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    « Nous sommes là pour embêter le monde. Nous mettons du sel dans les blessures et des cailloux dans les chaussures. Nous cherchons le mauvais côté des choses car du bon côté, les attachés de presse s'en chargent. » Horacio Verbitzky, journaliste argentin.

     


    Ils ont écrit


    Dimanche 8 juillet 2007


    Retour sur le fiasco d'un voyage


    Rappel : M. Sassou Nguesso a qualifié jeudi dans la cour de l'Elysée, palais de la République française, de " relents de néo-colonialisme et de racisme " les plaintes d'associations françaises et congolaise l'accusant de posséder en France des biens financés par de l'argent public détourné.

    " Si cette affaire n'avait pas quelques relents, disons de colonialisme, de néo-colonialisme, de racisme et de provocation gratuite, on l'aurait sans doute laissée mourir de son propre poison ", a dit " l'homme des masses " à l'issue d'un entretien avec le président Nicolas Sarkozy.

    Lorsque la journaliste qui lui posait les questions s'est étonnée et lui a fait observer que : " Les personnes qui ont porté plainte espèrent pouvoir récupérer les fonds avec la cession des biens qui se trouvent en France pour les rétrocéder aux Congolais. Donc vous qualifiez ça de racisme ? " M. Sassou a répondu : " C’est plutôt honteux et triste de traiter ce dossier là. Vous savez, en France, tous les dirigeants du monde ont des châteaux ou des palais, qu'ils soient du Golfe, d'Europe, ou de l'Afrique. On peut même s'étonner de voir que, de la manière la plus triste, on ait trouvé deux cibles sur lesquelles on voudrait tirer ".

    Quels commentaires la presse internationale a-t-elle fait des étonnantes réponses de M. Sassou ? Nous en relevons deux.

    Walfadjri (7/7), média sénégalais écrit à ce sujet dans un article intitulé " France-Afrique : L’anticolonialisme, selon Sassou ", ce qui suit :

    « Hier, dans la cour de l’Elysée, le président congolais Denis Sassou N’Guesso a appliqué cette vieille technique avec un art consommé et un cynisme scandaleux, en évoquant la procédure judiciaire consécutive à la plainte déposée par vingt-sept associations pour ‘recel de détournement de biens publics’ contre son homologue gabonais (et gendre) Omar Bongo et lui-même - où ces présidents ont-ils, en effet, pris l’argent grâce auquel ils ont acheté leurs somptueuses résidences parisiennes, ce que leurs salaires et avantages ne permettent pas ? Sassou N’Guesso a hurlé, après un entretien tout de complaisance avec Nicolas Sarkozy, au ‘néocolonialisme’ (...)

    Passons sur la manière grotesque dont Sassou justifie sa kleptomanie et le pillage de son pays. Il aimerait, peut-on comprendre, qu’au titre des droits de l’homme, on reconnaisse les droits des tyrans à affamer leurs peuples sans distinction de race. Pour Sassou, les associations et les juges français ne s’intéressent, pour les embêter, aux dictateurs qui détournent l’argent de leurs peuples que lorsqu’ils sont africains. On aimerait lui rétorquer que c’est une agréable déclinaison de la ‘discrimination positive’ et qu’il faudrait plutôt s’en féliciter.

    Le problème, dans la rhétorique de Sassou, est plus profond. S’il s’autocélébre en héraut du combat contre le néocolonialisme, il devient le compagnon de lutte des morts de l’Ivoire tués par les soldats de la force Licorne en novembre 2004, de François-Xavier Verschave, de Nelson Mandela.

    C’est une insupportable imposture. Le néocolonialisme, ce n’est pas la dynamique vertueuse qui ambitionne de traduire les pantins de l’Empire devant les tribunaux de la République; c’est la force vicieuse qui a permis au dictateur congolais de revenir au pouvoir par les armes en 1997, dans les chars de l’armée française et au prix de plusieurs milliers de morts, après en avoir été chassé par les urnes cinq ans plus tôt » (...)

    AfriqueCentaleInfos (7/7) a écrit pour sa part dans un article intitulé " Effet désastreux " les lignes suivantes :

    « La fête est gâchée. Le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, espérait faire de sa visite jeudi à l’Elysée un événement médiatique à exploiter en France et bien sûr dans son pays. Une photo Sassou-Sarkozy en dit plus long que bien des communiqués officiels.

    Patatra. A sa sortie de l’audience avec Nicolas Sarkozy jeudi dernier, M. Sassou Nguesso a répondu aux journalistes pour tenter de se justifier maladroitement sur le fait de disposer de propriétés immobilières en France.

    Au lieu d’évoquer le Darfour, le développement de l’Afrique ou la dette, le N°1 congolais s’est contenté d’affirmer que " en France, tous les dirigeants du monde ont des châteaux ou des palais, qu'ils soient du Golfe, d'Europe, ou de l'Afrique ", en référence aux accusations lancées récemment par des ONG françaises à son encontre.

