Le Gri-Gri
no.28 - 10 février 2005

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Le Congo-Brazzaville, c’est aussi ça

Les disparus du Beach enterrés une deuxième fois

"MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
Nous n’avons pas besoin de vous faire le chapelet des crimes du pouvoir dont les Congolais sont victimes. Vos services spéciaux ont suivi avec professionnalisme toutes les tragédies et vous ont fait rapport de chacun d’entre elles. Deux de vos ambassadeurs, leurs Excellences Césaire et Hervé Bollo, témoins oculaires des guerres et pogromes organisés par monsieur Sassou vous ont très certainement tenu informé
."
Ainsi débute la longue missive qui vient d’être envoyée à Chirac par le collectif des familles des "disparus du Beach de Brazzaville". Le 18 décembre 1998, quelques dizaines d’individus armés font irruption dans la banlieue sud de Brazzaville, territoire des Bacongos, l’ethnie du maire de la capitale congolaise et adversaire du président Sassou N’guesso, Bernard Kolélas. Les troupes du gouvernement massacrent des centaines de jeunes. Une partie d’entre eux se réfugie, sous la protection de la Croix-Rouge, au Congo-Kinshasa.
Six mois plus tard, ils sont quelques centaines à revenir, après un accord avec le Haut commissariat aux réfugiés et Sassou, au port de Brazza, appelé communément le Beach. Mal leur en a pris, ils sont à leur tour massacrés.
Une plainte pour crime contre l’humanité est déposée peu après à Meaux, en France, où quelques dignitaires congolais - dont le redoutable directeur général de la police, le colonel Jean-François Ndengué - possèdent de luxueuses villas. Le 2 avril dernier, M. Ndengué est mis aux arrêts à la prison de la Santé par le juge d’instruction de Meaux.

Et là, on assiste à un épisode surréaliste. Dans la nuit du 2 au 3 avril, des magistrats réveillés en pleine nuit sur ordre de l’Elysée vont ordonner la libération du colonel, ramené immédiatement à Brazzaville. Le 23 novembre, toute la procédure est annulée. Des recours en cassation ont été déposés… Et le chef de la police congolaise peut respirer !

Un Etat voyou…
MALGRÉ SES IMMENSES RESSOURCES PÉTROLIÈRES, le Congo est insolvable. Du moins, Brazzaville organise sciemment son insolvabilité, avec l’aide de grands cabinets d’audit parisiens. Constituée aux Iles Caïmans, la société Kensington International Ltd. tente, depuis 1984, de récupérer des millions de dollars de créance rachetés à la BNP qu’elle possède sur le Congo.
A l’époque, les sommes dues s’élevaient à 11 999 999 dollars. Comme le Congo a constamment fait défaut dans le remboursement des intérêts et du capital, la dette a progressé à 56 047 043 dollars, dix-huit ans plus tard. Le 14 octobre 2002, Kensington International Ltd. a intenté une action en justice à Londres contre les amis de Sassou. Le 20 décembre 2002, les tribunaux anglais lui ont donné raison. Le 21 avril 2003, le jugement a été signifié au Congo. Depuis, il ne s’est strictement rien passé… Et la BNP a continué, pourtant, d’accorder d’autres prêts à cet Etat voyou. A Libreville, comme "Le Gri-gri" l’avait écrit, ou à Brazzaville, le système bancaire français a largué toutes les amarres…

ME

 

ELF

L’ami Sigolet, ce cher Jack pote !
SI "LE GRI-GRI" N’ÉTAIT PAS CERTAIN DE SE VOIR CLAQUER LA PORTE AU NEZ, il aurait demandé aux émirs du Golfe de Guinée (Congo, Gabon, Angola, Cameroun…) combien le pétrole leur a rapporté depuis qu’ils sont au pouvoir… Mais bon. On a préféré sortir notre calculette et, surtout, un document explosif : la liste exhaustive de toutes les sociétés secrètes, mises en place par Elf dans des paradis fiscaux entre début 1992 et septembre 1995 pour assurer des " préfinancements " pétroliers, c’est-à-dire les avances financières versées par le robinet d’Elf au Congo en échange de sa production future de pétrole.

