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Mardi 15 juin, 8h10
M. Dieudonné Antoine Ganga, ancien ministre des Affaires Etrangères et ancien ambassadeur du Congo à Washington, a adressé il y a quelques jours une lettre ouverte au président de la République. Il s’élevait contre les conditions de l’expropriation programmée de certains habitants des quartiers Bacongo et Makélékélé à Brazzaville, suite au projet gouvernemental de construction de nouveaux logements. Dans un entretien accordé à « Mwinda », il précise le sens de sa démarche.
Monsieur le ministre, vous êtes très engagé dans l’affaire de l’expropriation des habitants de Bacongo et de Makélékélé. Pourquoi ?
Dieudonné A. Ganga : J’apprécie que vous me posiez cette question. Je suis un Bacongolais d’origine, de la deuxième génération, la première génération étant celle de certains de nos parents nés également à Bacongo. Nos grands-parents, comme certains de nos parents, qui ont migré à Bacongo, étaient tous nés au village. Makélékélé est une extension de Bacongo depuis 1960.
Je considère Bacongo comme un héritage que nous ont légué les pionniers et bâtisseurs de ce quartier, à savoir : Félix Tchicaya, Lascony, Martial Kongo, François Niamankessi, Dominique Nzalakanda, Jean Biyoudi, Antoine Nganga, Nestor Nkanza, Jacques Bankaites, Arthur Boloko, Arthur Makany, André Bikoumou, Roch Malanda, Kitengué, Marius Samba, Eugène Kinouani, Joseph Nkéoua, Sébastien Matiabou, Sébastien Mafouta, Mbabane, Nkouka Batéké, Bernard Fouékélé, Ta Ngoma Zembo, Ta Kongomani, Yves Mfouna, Joseph Senso, Prosper Loko, Laurent Nkodia, Paul Bidié, Bertrand Lémina, Malonga Ecoute, Ta Malonga Double-tête, Victor Moumpala, Pascal Bakouétila,Ta Balalabala, Ta Mbemba Niama, Jean NKabi, Jean Louya, Fidèle Massamba, Ta Loubanzi (Matsima), Pascal Bendo, Pierre Kinzonzi, Ta Nzoungou, Ma Koussata, Pauline Louniangou et bien d’autres.
Donc Bacongo et Makélékélé sont une partie de nous-mêmes. C’est pourquoi je me bats. J’estime aussi qu’il revient aux Bacongolais et aux Makélékéléens de protéger, de fructifier et perpétuer cet héritage pour ne pas en être spolié, sous quelque prétexte que ce soit.
Bacongo et Makélékélé sont une partie de nous-mêmes
Cela fait du beau monde. Vous avez dit que Félix Tchicaya, député du Congo à l’assemblée française était un Bacongolais ?
Dieudonné A. Ganga : Eh oui ! Félix Tchicaya est Bacongolais et Ponténégrin. Il vivait à Bacongo dans la rue Condorcet N° 8, au carrefour de cette rue et de l’avenue de Brazza, en face de l’école Saint-Joseph B. Sa fille Yvonne Félix Tchicaya peut en témoigner.
Et comment vous est venue cette idée d’écrire une lettre ouverte au Président Sassou ?
Dieudonné A. Ganga : Ce sont à la fois les informations alarmantes données par des parents et des amis restés à Bacongo, le mutisme des notables et des élus de Bacongo et de Makélékélé, et la lettre de M. Laurent Silaho au ministre Claude Alphonse Silou qui ont interpellé ma conscience.
Me taire aurait été me rendre complice, cautionner l’expropriation. Ainsi, appliquant le précepte selon lequel « il vaut mieux avoir affaire à Dieu qu’à ses saints », je me suis permis, en ma qualité de Bacongolais et de citoyen congolais, d’écrire au Président Sassou, Chef de l’Etat, lui qui, conformément à la Constitution, incarne l’unité nationale et a prêté le serment de garantir la paix et la justice à tous.
Votre lettre a reçu un écho favorable auprès de nos lecteurs et au Congo. Quelle est à présent l’étape suivante ?
