Envoyer cette page à un ami :
Retour
|
Contact
|
Forum
Journal de l'A.DE.CO.F
Le projet
Pour l'alternance
Infos du pays
Dépêches IZF
Dépêches IRIN
Partenariat
Envoyer à un ami:
Email du destinataire:
Votre nom :
Votre email:
Gbagbo, Sassou, Côte d’Ivoire, UA et Françafrique
Mardi 31 janvier, 7h30
Lu sur l'un des sites Internet de Laurent Gbagbo, président de la Côte d’Ivoire (
www.laurentgbagbo.net)
, un entretien avec Jean-Claude Mayima Mbemba
M. Jean-Claude Mayimba-Mbemba est originaire du Congo-Brazaville. Secrétaire général de l'Ong Africa Human Voice international et militant du parti de l'opposant Bernard Kolela, il donne son point de vue sur l'actualité ivoirienne, à l'aune de l'histoire récente du pays de Sassou Nguesso, le tout nouveau président de l'Union africaine.
Vous êtes le Sg de Africa Human Voice international. Que fait concrètement votre structure ?
Elle est née après avoir réfléchi longtemps sur les tragédies africaines. L'Afrique du sud, le Congo-Brazzaville, la RDC, l'Angola, la RCA, le Libéria, la Sierra Léone, La Somalie, le Darfour, le Togo et actuellement la Côte d'Ivoire. Jusque là, ce sont les politiciens qui s'expriment. La société civile, elle, reste muette ou n'a jamais été associée sinon c'est elle qui paie le plus lourd tribut. Je ne nie pas l'existence de plusieurs associations et organisations africaines. Mais chacune travaille dans son coin. Les Togolais traitent leurs problèmes entre Togolais, pareil pour les Congolais… sous le regard impuissant ou hypocrite des autres nations africaines. Devant cet éclatement, nous avons voulu, à travers " Africa human voice international ", créer une plate-forme où toutes ces organisations africaines peuvent se retrouver pour être efficace sur le terrain et au niveau international. Nous voulons travailler dans l'intérêt des peuples africains sans exception. Vous pouvez y adhérer à titre individuel ou collectif. Nous avons un volet droit de l'homme, un volet écologique, un volet politique, un volet économique, un volet social et humanitaire.
Comment votre organisation traite-t-elle le dossier ivoirien ?
Nous sommes une organisation très récente. Elle est âgée d'un an. Dès sa création, le dossier ivoirien a été le tout premier sur la table de l'organisation. Nous avons des contacts avec des organisations ivoiriennes. Telles que le Copaci, le Cojep… Nous avons été frappés par les informations qui ont été révélées dans les livrets : " La guerre de la France contre la Côte d'Ivoire " et " les servitudes du pacte colonial " du Pr. Mamoudou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale ivoirienne. Là où il y a toutes les conventions, tous les accords signés entre la France et les pays africains francophones. Quel que soit le pays africain, les textes sont les mêmes. La seule différence, c'est le nom du signataire et la date de signature.
Beaucoup pensent que la crise ivoirienne est la copie conforme de la crise congolaise. C'est aussi votre avis ?
Absolument. Ce qui se passe en Côte d'Ivoire est bien la copie conforme de ce que nous avons vécu au Congo-Brazzaville. La seule différence est que le peuple ivoirien est descendu dans la rue pour protéger ses intérêts. Défendre sa dignité et sa souveraineté. A travers ces réactions, c'est leur dignité et leur souveraineté qu'ils défendent. Moi, je me pose la question de savoir si nos pays africains sont effectivement indépendants et libres ? Car pour moi, un pays libre, indépendant et souverain doit être capable de battre sa propre monnaie. Le franc Cfa n'est pas notre monnaie. On comprend pourquoi le vrai propriétaire en fait à sa guise. On peut la dévaluer quand on veut. Dix, quinze fois dans l'année. Et les Africains ne diront rien parce que ce n'est pas la leur. Le deuxième point, ce sont les accords de coopération signés depuis 1960 et qui restent en vigueur malgré la caducité qui les frappe. Qui n'ont jamais évolué. Dans ces accords qui sont encore d'actualité, toutes nos ressources, quelles soient en sous-sol ou en surface, ne nous appartiennent pas. Avant leur exploitation, vous devez demander l'avis du pays colonisateur (La France). Pareil pour la vente. Il faut d'abord satisfaire le maître avant de les proposer ailleurs. Pis, quand bien même ces produits sont vendus ailleurs, les pays africains sont contraints de verser 60% des recettes de vente dans les caisses de l'Etat français.