Le juge Van Ruymbeke, qui a bouclé l’instruction du premier scandale pétrolier français, définissait ainsi les préfinancements dans son rapport final : "L’Etat producteur, souvent exsangue, hypothèque son capital et ses ressources à venir". Aux yeux des Sassou, Bongo, Dos Santos et autres Lissouba, c’est surtout un fabuleux système pour se garnir la tirelire. Car, comme l’écrivait aussi Van Ruymbeke, "les opérations de préfinancement permettaient de dégager des fonds bénéficiant directement aux décideurs africains" : environ 3 à 5% des milliards donnés par le groupe français de Le Floch et Jaffré a été pompé par les hiérarques au pouvoir. Au Congo, 6 sociétés off shore avaient été créées dans les British Virgin Islands. 24 virements ont donc fait le détour par ces petites îles lointaines et ensoleillées. En tout, sur 3 ans, environ 4,6 milliards de francs (400 milliards 600 millions de francs CFA). Pour messieurs Sassou, Lissouba (au pouvoir de novembre 1992 à octobre 1997) et leurs amis : entre 138 et 230 millions de francs. Rien que ça.

L’homme qui valait 12 milliards
C’est au "génial" inventeur de ces préfinancements, Jack Sigolet, un homme de l’ombre qui est passé entre les mailles du filet de l’affaire Elf, que ces messieurs peuvent dire merci. C’est lui qui signe le document que publie "Le Gri-gri", qu’il a adressé à un avocat suisse le 28 septembre 1995, en précisant à propos de la pelletée de sociétés off shore qu’il a contribué à créer : "J’espère ne pas en avoir oublié"... Faisons le compte : six offshore pour le Congo-Brazzaville (4,6 milliards de francs), sept pour l’Angola (2,7 milliards), cinq pour le Gabon (1,8 milliard), cinq pour le Cameroun (3 milliards). En tout, 12,1 milliards de francs (plus de 1200 milliards de francs CFA !). On en oublierait presque qu’il s’agissait d’hypothéquer, pendant des années, l’or noir de ces pays, tellement les sociétés sont affublées de petits noms chantants : Dolamice, Cloe, Cedrima, Rupio, Plakan, Katelyn, Pilowa et d’autres… Quel talent, ce Jack !

Installé à Genève, propriétaire de vignes en Bourgogne, Jack Sigolet est en effet le grand expert de ces montages secrets. Il ne s’est pas fait prier pour le raconter au juge de l’affaire Elf. Longtemps fidèle de Tonton Tarallo, le monsieur Afrique du pétrolier français, il a exercé ses talents sous le Congo de Sassou, puis de Lissouba ; et aussi au Gabon, au Cameroun, et aujourd’hui en Angola où il aimerait bien, suivi de son avocat préféré qui marche sur ses traces, continuer à démontrer son habileté…

LL

 

Savorgnan de Brazza, cet humaniste

AVEC LE RAPATRIEMENT PRÉVU DE SES RESTES SUR LA RIVE DROITE DU FLEUVE CONGO, celle-là même sur laquelle il fonda en 1880 le poste de Brazzaville avec l’aide vigilante de son immense cuistot sénégalais Malamine, bombardé sergent, tout semble indiquer que le Congo n’a pas fini d’empoisonner, c’est le cas de le rappeler, la mémoire de ce pauvre Pierre Savorgnan de Brazza, immigrant romain, engagé dans la marine française, à qui la France doit encore sa néocolonie de l’actuel Congo-Brazzaville.
Pauvre Brazza. S’il pouvait ressusciter, il n’est pas sûr qu’il apprécie que ce soit le trio décrié des intégristes de la françafrique composé pour la circonstance de Chirac, Bongo et Sassou qui se charge de planifier le retour de sa carcasse sur cette vieille terre du Congo. Pour elle, il offrit jusqu’au sacrifice, sa misérable vie. Et de son temps, la Françafrique avait déjà le visage hideux d’Emile Gentil, potentat colonial français, raciste violent, qui, sous prétexte de mise en valeur du Congo livra durablement le pays en quasi-esclavage aux boutiquiers et autres forbans des compagnies concessionnaires.
Humaniste, de Brazza n’aurait certainement pas admis que l’honneur échut à un dictateur élu par défaut, putschiste et sanguinaire, fût-il président du Congo, de prononcer un quelconque éloge à sa mémoire. Il aurait préféré partager quelques chenilles grillées avec les descendants honnêtes et pacifiques de Franceville, des Plateaux batékés, du bassin de l’Alima et surtout du grand village de M’bé, chez le makoko (roi des Batékés) qui lui offrit en même temps que l’hospitalité, la chance d’accomplir pour la France, sa mission fondatrice.
Franc-maçon, il ne serrerait sans doute pas la main de ces nombreux faux frères, pour la plupart entrés en maçonnerie par goût du lucre et d’ascension sociale rapide et sans effort, sans conviction philosophique aucune, et surtout sans moralité. La transformation en Afrique d’obédiences maçonniques en officines dévouées au culte douteux de la personnalité de dictateurs corrompus, fraudeurs et prédateurs sans scrupules, voilà qui le fâcherait définitivement…

