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    Corruption, tolérance zéro

    Vendredi 8 avril, 19h00


    En voyage en Belgique au début du mois de mars " l'homme des masses " a déclenché l'hilarité lorsqu'il a évoqué devant l'assistance la " tolérance zéro " en matière de corruption au Congo.

    De fait dans l'auditoire, qui était informé notamment du train de vie de Willy le milliardaire, chacun ou presque avait compris le trait d'humour : la corruption a atteint au Congo des niveaux inégalés. Le plus grave n'est pas que ce fléau ne soit pas combattu. La particularité de ce côté-ci du fleuve Congo est qu'à la différence de certains autres pays, la corruption siège de manière presque institutionnelle, y compris jusqu'au trésor public où elle est cultivée.

    Nous relations il y a plusieurs mois les déboires d'un ancien président du Conseil National de Transition (un organe qui faisait office d'assemblée nationale) auprès de cette administration.

    Parti au trésor public pour effectuer un retrait d'argent liquide pour les besoins de son département, ce dernier fut surpris d'apprendre qu'il devait se délester de 10 % de la somme, un montant exigé par un fonctionnaire au titre du " madéso ya bana " (bakchich) !

    Devant la détermination dudit fonctionnaire, d'ailleurs scandalisé par tant de réticence assimilée à de l'égoïsme venant d'une autorité politique, l'ancien président du Conseil National de Transition avait dû battre en retraite.

    Des faits similaires sont clairement mentionnés dans le dernier rapport du médiateur de la République, Hilaire Mounthault. On peut y lire que l'institution de la médiation fonctionne mal au Congo faute de crédits suffisants. Le rapport précise que le montant des crédits alloués par l'Etat à la médiation a été amputé, au moment du décaissement et au titre de la corruption, par les fonctionnaires du trésor public à qui il a fallu verser un fort pourcentage.

    Pour informer la représentation nationale et surtout la population, le député André Milongo a lu en séance cette partie du rapport officiel. Une lecture qui n'a rencontré qu'indifférence… et sourire benoît du ministre concerné. Tolérance zéro donc.

    A un autre niveau l'auteur de ces lignes a pu lui-même vérifier dernièrement l'état de délabrement des moeurs dans le pays. Parti là-bas pour les obsèques de son père, il a été abandonné lors de l'office religieux par le chauffeur du corbillard à qui il avait refusé une bière que ce dernier exigeait, " pour patienter " à l'extérieur de l'église, disait-il. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir versé auparavant le " madéso ya bana " nécessaire. Total, le chauffeur du corbillard, furieux, s'est éclipsé avec son véhicule; et le corps du défunt a dû faire son dernier voyage dans un taxi aménagé en catastrophe.

    " Ce sont les réalités avec lesquelles nous vivons ", a expliqué le taximan…

    NZ. M.



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