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    « Nous sommes là pour embêter le monde. Nous mettons du sel dans les blessures et des cailloux dans les chaussures. Nous cherchons le mauvais côté des choses car du bon côté, les attachés de presse s'en chargent. » Horacio Verbitzky, journaliste argentin.

     

    Deux brouettes - don du président de la République - pour remblayer un ravin


    Samedi/Dimanche 14-15 janvier



    Deux de nos lecteurs nous écrivent : M. Jean Martin Obélé de Mpila nous informe sur quelques initiatives prises suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur Brazzaville et sur l"assainissement de la ville. Quant à M. Carmildins, il explique que les blessures de la guerre de 1997 demeurent profondes à Dolisie, ville qui accueillera les festivités de l'anniversaire de l'indépendance cete année.


    Par Jean Martin Obélé

    J'ai aujourd'hui la conviction que Mwinda est très lu par les Congolais qui ont la chance d'accéder à Internet. La publication de notre correspondance sur la catastrophe nationale (nous vous en remercions) a permis à DRTV [une radio télévision privée appartenant au général Dabira, un proche du régime, ndlr] d'aller interviewer le maire de Bacongo sur le ravin de l'avenue de l'OUA. Monsieur le maire a plutôt accusé les vendeurs au lieu de prendre ses responsabilités.

    Par ailleurs, le même jour la même chaîne a diffusé un reportage pour montrer la ville de Brazzaville presque totalement envahie par les mauvaises herbes. Et comme je l'ai dit : eux ils ne voient rien, n'entendent rien, ne font rien et ne feront rien.

    A Mama Mboualé, les populations ont reçu deux brouettes pour remblayer un grand ravin. Elles se demandent si le donateur veut réellement les aider ou on se moque d'elles. Elles ne comprennent pas ce geste. Ceux qui suivent DRTV ont certainement vu comment les populations se plaignent publiquement pour décrier la non-assistance des populations en danger. Deux pelles seront certainement envoyées aux vendeurs du marché Total pour remblayer le ravin de l'avenue de l'OUA. L'Etat existe-t-il encore au Congo ?

    Le Président a raison de dire que le gouvernement communique mal. Invité à Radio Congo par Madila Pandi Niangi le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, M. Ngakosso a déclaré que le tourisme ne marche pas au Congo pour plusieurs raisons. La première ce sont les infrastructures : l'aéroport, le mauvais état des routes et le Beach. Beaucoup de touristes seraient choqués de voir tout le désordre régnant à l'aéroport de Maya Maya où n'importe qui entre dans la salle des bagages, avec des habits sales. Il ne comprend pas comment ce qui devrait être la vitrine du pays est toujours abandonné. Le journaliste était fort étonné d'entendre ces propos de la bouche d'un ministre. S'il en était ainsi, si ses autres collègues ministres agissaient comme bon leur semblait pourquoi diable n'en discutaient-ils pas ensemble au Conseil de ministres ? s'est interrogé le journaliste. Voilà un exemple de mauvaise communication.

    Et Monsieur Bouya, le patron des grands travaux qui est passé à la télévision nationale dit que son plus grand rêve pour 2006 est de voir la route Pointe-Noire-Brazzaville-Ouesso construite. En 2006 ? Si celle de Kinkala (moins de 80 Km) prend 24 mois, comment voulez-vous que celle de Pointe-Noire soit construite en 2006 alors que même les études de faisabilité n'ont pas commencé ?

    Tous communiquent mal. Ils voyagent mais ne voient rien à imiter. Le bois a beau rester longtemps dans l'eau, il ne devient jamais un mboto.

    Jean Martin Obélé

    *********

    Dolisie : Sassou ne mérite pas nos applaudissements


    Par Carmildins

    Après Pointe-noire en 2004, Impfondo en 2005, Dolisie, troisième ville située au sud de la République du Congo s'apprête à abriter les festivités marquant le 46e anniversaire de l'indépendance du Congo.

    L'organisation d'une telle cérémonie comporte en soi quelques aspects positifs en ce sens qu'elle permet à la ville hôte de bénéficier de quelques infrastructures de base, nonobstant le fait que cela permet au pouvoir en place de justifier des sorties anarchiques d'argent du Trésor public.

    Cependant ce qui dérange le plus et qui pourrait constituer une franche raison de frustration et de démobilisation civile c'est la personne même de Sassou : la mémoire collective dolisienne se souvient encore comme si c'était hier des exactions des troupes angolaises à Dolisie.

    Les troupes angolaises venues en 1997 pour asseoir le pouvoir putschiste de Sassou dans une ville acquise à l'ancien président Lissouba, ont violé quotidiennement nos soeurs et nos mères, parfois devant toute la famille. Piller, fouiller nos maisons sous prétexte de ramasser les armes devenaient aussi courants qu'une salutation. Sans compter les assassinats qui réduisaient en ce temps-là notre espérance de vie.

    Je me souviens encore de mon seul et unique oncle, paix à son âme, parce qu’il avait refusé de céder sa ceinture fut abattu en plein jour par un militaire angolais.

    Avec les troupes angolaises, nous avons connu la mort, la peur et l'humiliation dans notre propre pays. Depuis lors, pas de changement et ce même sentiment de peur m'habite aujourd'hui au regard de l’absence de démocratie et de la présence des politiques inconscients.

    Que Sassou organise le 46e anniversaire de l'indépendance du Congo à Dolisie, il ne mérite pas pour autant nos applaudissements, bien au contraire.

    Carmildins

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    Le Gri Gri

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