    Et de fait, les médias français n’ont retenu de sa visite à l’Elysée que ces passages peu valorisants.

    Ce n’est pas la première fois que le président du Congo fait preuve de maladresse.

    Interrogé il y a quelques mois par un magazine panafricain sur des dépenses somptuaires effectuées lors d’un déplacement à New York, Denis Sassou Nguesso avait enfoncé le clou assurant qu’il était normal de rester dans des hôtels de luxe, ou de boire du champagne hors de prix.

    Le statut de chef d’Etat implique des frais de représentation élevés partout dans le monde. Rien à redire là-dessus. Néanmoins, un président n’a pas à commenter ou justifier de ses dépenses et de ses biens immobiliers à l’étranger.

    Le président du Congo devrait s’entourer de conseillers mieux avisés. »

    Notre commentaire : sans commentaire, si ce n'est qu'on ne fera pas l'injure à " l'homme des masses " de penser qu'il ne s'était pas préparé à ces questions. Mais un président, c'est très occupé et ça a d'autres choses plus importantes à faire...

    ***************

    Un fils de ministre complice de cambriolage ?


    Un de nos lecteurs, apparemment bien informé verse de nouvelles pièces au dossier du cambriolage qui aurait eu lieu à l'office de gestion des étudiants et stagiaires congolais (Oges), sis à Paris. Voici quelques éléments de son récit :

    " C'est désormais officiel : le cambriolage commis le vendredi 29 juin dernier à l'Office de gestion des étudiants et stagiaires congolais à Paris est l'oeuvre du fils du ministre lui-même. C'est donc désormais à ce dernier, pourtant membre des forces de l'ordre (jeune policier), que les enquêteurs s'intéressent (peut-être reviendront-ils sur le premier scandale qui avait été mis en sommeil, celui du braquage des agents de ce service au cours du mois d'avril dernier alors qu'ils payaient les bourses des étudiants).

    En effet, l'enquête qui avance à grands pas révèle que la belle-fille du ministre qui est d'ailleurs la secrétaire particulière du directeur de ce service, et dont les empreintes digitales avaient été relevées sur les lieux de l'infraction, aurait agi en complicité avec son époux (le fils du ministre). Avec un ou deux autres complices, ils auraient forcé la porte d'entrée bureau du secrétariat et du bureau du directeur de ce service où étaient gardés dans une banale armoire les 60000 euros (40 millions de francs CFA).

    L'enquête se poursuit et les auteurs présumés sont maintenus en garde à vue depuis trois jours. Surpris par la tournure que prennent les événements, le ministre aurait engagé un avocat. Toutes les autres personnes travaillant dans les locaux sont donc mises hors de cause " (...)

    Si tous ces faits se révèlent exacts, on peut dire que " l'homme des masses n'a vraiment pas de chance. Il fallait bien que tout cela arrive pendant qu'il est en visite en France...

    ***************


    La CNDH se réveille


    Décidément le fiasco des législatives congolaises inspire bien du monde. Il a même eu le don de réveiller la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) un organisme créé par la Constitution et dont la plupart des Congolais ignorent jusqu'à l'existence. Que dit donc la CNDH ? Elle a relevé, entre autres bizarreries :

    Taux de particpation : parfois 4 % mais scrutin validé !
    - " La révision des listes électorales [qui] a accusé des faiblesses et n'a pas permis une bonne maîtrise du corps électoral;

    - L'absence d'affichage de listes électorales dans certains centres a entraîné une certaine abstention des électeurs qui n'ont pu vérifier leur inscription;

    - L'établissement hâtif des listes a dispersé des familles entières sur plusieurs centres de vote;

    - Le mode de distribution des cartes d'électeurs a manqué d'efficience et, dans certains cas même les électeurs d'arrondissements différents ont été intervertis;

    - Le matériel électoral a été mis en place dans nombreux bureaux fort tardivement; (...)

    Et de recommander entre autres mesures :

    - Le toilettage des listes pour une plus grande maîtrise du corps électoral;

    - L'établissement des cartes d'électeurs complètes (avec modification d'adresse de l'électeur);

    - L'exigence d'une pièce d'état civile avec photo (carte d'identité, passeport, permis de conduire);

    - Faire prévaloir l'esprit et la lettre de la loi électorale sur toutes autres considérations pour rendre crédibles les candidatures, notamment dans le respect strict des incompatibilités légales.

    Mais on le sait que, malgré toutes ces " insuffisances " (sic), l'ensemble du scrutin sera validé et le ministre en charge de l'élection, qui a perdu toute crédibilité, nous expliquera encore, flanqué de son compère de la Conel, que tout est fin prêt pour le deuxième tour. Comment pourrait-il en être autrement puisque les listes électorales auront été révisées entre les deux tours, et le recensement fait dans le Pool !...

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