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    Lekoundzou : « Nous ne voulons pas lâcher la proie pour l'ombre »




    Lundi 26 septembre, 6h00






    " Lekoundzou Itihi Ossetoumba Justin, resté le seul membre fondateur du parti (PCT) refuse que le Secrétaire Général (Noumazalaye), prépare malicieusement un congrès qui consacrerait la disparition de ce parti qu'il n'a pas créé et duquel il a déjà démissionné à maintes reprises manifestant son inconstance politique ". Cette charge de M. Lekoundzou, on peut la lire dans les conclusions de Me Essou (voir ci-dessous), avocat de l'ancien ministre à l'occasion du procès intenté à ce dernier par M. Noumazalaye. La bataille pour le contrôle du PCT est bien engagé. " Mwinda " a interrogé M. Lekoundzou pour recueillir son sentiment.


    Mwinda - Bonjour M. le ministre, beaucoup de congolais éprouvent du mal à comprendre ce qui se passe exactement au PCT. Clairement, de quoi s'agit-il ?

    Lekoundzou - Il s'agit d'un vocable nouveau employé au Parti Congolais du Travail (PCT) qui est " Refondation ". La question est de savoir qu'est ce qu'on entend par " Refondation ".

    - Premièrement, s’agît-il de la Refondation-Restructuration, c'est à dire apporter tous les aménagements rendus nécessaires aux textes fondateurs et organisationnels du parti en tenant compte de nouvelles donnes internes et externes du pays comme cela s'est fait au cours des Congrès du Parti Congolais du Travail qui se sont succédé pendant trente-cinq ans ?

    - Deuxièmement, s’agit-il de la Refondation-liquidation, c'est-à-dire la liquidation pure et simple du Parti Congolais du Travail (PCT) et création d'un nouveau parti à la place de celui-ci ?


    Un passif lourd

    Si l'on a bien compris, il y aurait d'un côté les « rénovateurs » et de l'autre les « conservateurs » dont vous faites partie. Que recouvrent ces termes ? Que veulent les « rénovateurs » ? Que veulent les « conservateurs » ?

    Ainsi, les promoteurs du concept Refondation se sont permis de diviser les avis en deux groupes.

    Un groupe des refondateurs « qui veulent la dissolution pure et simple du Parti Congolais du Travail (PCT) » et son remplacement par un nouveau parti au motif qu'il est trop vieux et que ses symboles de référence sont obsolètes et surannées. Qu'il est chargé d'un passif lourd, parce qu'ayant géré le pays pendant vingt-cinq ans.

    Les Refondateurs sont donc à la recherche d'une virginité politique. Cela n'est pas honnête. car il faut accepter d'assumer le passé pour savoir construire l'avenir en mieux. Or ceux qui disent cela sont ceux-là même qui ont géré ce parti pendant vingt-cinq ans.

    A propos des Conservateurs. Il s'agit en réalité de ceux qui sont partisans de la restructuration du parti en fonction des nouvelles donnes nationales et internationales. Il ne s'agit nullement d'être réfractaires aux innovations positives qui sont nécessaires à la redynamisation du parti.

    En effet, le parti a gagné les élections présidentielles et parlementaires (Assemblée et Sénat). Il est donc en mesure de gérer la nation avec ses alliés et associés et il partage avec ceux-ci le programme de " La Nouvelle Espérance " soutenu par le peuple congolais dans sa large majorité.


    Les Refondateurs sont à la recherche d'une virginité politique. Cela n'est pas honnête


    De nombreux congolais pensent qu'il s'agit là d'un problème d`hommes. Entre vous-même et M. Noumazalaye. Qu'en dites-vous ?

    Outre le fait que le problème d'un parti politique est nécessairement le problème des hommes, il n'existe pas entre Noumazalaye et Lekoundzou de problèmes personnels. Mais sans doute un problème de conception de la démocratie à l'intérieur du parti et de l'avenir ainsi que du rôle du parti dans le processus de la construction nationale.

    On a beau dire que M. Sassou n'est pas concerné par ce débat puisque théoriquement au-dessus des partis. Mais il semble plus en phase avec le secrétaire général. Est-ce que nous nous trompons ?

    Nous nous en tenons à ce que le président est au-dessus de la mêlée, selon ses propres déclarations, conformément aux dispositions constitutionnelles.

    " Conservateur " , vous ne semblez pas avoir le beau rôle. Vous refusez donc le changement ? Vous refusez de voir l'avenir en face ? Que proposez-vous ?

    Nous qui prônons la restructuration du parti, nous sommes en réalité des " Rénovateurs " qui regardons l'avenir bien en face et en toute responsabilité. Nous nous ouvrons à tous les changements positifs qui élargissent le parti et augmentent son efficacité. Ce point de vue est conforté par l'arrivée massive de nouveaux militants depuis ces derniers temps, alors que ceux-ci auraient pu attendre la fameuse refondation, avec la naissance de ce nouveau « grand parti ».

    Nous ne voulons pas lâcher la proie pour l'ombre. Le Parti Congolais du Travail (PCT) étant un Parti National implanté dans toutes les contrées de notre pays, nous ne voulons pas lâcher la proie pour l'ombre au moment où on parle des partis ethniques.

