« Nous sommes là pour embêter le monde. Nous mettons du sel dans les blessures et des cailloux dans les chaussures. Nous cherchons le mauvais côté des choses car du bon côté, les attachés de presse s'en chargent. » Horacio Verbitzky, journaliste argentin.
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Le scandale des évacués sanitaires
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Mercredi 21 mars 2007
Nous savons nos hôpitaux crasseux, infects, hideux, dégoûtants, sous équipés. Simple volonté politique ou pure négligence ? Allez comprendre ! On croyait les Congolais logés à la même enseigne. Détrompez-vous. Les vies ne se valent pas. En matière de droit aux soins, mieux vaut être un nanti de la nomenklatura qu’un pauvre bougre de la basse ou moyenne classe. A défaut d’être publié au journal officiel, le droit à la vie ne serait sacré que pour la minorité au pouvoir et les privilégiés du système. Avez-vous déjà entendu une seule fois un des leurs se faire charcuter dans nos anti-chambres de la mort ? Jamais. Pas plus que vous ne les avez croisés dans les allées de nos cliniques. Ils ne sont peut-être jamais malades, me direz-vous. Pensez-vous donc ! Ce sont des êtres vulnérables comme vous et moi. Mais où vont-ils se faire soigner ? Voilà la question.
En Europe bien évidemment. Aux frais de la république. D’ailleurs, ils ne s’en cachent pas. Ils ne manquent pas de scrupules. Pendant que nous, citoyens de seconde zone, crevons de pathologies des plus banales dans nos piètres hôpitaux, il ne passe pas un jour sans que nous n'apprenions qu’un membre du gouvernement, un notable de l’assemblée, un député, un préfet, un directeur, tous, des sous-fifres du PCT et partis siamois, leurs obligés, parents et amis, ont pris illico l’avion pour des soins en France. Et c’est ainsi depuis des années. Qui s’en plaindra ?
Je me souviens, étudiant en France. Des apparatchiks du parti-Etat d’alors venaient déjà très nombreux se faire ausculter. Une vingtaine d’années après, ces pratiques ont toujours libre cours. Rien n’a changé. Tenez. En vrac. Il y a un mois, la fille d’un ministre est partie en France pour des soins. Pas plus tard qu’il y a une semaine, il m’a été présenté un de ceux qui battent le pavé à la présidence, à Paris, pour les mêmes raisons. Je ne cite pas de nombreux cas d’épouses et maîtresses de dignitaires qui partent accoucher en Europe. A Talangaï où vivent mes parents, le directeur de cabinet d’un éminent ministre est, lui aussi, aux petits soins en France. A Brazzaville, j’ai croisé voici trois semaines, le fils d’un dignitaire, rentré de France après une hospitalisation de dix jours. Je vous fais fi des cas les plus récents de nos illustres « présidents » de la République et de l’assemblée. A la Salpetrière où j’ai rendu visite à un ami, son voisin de chambre, une grosse pointure du Trésor public est au chaud. Au détour d’une conversation, il m’a confié poursuivre sa convalescence dans une maison de repos, tous frais payés.
Nouvel hôpital à Pointe-Noire. Est-il équipé ?
Des simples d'esprit trouveront qu'il serait plus judicieux de doter le pays d’hôpitaux modernes. Nos « dirigeants » y ont certainement pensé comme tout le monde. Mais comme ils n'en ont pas personnellement besoin, ils n'en voient donc pas l'intérêt. Pour que cela puisse profiter aux populations ? Ça ne va pas non ? Et pourquoi pas leur demander de construire routes et écoles et d’arrêter de planquer des milliards à l’étranger pendant qu’on y est. Il est très agréable de se faire soigner en Europe. Ce privilège est pour eux. Tant pis pour tous ceux qui n'ont pas cette chance. Ces évacuations ont un coût (1) ? Et alors ? Pourquoi être et se cramponner au pouvoir si ce n'est pas pour en profiter ? Le flux des vrais et faux malades ne tarit pas ? Ce n’est pas un problème. Des milliards engloutis depuis des décennies suffiraient à eux seuls à doter notre pays de centres de soins modernes ? C'est un point de détail sans importance. Avec les prévisions des gisements de pétrole à exploiter, pas de soucis à se faire, l'argent coule à flots.
La construction d’un hôpital et son équipement coûtent cher, c’est vrai. Mais c’est un investissement indispensable pour le bien être de tout le monde. Les besoins à satisfaire sont immenses, j’en conviens. Mais à quoi servent ces milliards brûlés dans des hospices européens depuis des décennies ? A sauver des vies. Certes. Si nous étions un Etat organisé, rigoureux, bien administré, nous aurions pu en faire une meilleure utilisation et nous doter des centres de soins tout aussi performants pour faire profiter tout le monde. Ce n'est pourtant pas l'argent qui manque. Moins encore des compétences. Imaginez-vous un seul instant, tous ces médecins congolais brillants qui font le bonheur de grands hôpitaux d’Europe et d’ailleurs. Ils ne demandent pourtant qu à servir leur pays. Quel gâchis !
Je me suis esclaffé. Je n’ai pu me retenir, devant l’inconscience de nos « dirigeants », leur manque de vision, la vacuité de leurs discours, leur incapacité à tracer des perspectives viables. Quelle indignation ! Toute cette flopée de conseillers, pour rien ? C’est affligeant.
(1) le prix du billet + le coût journalier (environ 1000 € en moyenne) multiplié par le nombre de jours d’hospitalisation
La plume libre !
Diaz Mahindou
Diaz.mahindou@hotmail.com
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M et N
Manger moins gras, mettre moins de sel, moins de piment, boire moins d’alcool, moins de café, moins fumer, moins de soucis.
Ces moins pour l’unique plus : vivre plus longtemps. Peu importent les difficultés à surmonter, la vie vaut la peine d’être vécue.
Lit d'accouchement dans une maternité au Congo
J’ai 43 ans : l’age critique. L’usure vitale du temps nous faire perdre nos parents aînés et aimés. L’espérance de vie réduite nous enlève trop tôt nos copines, nos copains, nos sœurs, nos frères, nos enfants.
J’ai la haine : contre ce ministre qui finance son parti politique sur les fonds du budget de la santé, contre ce ministre qui vend pour ses propres besoins financiers des médicaments si nécessaires, contre ce ministre dépassé par des escrocs en col blanc.
Ces milliards de FCFA mal gérés, détournés devaient redonner l’espoir de Vie.
La femme, nouvelle ministre, réussira-t-elle là où ses homologues masculins ont lamentablement échoué ?
Lectrice, lecteur, je ne sais terminer sur ce noir pessimisme.
Aime notre pays !
Disons leur qu’ils arrêtent de nous prendre pour des cons qui ignorent leurs malversations !
Bruno Ossébi.
Maternité à Nkayi
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