Dieudonné A. Ganga : L’étape suivante est celle de voir le gouvernement revenir sur sa décision. Je l’espère en tout cas. Vous savez, le plus grand malheur de l’homme est de se trouver face à un mur contre lequel sa plainte reste muette, de ne pas être entendu, dans son histoire de rupture, d’abandon, de souffrance. Alors, je fais appel au Président Sassou. Je souhaite du reste le sensibiliser sur deux choses :
- la grandeur d’un Chef d’Etat se mesure aussi à la manière dont il se comporte avec le peuple, avec les veuves et avec les orphelins qu’il a l’obligation et le devoir de protéger et de rendre heureux.
- les Bacongolais et les Makélékéléens qui souffrent dans leur chair - une chair dont ils pansent encore les plaies - attendent de sa part un geste. Ils en ont assez d’être torturés moralement et physiquement.
Le décret d’expropriation a été adopté le 4 juin 2004. N’est-il pas trop tard pour agir ? Pensez-vous encore être entendu ?
Dieudonné A. Ganga : ll n’est jamais trop tard pour soulager le peuple. Mieux vaut tard que jamais. Le décret du 4 juin 2004 est un texte administratif qui a été initié et adopté par des hommes. Ces derniers peuvent l’abroger ou le reconsidérer. Il suffit qu’ils en aient la volonté. Et, comme l’on dit, là où il y a de la volonté, il y a un chemin.
D’ailleurs cela ne serait pas la première fois. Tenez ! Dans les années 1980, sous Sassou I, le gouvernement avait pris, sauf erreur, des décrets portant expropriation et expulsion, pour cause d’insécurité et d’insalubrité, des populations ayant construit anarchiquement des maisons d’une part « sur le terrain vague allant du chemin de fer au parking du stade Eboué » à Poto Poto et, d’autre part, « sur le terrain qui, de surcroît, est une propriété du ministère du Tourisme, le terrain des Cataractes du Djoué. Ce terrain a déjà été inondé en 1959 par de grandes pluies diluviennes qui emportèrent le pont de lianes sur le Djoué, et engloutirent la belle plage de Lala.
ll n’est jamais trop tard pour soulager le peuple
Ces décrets n’ont jamais connu d’exécution pour des raisons humanitaires et sociales. Le gouvernement actuel peut agir de la même façon, surtout que les blocs concernés à Bacongo et à Makélékélé sont sains, salubres et ne présentent aucun danger pour les populations.
Le ministre compétent en l’occurrence demeure M. Claude Silou. Le connaissez-vous ? L’avez-vous contacté à ce sujet ?
Dieudonné A. Ganga : Je connais le ministre Claude Alphonse Silou qui est un frère, un parent. Je ne l’ai pas encore contacté. Dès que je le pourrai, je ne manquerai pas d’en parler avec lui. Cependant, je pense qu’il convient de ne pas jeter l’anathème sur sa personne. Il sied d'observer que la responsabilité du dossier qu’il suit au nom du principe de la continuité de l’Etat, ne pèse pas sur ses épaules. Ce dossier a été initié en 2001, époque où il n’était pas au gouvernement. N’en faisons donc pas un bouc émissaire.
D’une manière générale, êtes-vous en relation avec les populations concernées ? Y a-t-il un collectif des habitants pour s’opposer au projet tel qu’il a été adopté ?
Dieudonné A. Ganga : Vous savez, quand on est pestiféré ou quand on est dans ma situation, on devient le rebut pour beaucoup de gens. On n’a plus de véritables amis. Cependant des parents et quelques véritables amis sont en relation avec moi. Ce sont ceux-là qui m’informent soit par téléphone, soit par email de la situation qui prévaut en général au pays, à Bacongo et à Makélékélé en particulier. Je sais que les gens se sont constitués en un comité qui a engagé des pourparlers avec le maire de Bacongo. A part quelques jeunes assoiffés d’argent, partisans du moindre effort, donc de l’argent facile, la majorité (99% environ) d’entre eux est contre ce projet d’expropriation.
Vous regrettiez qu’on entende très peu les élus de ces quartiers et même les élus de la nation. Comment l’expliquez-vous ?