Tel le vice rendant hommage à la vertu, ironie de l’histoire, voici que se prépare déjà à Brazzaville, l’hommage obscène de la Françafrique à la grandeur d’âme de ce grand méconnu de Rome, naturalisé français et mort pour cette Afrique du bassin du Congo à laquelle il s’est offert debout. Humblement. Jusqu’aux os.
JO

Le Congo en bref
AVEC UNE SUPERFICIE DE 342 000 km2 le Congo Brazzaville est cerné par le Cameroun, le Gabon, la Centrafrique et la République démocratique du Congo. On confond d’ailleurs souvent le Congo et la RDC (ex-Zaïre), leurs capitales respectives, Brazzaville et Kinshasa, n’étant séparées que par le fleuve Congo. Ancienne colonie française, le Congo obtient son indépendance le 15 août 1960.

Economie
Un pauvre pays riche à millions. Chaque Congolais devrait être riche à millions. Ce pays d’Afrique Centrale, de trois millions d’habitants seulement, regorge de pétrole, de bois précieux, de diamants…

ET POURTANT, LES TROIS QUARTS DE LA POPULATION vivent en dessous du fameux seuil de pauvreté. Ce qui veut dire que 7 Congolais sur 10 survivent avec, chaque jour, moins d’un dollar en poche. On peut supposer que les 3 restant magouillent assez habilement pour s’assurer un bon train de vie.
Et le pétrole dans tout ça ? Il servirait plus à rembourser les dettes dues à la communauté internationale qu’à construire des écoles et des hôpitaux, si l’on en croit les aveux de l’ancien ministre des Finances, Rigobert Andély, limogé le 7 janvier dernier. Brazzaville, qui a amassé 136 milliards de francs CFA de surplus pétroliers pour l’année 2004, a consacré 60% de cette manne à rembourser les bailleurs de fonds, condition sine qua non pour décrocher un "contrat" avec le FMI. Un accord avec le Fonds monétaire a d’ailleurs été conclu début décembre. Non seulement l’institution s’engage à verser 44 milliards de francs CFA sur trois ans au gouvernement congolais, mais ce contrat ouvre aussi la porte aux prêts et dons des autres banques internationales.
La Banque africaine de développement va ainsi, dans la foulée, faire un don de 126 milliards de francs CFA, plus un prêt concessionnel (c’est-à-dire à un taux d’intérêt proche de zéro) de 5 milliards et demi de francs CFA.
Reste à décrocher la fameuse réduction de dette, devenue aujourd’hui la priorité des priorités. Pour ce faire, le Congo n’a plus peur d’afficher l’une des contradictions les plus extravagantes qui soit : le pays a extrait l'an dernier 90 millions de barils. Mais affiche encore 5000 milliards de francs CFA de dette extérieure.
Maoli AKOTEY