Les Ivoiriens sont seuls, comme les Congolais en son temps à défendre leur souveraineté. Pensez-vous qu'un jour arrivera où les Africains se serreront les coudes pour dire non à la déstabilisation orchestrée de l'extérieur ?
Dans l'état actuel des choses, surtout dans le cas de la Côte d'Ivoire, aucun état africain ne veut prendre le risque de prendre position pour le régime de Gbagbo. Tellement les intérêts sont croisés. C'est sans compter aussi les conséquences d'un éventuel soutien. Tout à l'heure, je disais que lorsqu'on a son pouvoir par procuration, on n’est pas libre de tout mouvement. On aimerait bien faire ceci mais… Aussi, comment la plus part de nos chefs d'Etat arrivent au pouvoir ? Par des coups d'Etat. Vraisemblablement, celui qui prend le pouvoir par un coup d'Etat ne va pas jeter la pierre à son voisin qui veut utiliser les mêmes moyens.
La Licorne dit qu'elle est en Côte d'Ivoire sous mandat onusien. Quelle analyse faites-vous de son statut ?
Si l'Onu qui est une organisation supranationale est présente par l'Onuci, je comprends mal la présence de la force Licorne. Il faut qu'une des deux forces disparaisse au profit de l'autre. Soit l'Onu laisse la Licorne sous son mandat soit la Licorne fait partie intégrante des casques bleus. Mais cette cohabitation me paraît très ambiguë et floue.
Que pensez-vous de la décision du Gti qui a soulevé le courroux des patriotes ?
D'abord, la décision de l'Onu de prolonger le mandat de Gbagbo est une bonne chose. Ce que nous au Congo, on n'a pas obtenu avec Lissouba. Au Congo, l'Onu était d'ailleurs absente. Je pense que dès que le mandat présidentiel est rallongé pour une période précise compte tenu des circonstances en présence, toutes les autres institutions devraient automatiquement bénéficier de cette même circonstance atténuante. Dissoudre le parlement ou ne pas prendre en compte la décision de la cour constitutionnelle, c'est comme si l'on dépouillait le président de la République de tous ses pouvoirs.
Et la feuille de route du Premier ministre Charles Konan Banny.
D'abord, M. Banny, c'est un homme que je ne connais pas personnellement. Je sais qu'il était à la Bceao. Et je sais que M. Banny est un patriote. Je sais aussi que tous les Africains aiment leurs pays. Je pense que M. Banny est conscient de ses responsabilités. En tant que Premier ministre d'un pays comme la Côte d'Ivoire et dans sa situation actuelle, M. Banny ne peut travailler que dans l'intérêt du peuple ivoirien. Et non pour des intérêts personnels. Parlant de sa feuille de route. Il est malheureux que cette feuille émane de la communauté internationale. Car il n'aura pas la main libre pour la mettre à exécution. Depuis Marcoussis il y a trois ans, beaucoup de décisions, beaucoup de feuilles de route ont été émises. Où se trouve aujourd'hui le pays ? Quand vous avez votre pouvoir par procuration, je ne sais pas par quel miracle M. Banny peut travailler sans se référer à celui qui lui a donné ce pouvoir. La France a plus peur de Blé Goudé que du président Gbagbo et c'est une chance non seulement pour le pouvoir d'Abidjan mais aussi pour toute l'Afrique. Aussi la seule crainte de l'Elysée est que le cas ivoirien ne fasse pas école dans le reste du continent. Je suis un Congolais qui a vécu la guerre qui parle. J'ai eu deux sœurs tuées avec leurs enfants en pleine forêt. La guerre a fait aujourd'hui des orphelins, des familles brisées, des morts gratuits. Jusqu'aujourd'hui, le Congo n'a pas d'orphelinat. Nous avons des enfants dits de la rue. C'est un drame, c'est une tragédie. Je demande au peuple ivoirien, à tous les acteurs politiques de dépasser leur orgueil et de montrer aux yeux du monde que les Africains sont mûrs pour régler leurs différends par eux-mêmes. Dans le cas contraire, ce qui va se passer en Côte d'Ivoire sera un vrai désastre et cela risque d'éclabousser la sous-région.
Propos recueillis par Philippe Kouhon (Correspondant Europe)
© www.laurentgbagbo.net
**********
Faux compliment !
Boulette du nouveau Premier ministre ivoirien, Charles Konan Banny, lors de son séjour dimanche à Brazzaville : «
J’ai été impressionné par la connaissance que le président Sassou Nguesso a de la situation en Côte d’Ivoire
» a-t-il déclaré.
