le Platon du jazz : il a défini les canons de cette musique telle que nous la connaissons aujourd'hui. Trop jeunes pour notre malheur - tare rédhibitoire - nous ne l'avons, hélas, pas connu. N'empêche que c'est de nous qu'il parle : il raconte l'histoire du peuple noir et de la mère Afrique et il nous a touchés. De ce point de vue, sa stature et son aura surpassent celles d'un Nelson Mandela. Ce qui n'est pas peu dire. " Satchmo ", l'inaccessible. À la Nouvelle Orléans (Louisiane) où il était né le peuple, reconnaissant, a débaptisé le fameux square du Congo (Congo Square) : cette place historique porte maintenant son nom. Le maître est mort dans son sommeil en juillet 1971. Nous célébrons cette année le trentième troisième anniversaire de sa disparition. Armstrong, nous l'aimons. Dieu le bénisse. Merci Louis.
Nzumba Matassa
Réagir
| |
|