Environnement
Chirac, roi de la jungle

SOMMET DE DUPES QUE CELUI ORGANISÉ À BRAZZAVILLE le 5 février dernier. D’un côté, Jacques Chirac qui tente de reprendre la main en Afrique Centrale, inquiet du maillage opéré par les Américains dans la région. Les compatriotes de Bush sont, en effet, très actifs en Angola, au Tchad, en Guinée Equatoriale, à Sao Tomé… Résultat : la France est à présent réduite à courir derrière les Etats-Unis dans la jungle africaine.
Pour leur part, les chefs d’Etat d’Afrique Centrale sont allés à Brazzaville pour voir si les millions de dollars promis par les bailleurs de fonds occidentaux pour la "gestion durable" des forêts vierges de leur sous-région, étaient enfin au rendezvous… Il est vrai que les sommes annoncées donnent à réfléchir : 53 millions de dollars pour les Etats-Unis, 63 millions d’euros pour l’Allemagne, 50 millions d’euros pour la France, 45 millions de dollars pour le Canada, 42 millions d’euros pour l’Union européenne (UE), 15 millions d’euros pour le Royaume- Uni… Comment faire main basse demain sur une partie de cette manne ? Question bien terre à terre mais fonctionnant en arrière-pensée de dirigeants africains au sommet de Brazzaville. Le discours de Jacques Chirac n’aura assurément eu que peu d’effet sur des esprits présidentiels africains manifestement dissipés.
Malheureusement pour eux, les bailleurs de fonds et les ONG qui connaissent les capacités de prédation financière de ce petit monde africain de la forêt, veillent au grain. Ils multiplient les conditionnalités en exigeant, ici, le renforcement des législations anti-corruption et suggérant, là, une meilleure coordination des politiques forestières entre Etats membres. Dernier devoir exigé par les Occidentaux : l’élaboration d’un plan dit de convergence, sorte de feuille de piste pour la mise en œuvre finale du projet. But de l’opération : mettre au point des procédures délibérément complexes pour soustraire à la convoitise des dirigeants locaux les sommes envisagées pour "la conservation, la restauration, le développement et l’utilisation durable des ressources biologiques, dans le cadre d’une gestion concertée pour le développement économique, social et culturel des populations (de la brousse) et pour la sauvegarde de l’environnement mondial". On imagine que le grand Jacques s’est gardé d’expliquer tout ce charabia à ses amis. Lesquels traînent une sacrée réputation de grande corruption et de mauvaise gestion.
Qu’à cela ne tienne, le sommet de l’actuelle capitale dévastée du Congo a parfaitement tenu son rôle : celui de l’arbre qui cache la forêt…
Justine Okimi.

Très pour Trait
Congo B.

Sassou, black Milosevic !

BIEN QUE FORMÉ À "L’ÉCOLE SOVIÉTIQUE", DENIS SASSOU NGUESSO a toujours veillé à garder d’étroites relations avec la France, notamment avec Jacques Chirac, son "ami de longue date". Premier ministre du gouvernement de cohabitation entre 1986 et 1988, Chirac est déjà aux petits soins pour Sassou, arrivé au pouvoir en 1979. En 1987, Michel Pecqueur, alors P-DG du groupe Elf Aquitaine, est sommé par le Premier ministre français de combler le déficit du Trésor public congolais qui s’élevait à 30 milliards de francs CFA. Sans hésiter, Pecqueur s’exécute en avançant une somme de 15 milliards F CFA. En 1988, et sans en référer au président François Mitterrand, il décide de mettre à la disposition de son "ami", un avion Transall bourré d’"officiers de la DGSE pour la rébellion du capitaine Pierre Anga, dans le nord du Congo. Cerné avec l’une de ses filles, Anga est abattu… Cet épisode va provoquer à Paris un sérieux accroc à la cohabitation. Né en 1943 à Edou, Sassou est présent sur la scène politique congolaise depuis 1963, avec pour unique diplôme civil, un BEPC (brevet d’études du premier cycle). Instituteur formé à l’Ecole normale des instituteurs de Dolisie, il refuse de pratiquer le métier d’enseignant et intègre l’armée. En septembre 1960, muni d’une bourse militaire, il part en Algérie, l’Ecole des officiers de Cherchell, dont il ressort trois ans plus tard avec une formation d’officier parachutiste.

