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Déclaration de l’Opposition congolaise suite au procès des
Disparus du Beach de Brazzaville
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Samedi/Dimanche 27-28 août
En Mai 1999 nos compatriotes, rentrant de la République Démocratique du Congo, avaient fait l’objet d’enlèvements, de séquestrations et de disparitions au Beach de Brazzaville. Ce retour au pays, faisant suite à l’appel du Chef de l’Etat qui déclarait que la guerre était définitivement terminée.
Le 21 Juillet 2005, s’ouvrait à Brazzaville, le procès des Disparus du Beach ; un procès largement médiatisé. Les Congolais savent que le fait d’être médiatisé et radiodiffusé ne garantit nullement la transparence d’un procès. L’expérience des procès sur la mort du Président Marien Ngouabi et les bombes du Cinéma Lux l’avaient amplement démontré.
Cependant, la population congolaise en général et Brazzavilloise en particulier qui n’a pas la mémoire courte, a su tirer les leçons de ce procès historique.
Pendant six longues années, le Président de la République, Mr SASSOU NGUESSO et son Gouvernement, nieront les faits et parleront cyniquement de « prétendus Disparus du Beach ». Toujours avec le même cynisme, ils accuseront l’Opposition Congolaise d’avoir inventé une affaire des Disparus du Beach. Ainsi, l’Opposition sera accusée d’avoir trouvé là, un fonds de commerce à exploiter. Mieux encore, devant les pressions des ONG Humanitaires (FIDH, OCDH), de l’Opposition Congolaise et du Comité des Parents des Disparus, le Président de la République, auteur de l’appel qui aboutit aux assassinats de Mai 99, ne cessait d’inviter la presse internationale à venir à Brazzaville couvrir le procès au cours duquel les autorités Congolaises démontreraient qu’il n’y a jamais eu de Disparus du Beach.
Le procès des Disparus du Beach qui a eu lieu du 21 Juillet au 10 Août 2005, s’est tenu suite à une demande expresse du Gouvernement Congolais. Les faits ont démontré, tout au long de ce procès, que le Gouvernement était plutôt préoccupé par la recherche du principe de «l’autorité de la chose jugée » que de la recherche de la vérité ; cela, en raison de sa grande crainte de voir le dossier des Disparus du Beach rebondir en France où la procédure engagée a été momentanément suspendue.
Ce procès inique a été marqué par les dérives ci-après :
- La nomination par le Président de la République des Magistrats constituant la Cour, en violation de la Constitution ;
- Une instruction bâclée ;
- Le refus d’appliquer le principe de la prise de corps aux accusés arrivant au palais de justice en véhicules de service, entourés de leurs gardes du corps armés;
- Le refus de la Cour de se transporter sur les lieux où les crimes auraient été commis;
- La prise en charge par l’Etat, à coup de centaines de millions, des avocats de la défense;
- La diffusion des tracts et de rumeurs par le pouvoir le jour du verdict, créant ainsi à nouveau, une psychose de guerre civile à Brazzaville ;
- L’acquittement scandaleux des accusés donnant la nette impression que les Disparus du Beach avaient commis un suicide collectif.
En rendant son verdict, la Cour criminelle de Brazzaville a mis fin, malgré tout, au caractère fictif de cette affaire hautement sensible. Le dossier des Disparus du Beach, hier vide, se remplit au fur et à mesure puisque l’on peut, enfin, comptabiliser des disparus avérés dont le nombre exact est désormais la préoccupation permanente des Congolais.
Cependant, ce verdict ne répond pas aux questions suivantes que se posent les Congolais :
1. Où sont les corps des martyrs disparus ?
2. Que sont devenus les autres disparus ?
3. Combien sont-ils ?
4. Qui les a tués ou fait disparaître ?
Le Chef de l’Etat, auteur de l’appel au retour des réfugiés Congolais en RDC a l’obligation morale de répondre à ces interrogations légitimes. Faute de quoi la réconciliation nationale qui aurait dû déboucher de ce procès, serait compromise à jamais.
L’image d’un pays coupé en deux, avec d’un côté, ceux qui pleurent leurs morts et disparus et dont le deuil est impossible faute d’avoir retrouvé les corps, et de l’autre, ceux qui se réjouissent du verdict qui les libère mais enchaîne la conscience nationale.
La vérité, comme la lumière, ne peut être cachée sous le buisson ; elle finit par triompher un jour.
