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Comment le pouvoir a arrosé des avocats de la défense
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Vendredi 19 août, 6h10
On ne peut évaluer en argent le prix d’une vie humaine. N’empêche qu’au pays de « l’homme des masses », elle vient d’être brutalement fixée à 15 000 euros. Pour le régime de « La Nouvelle Espérance », peu importe l’âge du disparu : que ce dernier ait eu par exemple des ascendants toujours en vie, des enfants, qu’il travaillait ou non, pour la Cour de M. Apesse, même tarif pour tout le monde. Une uniformité de traitement qui cache mal la paresse de certains de nos juges, leur médiocrité, à moins qu’il ne s’agisse simplement d’injustice que paradoxalement ils cultiveraient.
Mme Marie Ngatsou, une femme qui a perdu dans cette affaire ses fils Bienvenu et Borel l’a bien compris :
« 10 millions ! (mes fils) ce n’est pas une voiture ! Nous sommes déçus parce que l’enfant-là travaillait bien, nous nourrissait bien. Et puis maintenant on dit que 10 millions. 10 millions c’est quoi ? Ce (mon fils) n’est pas un vélo ! » s’est-elle écrié au micro de la BBC. Une rage qui contrastait avec l’euphorie de Me Nkouka, le principal avocat des parties civiles, curieusement satisfait, lui, du verdict...
Avec un prix du baril au plus haut, le pouvoir congolais ne manque pourtant pas d’argent, même s’il aspire plus que jamais à émarger au rang des pays pauvres les plus endettés. La preuve : il a déboursé, à la place des accusés les frais d’avocat alors que les parties civiles, désargentées, n’ont même pas bénéficié de l’aide juridictionnelle. Cinq avocats pour la soixantaine de parties civiles contre une vingtaine d'avocats, dont des français, défendant quinze accusés. Ces derniers auraient été " arrosés " directement depuis les caisses de Mpila. Le fait est confirmé par l’envoyé spécial de la BBC venu couvrir le procès du Beach :
Avec le dédommagement des familles, témoigne ce confrère bien informé, « le procès aura coûté plus cher encore au gouvernement de Brazzaville. En effet, selon des documents auxquels la BBC a eu accès, ce ne sont pas les prévenus eux-mêmes qui ont réglé leurs frais de dépenses mais le gouvernement et la présidence de la République : 400 000 euros [plus de 260 millions de F. CFA ou près de 500 000 dollars] pour un bureau d’avocats français, 150 000 euros [près de 100 millions de F. CFA ou plus 187 000 dollars] pour un autre. Les lettres sont signées par le directeur du cabinet du président Sassou Nguesso et par la direction du budget. En définitive un budget assez important qui risque de peser sur le trésor public. Important surtout au vu des résultats, le procès n’ayant pas permis d’établir les responsabilités dans l’affaire du Beach », a révélé le journaliste de la BBC.
550 000 euros donc au moins, versés par Mpila (sans compter peut-être les autres frais comme les frais d’hôtel) juge et partie dans cette affaire.
A noter par ailleurs que l’arrêt de la Cour qui acquitte les 15 accusés repose sur un gros mensonge : celui par lequel on invoque les troubles qui régnaient prétendument à l’époque des faits et qui empêcheraient aujourd’hui de retracer la chaîne de commandement, pour punir les coupables des crimes. Mensonge éhonté : en mai 1999 la capitale était largement sécurisée. Un fait confirmé par le chef de l’Etat lui-même qui avait invité officiellement les réfugiés à rentrer au pays. D’où l’accord tripartite signé entre le Congo, la RDC et le HCR. Mais visiblement la Cour devait souffrir d’un sérieux trou de mémoire. Ça arrive.
N. M.
Parole de conducator
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Fans Club
Il faut croire que les officiers accusés dans l’affaire du Beach étaient informés de l’issue du procès : ils ont mobilisé en nombre, comme sait le faire le PCT, des fans club qui avaient pris place à l’extérieur de la salle d’audience.
Dès l’énoncé du verdict les membres des ces fans club, qui s’étaient déjà fait remarquer y compris dans le prétoire, applaudissant notamment le général Adoua, poussaient des cris de joie. Ces cris de victoire ont continué longtemps dans la ville, venant notamment de quelques soldats visiblement recrutés pour la circonstance.
A n’en pas douter le Congo demeure, hélas, toujours divisé : d’un côté il y a les vainqueurs de la guerre et leurs partisans et de l’autre le reste de la population.
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