Pas sûr que ces paroles aient été reçues à Brazzaville comme un compliment ! En effet c’est faire injure au professionnalisme de « l’homme des masses », un expert en matière de complot françafricain visant à renverser un président démocratiquement élu, que de le soupçonner de ne pas connaître un cas de figure qui lui a permis de revenir au pouvoir. Charles Konan Banny devrait plutôt s'inquiéter : celui-là, il ne perd rien pour attendre !
**********
Libre propos
Les vraies raisons de la cooptation de Sassou
Par
Mutu N'komb
Nous mêmes et beaucoup d'autres, sur ce site, avions dit que « l'homme des masses affamées et assassinées » serait désormais sous le feu de nombreux projecteurs, surtout internationaux. Aussi avait-il pensé polir son image, déjà plus qu'écornée, au-delà des frontières nationales, mais la logique politique et journalistique en décidera autrement.
Sur le plan politique ou diplomatique (souvent la différence est difficile à cerner), Sassou sera beaucoup observé sur le dossier très brûlant de la Côte-d’Ivoire. Qu'est-ce que cet homme, ayant pour ruse comme seul moyen de réflexion, pourrait-il proposer là où Chirac et De villepin ont lamentablement échoué ? Ces deux dinosaures de la Françafrique misent sur leur cheval de Troie, Sassou, pour bouter dehors Laurent, l'I-voirien, le rebelle. La seule ruse, c'est à dire la fine capacité à faire du mal à autrui, pourra t-elle suffire ?
Peut-on compter sur une souricière pour attraper un éléphant même I-voirien ? Déjà que sa cooptation à la tête de l'UA n'est pas bien vue des dirigeants Ivoiriens, tout au moins le camp de Gbagbo. L'approche politique et diplomatique de Sassou avec les Abidjanais ne s'annonce pas de tout repos quand on sait que Laurent essaie de reprendre la main politique sur Konan Bagny, le premier Mini-stre imposé par Chirac sous la bannière à peine voilée de l'Onu. La présence ou l'implication de Sassou dans ce dossier ne fera qu'exaspérer les dirigeants Ivoiriens qui, eux, savent pertinemment qu'il est le clone de Jacquot. Casse-tête N'guessoïste. C'est la croix et la bannière pour Sassou. Sûr et certain, Gbagbo et les Ivoiriens vont réserver une bonne rebuffade à notre héros national. Il aurait fallu laisser ce dossier explosif soit à Thabo M'béki soit Obasandjo. Mais Chirac aime plus la francophonie que le commonwealth.
La France est toujours hantée par ce géant de l'Afrique centrale : La RD Congo, ex-Zaïre, dont le sous-sol recèle de nombreuses ressources minières et minérales.
1974. On voit les troupes Françaises voler au secours du despote Mobutu lors de la rébellion qui éclate dans le Katanga. Cette triste opération sera baptisée plus tard " le débarquement de Kolwezi". En effet, Valéry Giscard d'Estaing pensait, par ce geste, séduire Mobutu afin de bien le contrôler et, donc du coup, "apprivoiser" le natif de Gbadolité. Mais rien n'y fit. Mobutu avoua sa confiance, jusqu'à la fin de sa vie, aux Américains, qui d'ailleurs le trahirent en pistonnant Lissouba et Mandela, dans les eaux Congolaises à bord du navire Outénika.
Donc "l'homme des masses affamées et assassinées" va essayer de relancer ce chantier tant cher à Chirac. Et au nom de la communauté "Bâ ngala", Sassou apporte son appui moral et politique à Bemba, Mô ngala comme lui. N'y a t-il pas déjà à Brazzaville et à Kinshasa des comptoirs diamantaires dont les propriétaires sont Sassou et Bemba.
Sassou va s'impliquer très fortement dans le dossier Kinois en supervisant les élections législative et présidentielle afin d'assurer une victoire quasi certaine à son autre poulain : Bemba. L'année 2006 sera riche en péripéties et en rebondissements avec Sassou à la tête de l'UA.
Comme au beau vieux temps, le PCT a sablé le champagne à la faveur de la cooptation de leur maître à la tête de l'UA. Sassou, sera t-il à la hauteur de sa tâche, pardon, de son mandat ? Très sceptique. Je crains fort que cette apparente percée politique et diplomatique ne soit qu'une victoire à la Pyrrhus.
*********
Et un communiqué de presse de l'opposition extérieure
A lire
Communiqué de presse (doc pdf)
Copyright © Mwinda Janvier 2005 Tous droits réservés.
Conception et Réalisation de Marcel Bikouta