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    Publiez Ce Que Vous Payez !

    Samedi/Dimanche 11-12 juin


    Coalition congolaise " Publiez ce que vous payez "



    Communiqué de presse


    Appel pour une mise en œuvre effective de l’EITI au Congo


    A l’occasion du premier anniversaire de l’adhésion du Congo à l’Initiative de Transparence des Industries Extractives (EITI), la « Coalition Congolaise Publiez Ce Que Vous Payez ! » lance de nouveau en direction du gouvernement congolais, un pressant appel en vue de tout mettre en œuvre pour rendre effective l’EITI au Congo.

    Le Congo a, en effet, adhéré à cette initiative le 10 juin 2004. La Coalition avait encouragé cet engagement et organisé en février 2005, une table ronde sur l’EITI à Pointe-Noire. A cette table ronde, toutes les parties prenantes au processus EITI s’étaient accordées sur la nécessité d’adopter assez rapidement un plan d’action et la mise en place d’un comité de mise en œuvre, comme le recommande les principes de l’initiative contenus dans le livre source.

    Quatre mois après cette table ronde, le Comité de mise en œuvre n’est pas encore créé, alors que la transparence pétrolière est une des exigences fondamentales dans la réussite du projet de réduction de la pauvreté ; en même temps, elle est une des conditionnalités dans les négociations que mène actuellement le gouvernement avec les institutions financières internationales dans la perspective de l’éligibilité à l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).
    ___________________________________________________
    Coalition Congolaise « Publiez Ce Que Vous Payez ! »
    Secrétariat Exécutif : BP 939 Pointe-Noire
    Tél : (242) 557 78 45 , (242) 557 90 81
    E-mail : cmounzeo@yahoo.fr et bricemackosso@yahoo.fr


    La Coalition rappelle au gouvernement que les déclarations de principe ne suffisent plus pour marquer la volonté de développer l’EITI en pratique au Congo. Il devient impérieux de poser des pas concrets, dans une démarche globale et multipartite sans laquelle l’EITI ne pourra être perçue comme une initiative de partenariat.

    La Coalition constate que le gouvernement exécute quelques critères de l’EITI comme la certification régulière des prix, et la réalisation régulière des audits de la SNPC ; Cependant, les conclusions du dernier audit 2003, réalisé par le cabinet KPMG montre assez clairement une similitude dans l’analyse et les recommandations avec l’audit de 2002. Le cabinet KPMG ayant épinglé les mêmes déficits, écarts et autres faiblesses, affirme dans ses conclusions : « compte tenu des risques significatifs d’erreurs et de fraudes liés à la faiblesse de contrôle interne et de gouvernance actuelle, nous recommandons des actions immédiates à mettre en œuvre d’ici le 30 juin 2005 ».

    De même, le dit cabinet a émis de sérieuses réserves sur le suivi des opérations de trésorerie et a attiré l’attention de la tutelle sur les risques d’erreurs et de fraude. Ainsi, le renforcement de la transparence impose nécessairement une mise en œuvre effective de l’EITI.

    La Coalition recommande pour cela au gouvernement :

    - La mise en place sans délai du comité multipartite de mise en œuvre de l’EITI
    - L’adoption d’un plan d’action de mise en œuvre de l’EITI au Congo
    - L’application effective et totale du plan d’action de l’audit 2002 et 2003 de la SNPC
    - La réalisation d’un audit du secteur pétrolier privé.
    - La réalisation de l’audit des comptes SNPC -Etat ainsi que des filiales de la compagnie nationale.
    - De se référer aux critères minimums contenus dans le livre source pour obtenir une mise en œuvre standard de l’EITI.

    Elle recommande aux compagnies présentes au Congo, l’adoption du principe des publications individuelles et non agrégées.

    Elle demande enfin aux institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale) de conditionner la poursuite des négociations avec le Congo à l’avancement du processus de la EITI.

    Fait à Pointe-Noire, le 10 juin 2005

    *************

    Yaka, to vanda


    La montée du concubinage


    “ Yaka, to vanda ” est une expression familière dans la bouche de beaucoup de jeunes Congolais. Littéralement en lingala, elle signifie : “ Viens, on va rester ensemble ”. Cette expression illustre un phénomène important chez les 18-25 ans, nombreux à vivre en couple dans certains quartiers de Brazzaville.

