« Nous sommes là pour embêter le monde. Nous mettons du sel dans les blessures et des cailloux dans les chaussures. Nous cherchons le mauvais côté des choses car du bon côté, les attachés de presse s'en chargent. » Horacio Verbitzky, journaliste argentin.
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Mercredi 31 octobre 2007
Sans doute ébranlées par l'article de M. Bikoué,
les protestations des internautes et des Congolais en général, le " pot aux roses " (le poison) découvert, les autorités compétentes congolaises ont choisi de retirer l'Imunoxx du marché congolais. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...
Par Arsène Bikoué
Les autorités congolaises viennent de retirer Imunoxx, un produit supposé être un médicament, du territoire national. Je me réjouis au plus haut point que les autorités de mon pays se soient vite rendus compte de leur faute et aient décidé d'épargner nos compatriotes des souffrances supplémentaires inutiles. La vie n'est déjà pas si simple pour la majorité d'entre-eux.
Selon la direction de la réglementation de l'exercice de pharmacie au Congo, qui l'a annoncé, cette décision est prise par le fait qu'Imunoxx est nocif et serait rentré au Congo sans avoir obtenu son certificat de circulation c'est-à-dire sans l'autorisation de l'autorité compétente conformément au cadre juridique et réglementaire de l'exercice de la pharmacie au Congo.
Si je suis très content qu'Imunoxx ait été retiré de mon pays, je me pose tout de même des questions sur le fonctionnement des institutions de celui-ci. Et-il utile de rappeler que cette affaire aurait été conduite sous l'autorité du président de la République et que c'est un ministre du gouvernement qui aurait signé la convention entre le Congo et la Namibie !
Puisque visiblement la partie congolaise n'avait pas obtenu les documents nécessaires, est-il possible de penser qu'un membre du gouvernement de la République en l'occurrence celui du commerce ignore totalement les procédures administratives réglementaires pour faire entrer un médicament au Congo ? Est-ce que cette ignorance, si ignorance il y a, s'arrêterait simplement au médicament ou bien que tout ce que nous importons rentre au Congo comme dans un moulin, sans aucun contrôle ? Ou encore simplement on connait les procédures, mais on les laisse de côté, ce qui expliquerait en partie le prix exorbitant injustifié et injustifiable d'un sac de ciment à plus de 12 000 FCFA à Brazzaville et à 5 100 FCFA à Pointe-Noire ! Alors que le prix de vente économiquement valable serait en dessous de 4 000 FCFA. Et cela ne préoccupe personne au ministère du commerce et de la consommation.
Somme toute, je pense que la justification de l'absence de certificat de circulation d'Imunoxx pour expliquer son retrait du Congo est une habilité et un habillage politiques. Cette affaire montre des manquements graves dans le fonctionnement de l'administration congolaise. Tous les médicaments au Congo ne semblent pas passer par cette autorisation, sinon comment expliquer les nombreux médicaments qui sont vendus en dehors de toute pharmacie, parfois à même le sol et sous la chaleur? Et ceux qui sont chargés de contrôler ne bougent que quand il y a une alerte par rapport à la santé publique. L'autorité de tutelle n'avance qu'au grès des intérêts particuliers. Attitude expliquée par l'atmosphère de business ambiant dans lequel baignent toutes les sphères de la société. Mais la démocratie c'est le respect des textes de loi, de règlements et des procédures administratives au service de l'intérêt général. Là se situe la voie de la construction nationale.
Le président de la République Denis Sassou Nguesso a récemment demandé au Congolais de travailler plutôt que d'attendre ou de spéculer sur un éventuel changement de gouvernement. Soit. Les Congolais ne devaient pas lui faire la pression là-dessus. Bien. J'espère au moins qu'il se rend compte qu'avec l'exemple de l'affaire d'Imunoxx, les dysfonctionnements administratifs et politiques impliquant certains membres de son gouvernement peuvent conduire à des catastrophes humaines si des compatriotes qui aiment leur pays ne sont pas vigilants. Et ce n'est pas parce que nous aurions changé près de 1000 gouvernements depuis l'indépendance qu'il n'y aura jamais au Congo une équipe gouvernementale qui impulsera l'amélioration de la vie de la nation congolaise. Dans un pays, c'est l'exécutif qui donne le cap, trace la voie et montre l'exemple. Il est vain de demander au Congolais de travailler s'ils ne perçoivent pas, par eux-mêmes, d'exemples positifs venus d'en haut. Pour prévenir et anticiper les problèmes, à la lumière de cette malheureuse affaire d'Imunoxx, il nous faut revoir, en certains points, notre législation en ce qui concerne l'exercice de la pharmacie et de laboratoire d'analyses médicales dans notre pays.
Le 29 octobre 2007
Arsène Bikoué
(Arsène Bikoué est le 1er Vice-Président du RFD,
Chercheur Immuno-Cytométriste et VIH/SIDA)
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