Le journal de l'Association des Démocrates Congolais en France
Accueil| Contact| Forum
Journal de l'A.DE.CO.F

Le projet

  • Alternance
  • Infos du pays

  • Dépêches IZF
  • Dépêches IRIN
  • Partenariat

     
     

    « Nous sommes là pour embêter le monde. Nous mettons du sel dans les blessures et des cailloux dans les chaussures. Nous cherchons le mauvais côté des choses car du bon côté, les attachés de presse s'en chargent. » Horacio Verbitzky, journaliste argentin.

     


    Carte Postale de Cannes aux Congolaises, Congolais


    Lundi 10 septembre 2007


    Mes Chers Amis,

    Je viens de quitter Cannes après quelques jours de vacances. Après Marbella où j'ai pu m'amuser sans bobonne, je me suis retrouvé sur la Côte d'Azur pour assister au mariage de la fille du Vice-président, le grand entrepreneur de travaux publics et des routes que ne verront jamais les Congolais. Nous nous sommes retrouvés en bonne compagnie, beaucoup de blancs, beaucoup d'entrepreneurs qui ne jurent que par ma grandeur, par mes mérites et qui prient le ciel que mon règne dure jusqu'à la fin des temps ! Que des gens que j'ai enrichis sur votre misère. Noire cela va sans dire car je suis d'excellente humeur lorsque je suis loin de vous et de la puanteur de vos quartiers. La vie est très belle en Espagne et trop belle sur la Riviera !

    Rassurez-vous, tout y est beau et propre. Les hommes et les femmes sont bien habillés, bien portants et tout le monde se plie en quatre pour me rendre les honneurs et me faire plaisir. Ma réputation de prédateur de fonds publics, avant même la décision du Procureur de Paris, me précède et tout le monde guette ma venue pour avoir droit à une petite partie de mes larcins. Les routes sont lisses comme les mains de ces dizaines de milliers de chômeurs congolais qui, " par paresse ", n'ont jamais travaillé et là, je peux vraiment profiter des berlines qui me transportent. Pas le moindre petit nid de poule ! Ma grosse Mercedes roule comme sur un billard.

    Dans le Palace dans lequel j'ai logé à Cannes, le très célèbre Carlton, le loufiat qui m'a installé dans ma suite m'a glissé à l'oreille qu'elle avait été occupée lors du dernier Festival de Cannes par ... . Non, à quoi bon vous dire que j'ai dormi dans le lit de telle ou telle femme, grande star internationale ? Vous allez encore en être jaloux et ce n'est pas bon. Déjà que vous êtes mal nourris et mal logés, pourquoi chercherai-je à vous faire du mal ? La vue sur la Baie de Cannes est féérique avec des yachts et des voiliers en très grand nombre, les uns plus grands que les autres. Les plages sont encore pleines de vacanciers dont beaucoup de femmes jeunes et jolies comme je les aime.

    J'aimerais que ces vacances durent toujours, mon avion personnel prêt à m'emmener où bon me semble, loin de ce maudit pays de Marien, loin de ces slogans attrape-couillons : " Tout pour le Peuple, rien que pour le Peuple ! " Ah, ah ! Ou encore : " Vivre durement aujourd'hui pour mieux vivre demain ! " Ah, ah ! Trop drôle ! Ou encore : " La nouvelle espérance ! " Ah, ah, ah ! J'ai mal au ventre tellement je ris ! Trente années que je vous embrouille et que je vous roule dans la farine ! Que c'est bon les vacances ! Ne rien faire du tout et profiter avec les miens de ma fortune si durement acquise !

    J'ai beaucoup apprécié ce séjour, mais à vrai dire je suis un peu inquiet, l'air en France n'est plus le même que celui que je respirais du temps de mon grand ami " Jacques ". Je viens d'apprendre qu'un de mes ex-camarades profiteurs de biens publics, l'ex-président-général Noriega, qui après avoir purgé une peine de 17 ans de prison va être extradé vers le pays de Sarko. Il risque dix années d'emprisonnement pour blanchiment d'argent. Dix ans pour avoir blanchi de l'argent ! Ils sont devenus fous ces français depuis que mon ami "Jacques " les a quittés. Détourner des fonds publics puis les placer en France comme le font tous les Émirs du Moyen-Orient ça ira chercher combien ? Cinq années, dix années ? Nous partons tout de suite pour le Maroc où j'ai construit un palais supplémentaire et ce n'est pas sûr du tout que je revienne en France tant que je ne serai pas rassuré sur le sort que l'on va réserver à mon frère Noriega, " face d'ananas " comme le surnomment les américains. Après, je rentre au pays car il paraît qu'un faux pasteur barbu, un ex-futur employé à moi portant un accoutrement bizarre, une espèce de soutane de couleur violette, a cru quelque chose que j'ai dû promettre entre la poire et le fromage : le bougre, il est sorti de la forêt plus tôt que prévu et vient de s'installer en ville. Il faut que je surveille ça de près, sait-on jamais ce qu'il peut lâcher en mon absence, ces types non civilisés n'ont pas de parole.

    Mon avion (enfin le vôtre puisque c'est le Trésor Public, mon Trésor personnel, qui l'a payé) va bientôt décoller et j'ai demandé à une jeune et jolie personne affectée par l'aéroport de Nice au traitement des V.I.P. de me poster cette carte postale à l'adresse de Mwinda. Je lui remets quatre billets de cinq cents euros et je lui demande, avec un sourire, si ce sera suffisant pour le timbre ? Enfin une personne qui pensera du bien de moi !

    (Signature illisible !)

    Je vous envoie cette photo en souvenir du slpendide palace où je compte bien revenir

    Réagir/Lire les réactions  Début de l'article↑

    Sur le même sujet
















    Réagir ou lire les réactions à cet article 


    Copyright © Mwinda Janvier 2005   Tous droits réservés.
    Conception et Réalisation de Marcel Bikouta