    De nombreux parents ferment les yeux sur cette réalité dans une ville où les effets de la guerre civile se font cruellement sentir : les maisons sont détruites, les familles en miettes et des vies entières sont à reconstruire. Dans ce contexte, comment reprocher à leurs enfants d’aller trop vite ? Alors, les couples se font et se défont dans Brazzaville, parfois au péril de l’avenir des jeunes gens. Les premières expériences de concubinage de ces jeunes s’avèrent souvent être le début d’un long cycle de cohabitations et de ruptures. Dans la ville, les jeunes filles qui rentrent à la maison après un début de vie en couple sont même devenues sujets de plaisanteries. Les mauvaises langues disent : “ Cette fille-là, elle est partie faire un stage et elle est de retour chez ses parents. ”

    Vivre vite, à deux

    A en croire les Congolais, les raisons du concubinage des jeunes sont nombreuses. “ Pour certains, c’est une manière d’affirmer leur indépendance vis-à-vis des parents, leur faire comprendre qu’ils peuvent se passer d’eux, déclare Erwan, 20 ans. Les autres ne supportent plus la cohabitation et estiment qu’ils n’ont plus leur place au sein du foyer familial, continue-t-il. Certains parents poussent aussi leurs enfants à la porte en leur disant qu’à leur majorité ils doivent désormais subvenir à une partie de leurs besoins tout seuls, vu la situation économique du pays. ”

    Il arrive aussi que des jeunes aillent louer un petit nid d’amour ailleurs parce que leur relation n’est pas acceptée par leurs familles respectives. En 2000, alors qu’il n’avait que 20 ans, Gervais à loué une chambre avec sa copine. “ J’ai quitté mes parents à cause d’elle parce que je l’aimais et je l’aime toujours. Elle ne s’entendait pas avec eux. C’est elle qui a voulu rester définitivement avec moi ; elle avait arrêté les cours et venait dormir régulièrement chez moi. Elle faisait parfois un mois d’affilé dans ma chambre. ” Lorsqu’il a pris sa décision, ses parents lui ont juste demandé s’il se sentait assez mûr pour prendre en charge une femme. À cette époque, Gervais, ayant quitté les bancs de l’école très tôt, gagnait sa vie en faisant du petit commerce de manioc. Trois mois après le début de leur cohabitation, sa copine était enceinte… Leur premier enfant a aujourd’hui 4 ans et le second 2 ans. Malgré le coût de la vie qui a augmenté et les effets dévastateurs de la guerre, Gervais affirme s’en sortir bien avec sa petite famille grâce à son travail de caissier d’un nganda (bar dancing).

    Des unions parfois précipitées

    La majorité de ces couples finissent par rompre au bout de quatre, voire cinq ans. La jeune fille retourne chez ses parents avec toutes ses affaires et parfois en "cadeau", un ou deux gosses. À moins qu’elle ne décide de les laisser à la charge du père. Les rapports désastreux entre la jeune fille et sa belle-famille sont souvent à l'origine de la rupture, surtout lorsque le jeune couple continue d'habiter chez les parents. La jeune fille est devenue indésirable, une bouche de plus à nourrir. Alors, on commence à lui chercher des poux dans la tête. Trop paresseuse, ne sait pas faire la cuisine, sort trop, etc. : les arguments ne manquent pas. Beaucoup de filles ne supportent pas toutes ces vexations et prennent les devants. Sans formalités, un beau matin, elles rentrent chez leurs parents.

    Il est arrivé de tristes histoires à beaucoup de jeunes qui n’ont pas assez réfléchi avant de s’engager. Ils ou elles se retrouvent à 25 ans avec deux, trois enfants issus de mères ou de pères différents. Pour certaines jeunes filles, la seule issue est de renouveler l’expérience. Il existe des exceptions à la règle, des couples qui s’en sortent mieux que d’autres malgré leur peu de moyens. Mais dans la majorité des cas, le résultat est plutôt négatif, voire dramatique.

    Par le passé, le mariage coutumier était un passage obligé avant de penser à prendre une femme à la maison. Cette tradition scellait un accord entre deux familles après le versement de la dot (le jeune homme offrait de nombreux présents à sa belle-famille) et quelques formalités. Le montant de la dot étant considéré comme une sorte de preuve de la détermination du garçon, certains parents ont eu tendance à faire monter les enchères. Le concubinage s'avère à présent plus pratique et moins ruineux que le mariage coutumier délaissé par la faute de certains parents trop cupides.

    Par Carole Mandello (Syfia)
    Le 10-06-2005

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