La gifle de Diawara
Il rentre au Congo juste au moment de la chute, en août 1963, du premier président du Congo, l’abbé Fulbert Youlou. Il se met sous la protection de ses "grand frères militaires", Marien Ngouabi et Jacques Joachim Yhombi Opango, natifs, comme lui de la Cuvette (Nord). Sassou entre véritablement en politique en 1968 lorsque le président Alphonse Massamba-Débat est renversé à la suite d’un putsch militaire mené par son "frère" Ngouabi. Devenu homme de confiance de ce dernier, Sassou, personnage ambitieux, réalise son premier pas vers le pouvoir en 1972 en radicalisant Ngouabi afin qu’il se débarrasse du lieutenant Ange Diawara, auteur d’un putsch, et très apprécié au sein de l a jeunesse... Arrêté à Kinshasa par la police de Mobutu, Diawara est tué à Brazzaville et son corps exposé au Stade de la Révolution de Brazzaville. Un spectacle insoutenable encouragé par Sassou et Yhombi. Pour la petite histoire, rappelons que Sassou en voulait à Diawara parce que celui-ci l’avait giflé en 1971, au motif que Sassou avait séduit et épousé la femme de son cousin Kader Diawara.

En 1975, Sassou est nommé directeur de la Sécurité d’Etat (police politique), puis, en mars 1976, ministre de la Défense. Appuyé par les services secrets des pays de l’Est, à l’époque très actifs au Congo, il utilise cette fonction pour avoir accès à tous les dossiers politiques et faire chanter ses adversaires. Lorsque le président Ngouabi est assassiné le 18 mars 1977, tous les regards se tournent naturellement vers le ministre de la Défense. "En qualité de ministre de la Défense j’ai assuré l’intérim du 18 mars au 2 avril…"

Le Milosevic équatorial
Selon l’historien Théophile Obenga (1), "Pendant ce laps de temps, du 18 mars au 2 avril 1977, l’histoire violente et sanglante du Congo se déroule avec une rapidité effroyable […] Exécutions par fusillades de tous les témoins oculaires immédiats : sentinelles, gardes du corps…" Au nombre des victimes, l’ancien président Alphonse Massamba-Débat, assassiné le 22 mars 1977 après un procès kafkaïen, et le capitaine saint-cyrien Kimbouala Kaya, d’ethnie Bembé, abattu devant sa femme et ses enfants. Le cardinal Emile Biayenda est, quant à lui, sauvagement décapité, alors que le capitaine Barthélemy Kikadidi est tué par balles... Une fois ce travail de nettoyage effectué, et après avoir mis en place les mécanismes pour récupérer le pouvoir, Sassou, cynique et manipulateur, fait installer le général Yhombi Opango, avant de l’évincer et de le jeter en prison en février 1979. Devenu le maître absolu du pays à partir de cette date, il va éliminer quelques adversaires potentiels, comme le colonel François Xavier Katali, originaire de la région frondeuse de la Likouala, mort empoisonné au milieu des années 1980… Ecarté par les urnes en 1992, il revient au pouvoir cinq ans plus tard par les armes, à l’issue d’une guerre civile qui a occasionné la mort de plusieurs milliers de personnes. Depuis, il a installé une douce dictature militaro-tribale qui pille allègrement le pays. Ce qui fait dire à un diplomate occidental, sous couvert d’anonymat, qu’au Congo-Brazzaville, "il y a deux drames : le premier, c’est le retour de Denis Sassou Nguesso au pouvoir depuis le mois d’octobre 1997 à la tête d’une horde de miliciens (les Cobras) particulièrement féroces. Le second, c’est que les Congolais ne savent pas comment se débarrasser de ce Milosevic équatorial." Ah bon ! Les Congolais ignoreraient-ils qu’avec un tel "palmarès", le Cobra Suprême, comme tous les criminels de guerre, relève du Tribunal pénal international ?
PP

(1) L’histoire sanglante du Congo-Brazzaville (1959-1997)
Théophile Obenga, éditions Présence Africaine.

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