« Nous sommes là pour embêter le monde. Nous mettons du sel dans les blessures et des cailloux dans les chaussures. Nous cherchons le mauvais côté des choses car du bon côté, les attachés de presse s'en chargent. » Horacio Verbitzky, journaliste argentin.
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Mardi 27 décembre, 8h30
Point de vue
Un plaidoyer en faveur de M. Kolelas
Par Hervé Mahicka **
C’est sans réserve que Bernard Kolélas a annoncé ce vendredi 23 décembre au centre sportif de Makélékélé son plein engagement auprès de toutes les volontés oeuvrant pour la paix dans notre pays. Curieusement, ceux là même qui souhaitaient paraît-il la paix et la réconciliation y voient une trahison. Cela devient une habitude du débat politique congolais de vouloir tout et son contraire et de vilipender ceux qui subviennent aux attentes du peuple congolais. Bernard Kolélas est sans doute le gibier préféré de cette farce.
On se souviendra que dès la création du MCDDI dont il est le leader charismatique, le président Bernard Kolélas avait déjà obtenu le surnom de « revanchard », sur foi de préjugés qui se sont tous démentis. C’est en effet le prétendu revanchard qui pèsera de toute son influence à la CNS pour s’opposer aux chasses aux sorcières et à toute mesure d’interdiction du PCT et qui fera alliance avec ses anciens geôliers des années 1970.
Après la brouille de l’alliance PCT/UPADS qui avait remporté les élections législatives et présidentielles de 1992, c’est le même Bernard Kolélas, sans faire cas des médisances et des appels d’un front politique sud-sud, qui acceptera de redonner vie à un PCT alors démembré par les sirènes du pouvoir de Lissouba, et réduit à sa plus simple expression.
Quoi qu’on dise de cette alliance, celui qui n’y perdait pas sa nature c’est bien le MCDDI, parti radicalement anticommuniste, anti-monopartisme et anti-tribaliste. Positions que ses alliés ont consenties à rejoindre sans préalables.
Hélas, l’impatience de certains groupes de pressions politiques et la maladresse du régime d’alors ne vont pas manquer de nous faire connaître une longue et douloureuse guerre civile, entre 1993 et 1995. L’action du président Bernard Kolélas, homme de paix, se limitera au droit naturel de défendre sa vie et celle de ses sympathisants sans jamais être tenté de passer à l’offensive pour renverser celui qui bafouait son serment et outrepassait plus que de raison ses droits constitutionnels. Une sagesse que d’autres n’auront pas eu en 1997. Mais ceci est une autre histoire.
C’est donc ce même Bernard Kolélas dont le MCDDI est fier d’avoir pour président, qui acceptera aux accords de Libreville de prêter d’éminentes personnalités du parti (1) afin d’œuvrer dans le gouvernement de réconciliation et rechercher ensemble la paix, tout en assainissant la gestion de l’État. Mission exécutée avec succès puisque tous les congolais ont pu constater la bonification du climat sociopolitique et sécuritaire, ainsi que l’amélioration de la gestion financière du pays (2) .
Lorsque éclate la guerre du 5 juin 1997 c’est encore au président Bernard Kolélas que les deux belligérants feront confiance pour être médiateur national pour la paix. Une fonction conduite avec un acharnement salué par les communautés tant nationale qu’internationale, ce qui le conduira très logiquement à occuper la fonction de Premier ministre afin de garantir une transition apaisée par sa neutralité au conflit. Mais les armes l’ayant emporté en lieu et place du dialogue prôné par le leader du MCDDI au sein d’une mare de surexcités, il sera dans l’obligation de quitter le pays.
Durant son long exil, Bernard Kolélas n’a jamais cessé d’appeler au retour à la raison et d’exhorter une normalisation politique par le dialogue et la paix. Il exprimera notamment son souhait d’accompagner le « Forum de réconciliation nationale » qu’organisa le régime issu de la guerre. Sans succès parce qu’à l’époque peu étaient enclins à écouter la voix de l’apaisement prêché par ce marathonien de la paix. Il ne manquera pas non plus de tenter plusieurs retours en force, bravant à plusieurs reprises un système sécuritaire nerveux dans un pays d’après-guerre, tout en étant sous le coup d’une condamnation à mort que beaucoup parmi les tenants du pouvoir et les miliciens auraient voulu voir s’appliquer sans sommation. Ces épisodes feront de Kolélas l’homme politique le plus courageux de toute l’histoire du Congo.
Aujourd’hui, après 50 ans d’un combat sans répit, Bernard Kolélas n’a pas changé d’un iota. Ni dans son insolente forme physique, ni dans ses convictions politiques opiniâtrement démocratiques et pacifiques. C’est ainsi qu’avec la sincérité qui le caractérise, il a multiplié les signaux de réconciliation. C’est aussi en homme de courage qu’il a assumé cette responsabilité devant ses militants et sympathisants au centre sportif de Makélékélé ce 23 décembre 2005 pour leur rappeler que « Moïse » n’a jamais été autre chose qu’un libérateur pacifique. C’est enfin en sage bantou qu’il a rappelé l’impérieuse nécessité d’ancrer la courtoisie dans les rapports politiques dans notre pays.
Le peuple congolais tout entier, et les membres du MCDDI particulièrement, ne doivent pas torpiller la chance extraordinaire de cette dynamique de paix engagée pour la énième fois sans relâche par le président Bernard Kolélas qui est plus que jamais le champion de la concorde nationale. Si comme d’habitude les mauvaises langues vont vous faire soupçonner des dessous de table (3), demandez leur pourquoi Bernard Kolélas aurait-il besoin d’être soudoyé pour faire ce qu’il a toujours prôné et être ce qu’il a toujours été : un conciliateur, un homme de paix et un démocrate. Car en effet, les intentions d’animosité envers quelque personnalité que ce soit, les prétentions guerrières ou les ralliements avec armes et bagages ont toujours été mis à la bouche du Nkoumbi par une certaine presse, mais n’ont jamais été une réalité évoquée par lui-même en quelque circonstance que ce soit.
Le MCCDI est et restera un parti pleinement ancré dans la compétition politique pacifique et démocratique. Il va se réorganiser dans les semaines et mois à venir, pour bâtir un projet de société qui fera primer les impératifs inaltérables de paix, de démocratie et de développement intégral et au centre desquels se situe le citoyen congolais.
Nous devons saisir ce soleil nouveau qui se lève afin de libérer nos énergies trop longtemps sevrées. Le Congo en a grand besoin.
(1) Deux pour être précis : Mme Mélanie Ibouritso et Mr Luc Adamo Matéta. Le général Ph. Bikinkita est membre fondateur du RDR de Joachim Yhombi Opango et n’a jamais fait partie du MCDDI.
(2) Les salaires des fonctionnaires par exemple, ne connurent plus de retard.
(3) Faisons un total de toutes les rumeurs qui tentent de salir l’intégrité du président du MCDDI, il aurait traversé son exil avec pas moins de 20 milliards de FCFA. Alors que nous savons que son séjour a été loin de ce qui pourrait s’appeler un exil doré, et tout congolais peut vérifier combien ses biens sont modestes. Alors que certains pour n’avoir été ministre que quelques mois, sont à l’abri du besoin pour le restant de leurs jours.
** Hervé Mahicka
Politologue, Membre du MCDDI.
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