Dieudonné A. Ganga : Je ne m’explique pas le silence de nos élus des quartiers et de la nation. Il faudrait leur poser la question. S’ils sont nos élus, c’est parce qu’ils aiment le Congo, Bacongo et Makélékélé, j’imagine.
Aimer le Congo, aimer Bacongo et Makélékélé, c’est croire en un ensemble de principes et de valeurs qui fondent une morale, au premier rang desquels l’Unité, le Travail et Progrès, comme le proclame notre devise.
C’est du même coup combattre ce qui en est la négation même : les vieilles idées de division, de haine, de mensonge, d’exclusion et de manœuvres politiciennes. Faut-il leur rappeler que c’est le peuple qui les a élus représentants de nos quartiers avec pour mission l’amélioration de la vie des populations qui aspirent à plus de justice ? Comment, pour paraphraser Jean
Ziegler, peuvent-ils être libres et manger en paix, pendant que leurs électeurs sont sur le point d’être jetés dans la rue ? Il y a honte d’être heureux seul disait Camus.
Je lance donc tout haut à leur endroit ce cri du cœur que les Bacongolais et les Makélékéléens étouffent en eux. Leurs électeurs attendent d’eux un grand geste, celui de trouver, en synergie avec le gouvernement et surtout avec le Président de la République, une solution adéquate. A ce propos, je les invite à méditer l’affirmation suivante du ministre Aimé Emmanuel Yoka lancée au lendemain de la Conférence Nationale Souveraine : « …Honte et malheur alors, à tous les intellectuels et hommes politiques congolais, les vrais et les autres, en particulier à l’élite dirigeante d’hier, d’aujourd’hui et probablement de demain qui, du haut de son pouvoir et en vertu des connaissances qu’elle s’attribue, prétend se substituer aux décisions individuelles des citoyens en dessinant pour eux les contours de la cité radieuse ». Comprenne qui pourra !
Savez-vous quels blocs de quartier exactement sont concernés par l’expropriation ?
Dieudonné A. Ganga : Il s’agirait du quartier Dahomey, vers la Case de Gaulle, secteur du Chef Marius Samba et du bloc 23 compris entre l’avenue Pasteur au nord, l’avenue du Temple au sud, l’avenue des Trois Francs à l’ouest et la rue Montaigne à l’est, l’un des secteurs du vieux Bacongo dont le Chef coutumier était Eugène Kinouani.
A Makélékélé, il s’agirait du secteur qui va du Château d’eau, Tenrikyo, jusqu'à l’école française Saint- Exupéry.
Avez-vous une idée du montant des indemnités de ces expropriations ?
Dieudonné A. Ganga : Pas encore. Mais la rumeur évoque des sommes dérisoires.
Construire de nouvelles habitations n’est pas en soi une mauvaise chose. N’y a-t-il pas lieu de trouver un terrain d’entente, par le dialogue ?
Dieudonné A. Ganga : Si, le dialogue est la meilleure voie. Je suis d’accord avec vous. Construire de nouvelles habitations n’est pas en soi une mauvaise chose. Interrogeons l’histoire ! Vous savez, les habitants de Bacongo n’en sont pas à la première tentative d’expropriation ! Ils en ont déjà connu une en 1946. Mais une intervention de M. Félix Tchicaya, Bacongolais et député visionnaire du Moyen Congo l’a faite échouer.
L’unique expropriation dont le peuple de Bacongo fut l’objet a eu lieu en 1956-1957. Elle concernait les habitants de la rue Jeanne D’Arc et de la rue Surcouf, côté pair, jusqu’au quartier Dahomey N° 1, dirigé par le Chef Kitengué.
Alors, que proposez-vous donc ?
Dieudonné A. Ganga : Qu’on s’inspire de l’exemple du président Fulbert Youlou, alors maire de Brazzaville.
