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    L'Upads ou les désillusions démocratiques


    Vendredi 10 mars, 8h00


    Par Musi Kanda

    Personne ne sait ce qu'il adviendra de l'Upads après la disparition de son fondateur. Mais si l'on en juge par la qualité du spectacle que nous offrent, depuis des mois, les prétendants à sa succession, on a du mal à imaginer qu'elle puisse lui survivre. Elle avait déjà commencé à manger son pain blanc bien avant le coup d'Etat de juin 1997, l'exil l'achève. Huit ans après la débâcle de la guerre civile, ce parti ne s'est toujours pas remis de la perte du pouvoir, aggravée par les ennuis de santé de son président.

    Plutôt que de se livrer à l'établissement d'un bilan objectif de ses cinq années passées au pouvoir, d'en tirer les leçons et, à partir de là, de réfléchir sur les moyens de reconquérir la confiance des Congolais avec des propositions crédibles, Moukouéké, Makita et leurs partisans respectifs préfèrent s'étriper joyeusement pour le contrôle d'un parti moribond, se contentant de répéter à l'envi que leur parti est le plus grand du Congo. Ils n'oublient qu'un détail : en 1992, les Congolais n'avaient porté leurs espoirs ni sur les transfuges du Pct ni sur ce professeur promettant tout et n'importe quoi, mais sur le Lissouba encore auréolé de son passé de jeune premier ministre de Massamba-Debat.

    A part les accusations réciproques de trahison, de manipulation, de falsification, d'escroquerie et les échanges d'injures, que nous proposent les dirigeants de l'Upads ? Rien. Bien malin donc celui qui saura nous dire ce qui oppose réellement les deux clans qui se disputent les futures dépouilles de ce parti. Depuis des mois, le débat, si l'on peut encore décemment parler de débat, porte non pas sur un projet politique qui n'existe pas, mais sur la légitimité du secrétaire général et celle du secrétaire général par intérim, selon les statuts du parti pour l'un et le bon vouloir de dieu Lissouba pour l'autre. C'est pathétique.

    Dans un parti normal, ce genre de querelle n'a même pas lieu d'être. Car c'est aux militants et à eux seuls que revient le pouvoir de se prononcer librement sur le choix de leurs dirigeants en fonction des orientations politiques défendues par les différents postulants à la direction du parti. L'espace dévolu à ce type d'exercice, c'est le congrès. Cela ne fait que 10 ans que les militants attendent celui de l'Upads, reporté (on se demande bien pourquoi) d'année en année. Ces incapables, qui ne parviennent pas à organiser un simple congrès afin de doter leur parti d'une direction légitime élue démocratiquement, n'ont même pas l'honnêteté et le courage de démissionner par respect pour leurs militants et leurs sympathisants. Bien au contraire, ils se cramponnent pitoyablement à leurs postes, avec cette prétention insupportable de se croire irremplaçables et celle, ridicule, de se présenter comme les seuls à pouvoir apporter des solutions aux problèmes autrement plus complexes que connaît notre pays. C'est peu dire qu'ils nous prennent pour des c...

    Soyons clairs. L'Upads et ses querelles intestines ne présentent aucun intérêt pour les Congolais qui subissent la politique désastreuse de Sassou et de Mvouba. Mais l'incapacité de ses chefs à la réformer pour en faire une organisation véritablement combative au service de nos compatriotes est très révélatrice du mode de fonctionnement des partis politiques dans notre pays. Des partis politiques créés par et pour un homme dans l'unique but de satisfaire sa soif du pouvoir. Vu sous cet angle, ce qui se passe à l'Upads est particulièrement instructif parce que ça nous démontre que malgré notre prétention à vouloir donner des leçons à la terre entière, nous, Congolais, sommes encore singulièrement et désespérément immatures.

    A nous entendre, nous n'avons que le mot démocratie à la bouche. Démocratie par ci, démocratie par là. C'est bien, les incantations, mais elles ont leurs limites. En réalité, de la démocratie, nous n'en voulons surtout pas. Nous nous refusons d'en accepter les règles de jeu et les exigences car elle nous fait tout simplement peur. Tous, que nous soyons partisans de Sassou ou opposants déterminés de son régime, nous avons en commun d'être culturellement très marqués par une conception autoritaire et népotiste du pouvoir. Comment expliquer autrement l'acceptation, à la tête de nos partis, de ces chefs inamovibles qui, malgré leurs échecs patents, n'entendent se retirer et passer le témoin à une autre personne qu'à l'occasion de leur mort ? Le Mcddi vient de nous en faire récemment une démonstration éclatante, mais il n'est pas le seul dans ce cas. Tous fonctionnent selon le même modèle fondé sur l'obéissance aveugle au chef. Même des hommes réputés intelligents n'y trouvent rien à redire.

    On pourrait s'en étonner. On s'en étonne d'ailleurs quelquefois. Mais il n'y a vraiment rien d'étonnant à cela : 40 ans de régimes dictatoriaux ont laissé des traces profondes dans nos têtes. Nous en payons aujourd’hui le prix fort. Et nous risquons de le payer encore longtemps si, en même temps que la lutte sans répit que nous devons mener contre la dictature mafieuse des Sassou et des Nguesso, nous ne nous battons pas énergiquement contre ces séquelles d'une culture politique profondément totalitaire et corrompue que nous avons héritée de tous les régimes qui se sont succédé dans notre pays depuis l'indépendance. Ce que nous donnent à voir nos innombrables partis, leurs dirigeants, leurs militants et leurs sympathisants m'incite à croire que nous n'en prenons pas, hélas, le chemin.

    Musi Kanda

    **********

    " Point de décision " atteint


    Selon un communiqué de la Banque mondiale le Congo a accédé au " point de décision " de l'initiative de réduction de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE).

    Il pourra donc prétendre au bénéfice d'une aide financière de la communauté internationale.

    Pour accéder au " point d'accomplissement " ultime étape de l’initiative, c’est-à-dire pour obtenir la totalité des fonds susceptibles de lui être alloués, le Congo se devra de prouver de la bonne gouvernance, de la transparence dans la gestion des revenus du pétrole, notamment.

    Fait surprenant : les institutions financières internationales ont décidé que le Congo pouvait accéder au " point de décision " en expliquant que les performances de ce pays étaient en dessous des attentes mais que cette contre-performance était due… à la volonté des autorités congolaises de protéger les revenus du pétrole des créanciers douteux, à savoir les « fonds vautour ». Bref cacher de l’argent peut servir l’orthodoxie financière…

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    Michel Mampouya hors du MCDDI ?


    D'après nos informations l’ancien ministre Michel Mampouya a pris acte hier jeudi 9 mars de son exclusion du Comité national du Mcddi et de ce parti.

    Cette décision serait intervenue après la publication par M. Kolélas de la composition de cette instance qui compte 246 membres dont une trentaine de membres de sa famille lointaine ou proche. Michel Mampouya se réserve le droit de réagir dans les tous prochains jours...

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