En ayant reconnu l’Etat, entité morale, responsable dans les Disparus du Beach et en ayant acquitté les quinze accusés, la Cour Criminelle a rendu implicitement responsable le Chef de l’Etat, incarnation physique de l’Etat, de ne pas avoir su protéger la personne humaine qui est sacrée et qui a droit à la vie. Monsieur Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République et Chef de l’Etat qui avait assuré ses concitoyens réfugiés en RDC du retour définitif de la paix au Congo, est pleinement responsable des crimes et autres assassinats commis sur lesdits réfugiés.
Par conséquent, l’Opposition Congolaise demande la démission du Président de la République, Chef de l’Etat, pour manquements graves aux charges de sa fonction.
Fait à Brazzaville, le 22 Août 2005.
Pour la CODESA
Saturnin Okabé
Pour le CODE A
Jacques Mahouka
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Et de l'opposition en exil
Du côté de l’opposition en exil la réaction au procès du Beach est venue de Nguila Moungounga Nkombo qui, répondant aux questions de Sébastien Patrick Dzéba, a déclaré notamment : « Ce procès ordonné par le pouvoir de Brazzaville, pour faire entrave à la vraie justice, n’est qu’une grossière mascarade. Il ne peut rien en résulter d’objectif puisque la justice est aux ordres. Les jurés sont impuissants devant les accusés qui viennent faire étalage de leur force.
A t-on déjà vu dans un pays normal, des citoyens accusés pour des chefs aussi graves, venir au tribunal librement de chez eux, lourdement accompagnés et repartir chaque jour tranquillement à la maison, en jouant les mécaniques, comme pour dire aux jurés, qu’ils sont assis à la table d’honneur, avec la bénédiction de ceux qui leur font la faveur de répondre à des questions ennuyeuses ? (…) Ce pouvoir pense, par ce semblant de procès, absolument faire obstruction à la justice seule qui, malheureusement n’a plus cours dans notre pays.
Si le pouvoir avait un peu de considération pour la vie humaine, il n’allait pas attendre plus de 4 ans pour se mouvoir. Il aurait ouvert le dossier des disparus du beach dès la commission de ce crime odieux et inculper les coupables dès Avril 1999. Il a attendu sans sourciller, que le collectif des familles des victimes créé à Paris dès les massacres à grande échelle de Bacongo de décembre 1998, saisisse les tribunaux européens, pour réagir bien tardivement, en réalité par peur, pour tenter de couvrir ses protégés. Et, c’est après avoir, à partir de l’année 2000, refusé la venue à Brazzaville de la commission rogatoire du juge chargé de l’infraction de ce dossier au tribunal de Paris qu’il a réagi. Sa démarche brouillonne et tardive ne peut malheureusement pas empêcher la manifestation de la vérité parce que les tribunaux et les associations des droits humains en France et en Europe détiennent dans le moindre détail un volumineux dossier sur ces assassinats et bien d’autres peu connus du grand public ; parce que l’antériorité de l’ouverture du dossier par eux, prime sur la démarche scabreuse du pouvoir de Brazzaville. Comme les crimes de sang, les crimes contre les droits humains sont imprescriptibles, les moyens modernes d’investigation, de communication et de conservation d’informations aidant, rien, ni personne ne peut empêcher la manifestation de la vérité.
Du côté de l’UPADS qui n’en finit pas de s’entredéchirer entre deux tendances dont la ligne de démarcation semble être le repoussoir Sassou que les uns et les autres « se jettent à la figure », Mwinda a reçu un communiqué attribué à Christophe Moukouéké dans lequel on peut lire : « Ce procès kafkaën a encore, une fois de plus, donné l’occasion aux congolais ainsi qu’à l’opinion internationale de se rendre compte de la barbarie et du cynisme avec lesquels les autorités de Brazzaville ont traité la mémoire de trois cent cinquante disparus du Beach de Brazzaville.
Pour l’UPADS, le sang des innocents est indélébile. A ce titre, tout procès organisé par un pouvoir juge et partie, lequel, au demeurant, a fait montre depuis plus de trente ans d’une boulimie de crimes est nul et de nul effet.
En revanche, le jugement de l’histoire, le seul qui nous engage, parce qu’il est au dessus de la vanité des tyrans, demeure la seule promesse crédible pour les générations à venir ".
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