    Vous dressez une longue liste de griefs à l'encontre du Bureau politique : « travail fractionnel au niveau du Bureau politique, trafic d'influence, fossé entre la direction du Parti et sa base doublé d’une crise de confiance avérée, la gestion autocratique et opaque des ressources humaines et financières »… Vous ne chargez pas un peu trop la barque ? N'êtes-vous pas solidaire de tous ces maux ?

    Ce qui est déploré et dénoncé relève de la vérité pure et simple. La responsabilité du Bureau Politique est certes solidaire et collective devant le Comité Central. Mais ceci n'enlève en rien la responsabilité individuelle.

    Vos adversaires disent que vous n'êtes que deux au Bureau politique à vous opposer à la majorité des autres membres. Où est le siège du pouvoir au PCT ? Au Bureau politique ou au Comité central ?

    Nous sommes trois sur 24 membres au Bureau Politique à nous opposer à la liquidation non justifiée du PCT. Mais nous sommes largement majoritaires au Comité Central comme le prouve la pétition signée par les deux tiers (2/3) des membres du Comité Central qui avaient exigé et obtenu du Bureau Politique la convocation des instances du Comité Central. Il faut noter que le siège du pouvoir est au Comité Central qui met en place le Bureau Politique qui lui rend compte. L'Instance supérieure demeure le Congrès qui met place le Comité Central en tant qu'organe permanent du Congrès.

    Nous sommes largement majoritaires au Comité Central. Nous irons jusqu'au bout

    Vous avez annoncé la tenue du congrès en décembre prochain. Irez-vous jusqu'au bout ou êtes-vous ouvert à toute négociation avec l'autre aile du parti ?

    Nous irons jusqu'au bout car il s'agit d'une exigence de la base du parti. Les statuts du parti et la Constitution adoptée par le peuple congolais le 20 janvier 2002 leur donnent ce droit. Cependant, conformément aux principes du parti, nous sommes ouverts à tout dialogue à condition que les conclusions n'aboutissent pas à la liquidation du parti.

    M. Noumazalaye vous a assigné en justice. Une procédure inhabituelle. Dans l'hypothèse d'une décision défavorable, rentrerez-vous dans le rang ? Et si le chef de l'État vous le demandait personnellement ?

    Les différends au sein du parti sont soumis et réglés par le tribunal du parti qui s'appelle la Commission Centrale de Contrôle et de Vérification du Parti (CCVP) avec ses commissions locales mises en place par le Comité Central.

    Dans le cas d'espèce le camarade Noumazalaye a saisi la Commission Centrale de Contrôle et de vérification du Parti le 05 Septembre 2005 et, sans attendre le déclenchement de la procédure interne au parti il a extériorisé le débat en m'assignant devant les tribunaux de l'État. C'est une procédure anti statutaire qui, du point de vue du parti, est nulle et de nul effet.

    Une telle condamnation serait étonnante étant donné les dispositions constitutionnelles relatives aux libertés publiques et aux droits d'association. Dans ces conditions pensez-vous que le président de la République me demanderait personnellement de tuer le PCT ?

    Le PCT comme socle de l'unité nationale, est un patrimoine national qui ne saurait être bradé

    De manière générale, est-ce que vous pouvez dire que la situation économique et sociale est satisfaite dans le pays alors que le parti censé soutenir la politique du gouvernement est déchiré depuis de longs mois ?

    Nous avons pleinement conscience que la situation socioéconomique pose encore beaucoup de problèmes qui peuvent d'être résolus avec détermination, savoir-faire et meilleure mobilisation de toutes les énergies et de toutes les intelligences.

    C'est à cause de cela qu'il faut mettre fin au pourrissement au sein du parti afin de lui permettre de jouer efficacement son rôle de force de proposition et de mobilisation.

    Vous êtes député à l'Assemblée et sauf erreur chef du groupe du PCT dans cette institution. Malgré toutes ces contradictions, vous soutenez sans faille la politique du gouvernement. N'est-ce pas contradictoire ?

    II n'y a pas contradiction, car le gouvernement est notre gouvernement et nous avons à résoudre les problèmes et du parti et les problèmes du gouvernement. La résolution des problèmes du parti contribuera à régler les problèmes du gouvernement.

    Un dernier mot ?

    En dernier mot, ce qu'il faut retenir c'est qu'il y a d'un côté ceux qui veulent la dissolution du parti pour faire peau neuve. Mais alors que les statuts du parti leur donne la liberté de quitter le PCT et d'aller créer leur « nouveau parti », ils s'acharnent à confisquer les instances dirigeantes du PCT en prolongeant abusivement leur mandat de quatre ans pendant 15 ans en boycottant tous les Congrès afin de se pérenniser à la tête d'un parti qu’ils voudraient voir disparaître.

    De l'autre côté, ceux qui veulent le maintien du parti comme instrument aguerri de lutte politique mais un instrument perfectible dont l'influence, l'envergure et le dynamisme rassemblent un nombre de plus en plus important de congolais. Ce qui est paradoxal de la part d'un parti qu'on dit caduc et suranné !

    En conclusion le PCT comme socle de l'unité nationale, est un patrimoine national qui ne saurait être bradé sans raison fondamentale.

    Document à lire :

    Les conclusions de Me Essou dans l'affaire Noumazalay contre Lekoundzou (doc word)

    Les conclusions de Me Essou dans l'affaire Noumazalay contre Lekoundzou (doc pdf)

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