« Nous sommes là pour embêter le monde. Nous mettons du sel dans les blessures et des cailloux dans les chaussures. Nous cherchons le mauvais côté des choses car du bon côté, les attachés de presse s'en chargent. » Horacio Verbitzky, journaliste argentin.
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Sassou, président de l’Union africaine
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Mercredi 26 janvier
C’est, à n’en pas douter, un succès personnel pour Sassou Nguesso que d’avoir réussi à s’imposer à la tête de l’Union africaine, à la faveur du tollé créé par la candidature soudanaise plombée par l’affaire du Darfour. « L’homme des masses » avait déjà assuré la présidence de ce qui était l’organisation de l’unité africaine (OUA) il y a une vingtaine d’années. On s’en souvient à peine… Depuis plusieurs mois chacun sentait que cet homme du passé (1) - qui est loin d'incarner les aspirations des nouvelles générations en Afrique, on pourra s'en apercevoir avant longtemps avec sa gestion de la crise ivoirienne par exemple - était de nouveau intéressé par le poste sans qu’on ne sache d’ailleurs trop bien pourquoi. Soif de prestige et de reconnaissance ? Volonté d’obtenir quelque répit face à la situation sociale difficile dans son pays, le Congo, dans un souci de diversion ?
En tout cas, à quelque chose malheur est bon : habitué à évoluer dans l’ombre de son beau-fils, Bongo, bien qu’il soit lui-même un baron (les méchantes langues disent « honorable correspondant ») de la Françafrique, « l’homme des masses » se trouve dorénavant exposé en pleine lumière. La corruption de son régime et l’incompétence de son gouvernement n’en seront que mieux étalées. Une chance pour que l’indescriptible misère dans laquelle se trouve plongé le peuple congolais éclate au grand jour. Ainsi les Congolais pourraient retirer quelque bénéfice de ce mandat d’un an offert à Sassou.
(1) « J'entends engager le continent dans la conquête résolue de la paix », a déclaré Sassou lors de son premier discours à Khartoum, lançant avec humour : « Ce choix, je l'accepte avec humilité et avec mon coeur. Je le ressens comme un appel de l'Histoire, cette histoire du renouveau de l'Afrique »...
Nika Mabiala
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Denis Sassou Nguesso, président de l'Union africaine (bio express)
Brazzaville, Congo (PANA) - Le chef de l'Etat congolais, Denis Sassou
Nguesso, qui a été élu mardi à Khartoum président en exercice de
l'Union africaine (UA) pour un mandat d'un an, a déjà présidé entre
1986 et 1987 aux destinées de la structure panafricaine sous son
ancienne appellation d'Organisation de l'unité africaine (OUA).
Enfant d'une famille de paysans congolais, M. Sassou Nguesso est né
en 1943 à Edou, petit village situé à plus de 400 km au nord de
Brazzaville, dans le département de la Cuvette ouest.
Il bénéficie d'abord d'une formation d'enseignant à Dolisie, dans le
sud-ouest du Congo, avant d'embrasser une carrière militaire qui le
verra fréquenter l'Ecole inter-armes des officiers de Cherchell, en
Algérie, entre 1961 et 1963, et l'Ecole d'application d'infanterie de
Saint-Maixent, en France.
De retour au pays, il est l'un des cofondateurs du Parti congolais du
travail (PCT) en décembre 1969. Grâce à son appartenance à cette
formation politique, l'unique au pays, Denis Sassou Nguesso occupe de
hautes fonctions dans les milieux de la sécurité.
Il est nommé ministre de la Défense à l'âge de 25 ans. Le 5 février
1979, suite à un mouvement populaire qui évince le général Jacques
Joachim Yhomby Opango (1977-1979) du pouvoir, Sassou Nguesso devient
président de la République.
En 1990, sous la pression de la principale centrale syndicale, la
Confédération syndicale congolaise (CSC), il ouvre le Congo au
multipartisme. Le pays organise alors une Conférence nationale
souveraine entre février et juin 1991 qui met en place les
institutions d'une transition démocratique.
Sassou Nguesso est dépouillé des prérogatives au profit d'un nouveau
Premier ministre. Lors des premières élections pluralistes du pays,
en 1992, il est battu dès le premier tour de la présidentielle par le
Pr Pascal Lissouba.
Sassou Nguesso s'éloigne alors de la vie politique nationale et se
retire dans son fief d'Oyo (nord), avant de s'exiler en France et de
regagner le pays en janvier 1997.
A la veille d'une nouvelle élection présidentielle, en juillet 1997,
une guerre civile éclate entre juin et octobre de cette année-là
entre les forces de Sassou Nguesso, soutenues par l'Angola, et celles
du président Lissouba.
Sassou Nguesso, qui remporte la guerre, revient au pouvoir et met en
place un gouvernement d'union nationale et de salut public. Cette
victoire militaire est consolidée par son élection à la tête du pays
en mars 2002 avec 89,41% des suffrages exprimés dès le premier tour.
Denis Sassou Nguesso a été, en 1988, le parrain du protocole dit de
Brazzaville sur le retrait des troupes cubaines d'Angola. Depuis
trois ans, il assure la présidence en exercice de la Communauté
économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC).
© PANA.
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