Avant de déloger les populations auxquelles je faisais allusion, il s’est préoccupé au préalable de les loger sur un terrain vague, compris entre la caféière du Chef Nkéoua et l’actuelle avenue Nkouka Batéké. Le président Youlou céda gracieusement à ses administrés des maisons clefs en main. Ce terrain vague viabilisé et loti fut baptisé Tahiti. Deux rues furent débaptisées l’une Jeanne d’Arc l’autre Kitengué. Les terrains expropriés furent redistribués avec l’obligation d’y construire des maisons en matériaux durables. L’ancienne rue Jeanne d’Arc devint ainsi la rue Mbama.
L’essence de l'actuel projet est on ne peut plus noble, je le répète. Mais tel que l’on veut l’appliquer à Bacongo et à Makélékélé, il déstabilisera les foyers, accroîtra la division des familles, la misère et la pauvreté des populations de Bacongo et de Makélékélé lesquelles, avouons-le, vivotent et se clochardisent de jour en jour.
Je ne m’explique pas le silence de nos élus des quartiers
Les indemnités que l’on projetterait de leur octroyer seront utilisées à d’autres fins : elles serviront à payer les dettes; elles seront partagées entre les différents membres des familles; après, le reste servira à subvenir aux besoins immédiats et quotidiens. A la fin, ils seront sans terrain, sans maison et sans argent pour acheter les fameuses villas construites par le gouvernement. Ils deviendront purement et simplement plus pauvres, vagabonds et errants, comme de bateaux sans radar. Ce qui est, je crois, contraire à la stratégie de lutte contre la pauvreté que l'on veut initier.
Pourquoi ne pas songer par exemple à équiper les dispensaires, les hôpitaux et les écoles de Bacongo et de Makélékélé, d’y restaurer les circuits d’eau, d’électricité et de construire enfin ces nouvelles villas sur les terrains vagues ou de lancer carrément l’opération « nouvelles Cités » où les quartiers seront viabilisés ? Détruire des villas (pour certaines luxueuses) construites à la sueur du front de leurs propriétaires et les en exproprier pour en faire des vagabonds, jamais !
Ne craignez-vous pas que votre démarche soit plutôt perçue comme celle d’un opposant au régime ?
Je comprends votre inquiétude : le passé dans notre pays est jonché de faits du prince, comme les arrestations, les enlèvements ou les séquestrations arbitraires suite à des délires d’interprétation d’écrits et des déclarations.
Je pense que le temps de ces agissements lâches est révolu. Ecrire au président de la République, pour défendre des parents, des frères, des amis, des veuves et des orphelins qui, tous, sont sur le point d’être victimes de ce que j’appelle « une nouvelle bavure et un nouveau dérapage administratifs », un abus de pouvoir, si c’est cela être opposant…
L’on oublie souvent que si on empêche les gens d’exprimer leurs opinions, on casse peut-être le thermomètre mais on ne fait pas chuter la fièvre. « Le courage, c’est de rechercher la vérité et de la dire : ce n’est pas de subir la loi du mensonge triomphant qui passe » disait Jean Jaurès. Donc, quand un leader politique, quel qu’il soit, se montre dur ou égoïste, ou prend une décision impopulaire, le devoir de tout citoyen est de le lui dire, sans passer par des intermédiaires et, le cas échéant, de prendre parti pour sa victime contre lui. Chacun de nous est un pionnier et doit se comporter comme Jean Baptiste qui a eu le courage de défendre ses idées devant Hérode.
Passons à autre chose. Vous avez été ministre pendant la Transition en 1992. Pensez-vous comme d’autres (Guy Menga en l’occurrence, qui l’a écrit) que ce régime a été escamoté ?
Dieudonné A. Ganga : La Transition a été une période vraiment exaltante de la vie politique de notre pays. Malheureusement certains politiciens véreux n’ont pas permis au gouvernement d’achever les tâches que lui avait assignées la Conférence Nationale Souveraine. Oui, la Transition a été escamotée.
Que retenez-vous de cette période ?
Dieudonné A. Ganga : L’engouement du peuple congolais pour l’instauration de la démocratie, la soif de liberté et de paix après 28 ans de monopartisme. Je retiens aussi la confiance et l’amitié que m’ont témoignées le premier ministre André Milongo, le président du Conseil Supérieur de la République, Mgr Ernest Kombo et le président de la République, le général Denis Sassou Nguesso. Ce qui m’a permis de travailler, malgré les sarcasmes, en symbiose avec les trois responsables des institutions de la Transition. Je retiens enfin la réussite du referendum constitutionnel, des élections locales et présidentielles. C’est la première fois en Afrique que les organisateurs des élections les perdaient…
Ne trouvez-vous pas paradoxal que la démocratie espérée se soit soldée par des guerres ?
Dieudonné A. Ganga : Est-ce que les tous les Congolais croient en la démocratie et en ses vertus ? C’est très malheureux que la démocratie congolaise, qui était bien partie, se soit soldée par des guerres. « La guerre - comme l’affirme Jean Ragache - est toujours une défaite ; celle de la pensée, de la sagesse, du débat démocratique. Elle est le triomphe de l’ignorance, de l’incompréhension et de l’égoïsme. Elle n’est pas l’apanage des barbares, elle est barbarie ».
Parmi les actions utiles dont je suis le plus fier, le FESPAM
Tant que les politiciens congolais appliqueront les stratégies de « Toto tire Nama, Nama tire Toto » ou du « Ote-toi de là que je m’y mette », en foulant au pied le principe de l’alternance démocratique, la véritable démocratie au Congo risque de n’être qu’un simple slogan ou un vœu pieux. La démocratie, c’est aussi l’explication, le dialogue qui est le meilleur moyen de rechercher les points de contact, de rapprocher les positions concernant des affaires concrètes.
Vous avez également été ambassadeur aux USA et en Ethiopie
Dieudonné A. Ganga : Oui, le président Pascal Lissouba m’avait fait l’honneur de représenter notre pays en qualité d'ambassadeur à l’OUA à Addis-Abeba, en Ethiopie, puis aux USA. Même si toute oeuvre humaine reste imparfaite, je crois que j’y ai bien assumé mes fonctions pour l’intérêt du Congo. Du moins, je laisse les autres me juger.
En tout cas parmi les actions utiles que j’ai pu mener et dont je suis le plus fier, j’en ressors trois : l’obtention auprès de l’OUA que l’organisation du FESPAM (festival panafricain de la musique, qui a lieu tous les deux ans) revienne à notre pays, le Congo. C’est là mon legs aux générations futures; l’envoi au Congo, en janvier 1997, d’une mission de trente hommes d’affaires américains, dont les directeurs de General Motors et de City Bank qui étaient décidés d’investir au Congo; l’envoi d’une délégation américano-canadienne qui avait signé à Brazzaville, fin mai 1997, un accord d’exploitation du magnésium et des potasses à Makola…
Sur ce plan on a l’impression que le Congo dispose d’un potentiel diplomatique important mais qui reste sous exploité.
Dieudonné A. Ganga : Malheureusement, c’est la réalité. Peu de diplomates sont en fonction dans nos ambassades. On y trouve plus de profanes que de diplomates professionnels. C’est un gâchis. On a fait des ambassades des « comptes fourre-tout ».
Qu’en est-il du problème des anciens diplomates lesquels, semble-t-il, restent bloqués pour certains à l’étranger ?
Dieudonné A. Ganga : Posez la question au ministre des Affaires Etrangères. Une chose est certaine : nous avons à l’étranger des ambassadeurs et des diplomates qui, depuis 7 ans, ont été largués et abandonnés dans la nature sans salaire, au motif qu’ils ont été nommés par un président élu démocratiquement, le président Pascal Lissouba. Ils attendent leurs billets et autres moyens en vue de leur rapatriement. Ce sont des fonctionnaires congolais que l’Etat a envoyés pour le servir à l’étranger. Il revient donc au même Etat de les respecter et de les rapatrier dans les règles de l’art et dans la dignité.
Un dernier mot ?
Dieudonné A. Ganga : Les Bacongolais et les Makélékéléens se sentent abandonnés et délaissés. Ils sont orphelins. Or, l’orphelin est un blessé de la vie, dans son cœur et dans son âme, a dit le Père Daniel Brottier. Que le président de la République et nos élus locaux leur donnent au moins la dignité et le bonheur de vivre dans une société plus juste et plus humaine.
Propos recueillis par Nika Mabiala
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