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Un pardon qui fait couler de l'encre et de la salive
Mardi 13 décembre, 6h30
[Dernière minute
Selon la presse du pouvoir Bernard Kolélas s’est rendu hier à Oyo venant de Brazzaville. Ce matin 13 décembre il a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe de Valentin Andembé frère de Sassou décédé à Paris il y a quelques mois. Kolélas était accompagné de ses fils Brice-Parfait et Landry. Etaient également présents sur les lieux Sassou, Mvouba, Maurice Nguesso et plusieurs ministres…]
Le pardon de Kolélas n’a pas laissé nos lecteurs indifférents : il nous a valu une avalanche de réactions. Certains internautes louent la démarche du leader du MCDDI. D’autres au contraire la jugent sévèrement. Voici quelques unes de ces critiques
Ne demande pas pardon qui le veut
Par
Bakala Kimani
Tout au long de cette semaine le « Pardon » de Monsieur Bernard Kolelas fera la Une des Journaux. Tout au long de cette semaine, les congolais vivant au Congo et ceux de la Diaspora émettront des opinions diverses et contradictoires sur ce geste du président du MCDDI. Tout au long de cette semaine, sur les forums des sites congolais, on aura encore droit aux réflexions rationnelles, raisonnables des têtes bien pensantes, mais aussi aux hâbleries et niaiseries de quelques uns qui sont reconnus maîtres en art de diversion et agitation.
Oui, le pardon de « Tata » ne peut laisser personne indifférent. Depuis son retour au Pays, les congolais attendaient quelque chose de lui. Certains avaient déjà leur opinion positive ou négative avant même que le Vieux n’ouvre sa bouche. C’est dire que ce qu’il a pu dire et ce qu’il n’a pas pu dire aura fait et fera toujours l’objet des commentaires controversés. De fait, que Monsieur Kolelas se taise ou non, il est un sujet problématique dans le sens plein du terme.
Voilà que Monsieur Kolelas est sorti de son silence de deuil. Outre des gestes et mots de gratitude adressés aux uns et aux autres, il a pensé demander « Pardon ». Ce pardon, demandé au peuple congolais, du Nord et du Sud, devient une pomme à discorde. Il devient comme le fameux baiser du
Commencement des Douleurs
(Sony Labou Tansi, Seuil, Paris, 1995) qui change la destinée de tout un peuple. Mais alors, comment faut-il comprendre ce Pardon de Monsieur Kolelas ?
Les erreurs de la Conférence Nationale
En demandant pardon au peuple congolais, Monsieur Kolelas a exprimé par là son désir de se réconcilier avec lui-même et avec son peuple. Ce geste ne rappelle pas moins celui du lavement des mains qui a clôturé en quelque sorte notre fameuse Conférence Nationale. Cependant, ce que certains congolais n’ont pas compris, c’est que la réconciliation made in Conference Nationale Congolaise n’en était pas une pour plusieurs raisons dont les plus remarquables sont :
1.
Aucun des acteurs politiques qui se sont lavés les mains, n’avait jamais reconnu les torts qu’ils ont causés au peuple congolais.
2.
La réconciliation s’est faite dans une mouvance générale sans engagement personnel des acteurs politiques
3.
On ne savait pas bien exactement qui se réconciliait avec qui et pourquoi
4.
Monsieur Sassou Nguesso par exemple ne s’était jamais reconnu coupable des assassinats et vols dénoncés et relevés par la Conférence Nationale, il les a simplement assumés de façon théorique et rhétorique.
5.
Mgr Ernest Nkombo, initiateur de la cérémonie de lavement de mains, n’avait pas eu la perspicacité de distinguer la charité de la Justice et de la Vérité auxquelles le peuple congolais avait droit.
6.
Il y a eu lavement des mains certes, mais pas de réconciliation des hommes politiques entre eux, moins encore du peuple puisque personne n’était coupable de rien, tout le monde était innocent.
Demander pardon est un acte courageux et noble
Dans la spiritualité Africaine ne demande pas pardon qui le veut. En effet, celui qui demande pardon est supposé avoir fait un examen de conscience à l’issue de laquelle il reconnaît avoir mal agi. Bien plus, en reconnaissant ses fautes intérieurement, il éprouve le désir ardent de réparer ces torts causés à autrui en s’humiliant devant lui. Dès lors, la démarche consiste à s’approcher de l’autre et lui présenter ses excuses.
En demandant pardon, non pas seulement on réprouve ce que l’on a fait, mais surtout on exprime par là l’intention et la volonté de ne plus refaire la même chose. La réalité du pardon a été plus explicite dans la Bible, plus précisément par Notre Seigneur Jésus qui annonce son Règne comme un Règne d’Amour et de Pardon. La spiritualité chrétienne est sans doute l’une des rares au monde qui a su mettre en valeur le sens du pardon, pour celui ou celle qui demande et pour celui ou celle à qui on le demande. Car Jésus dans les Évangiles demande de pardonner jusqu’à sept fois soixante-dix fois, c’est-à-dire de pardonner de manière illimitée ou presque.
Ainsi, contrairement à ses amis et compagnons dans la bêtise humaine, j’ai cité Messieurs Sassou Nguesso, Lissouba Pascal, Yhombi, Tchystère, etc. Monsieur Kolelas a accepté de s’humilier devant le peuple congolais et de se repentir pour tout le mal qu’il a fait. Ce faisant, le Bon Sens recommande que l’on respecte ce geste et que l’on se garde de le juger.
Toutefois, il n’est pas exclu que le pardon de Monsieur Kolelas soit seulement animé de motifs politiques ; néanmoins quand bien même il en serait ici, il reste un acte noble car ses amis et compagnons du Club (les acteurs politiques du Congo), ne se sont jamais donné la peine de faire un geste pareil. Ils sont trop orgueilleux pour demander pardon. Et n’ont au fond rien à se reprocher car à force d’être adulés par leurs partisans, ils ont fini par croire qu’ils sont des dieux. En tant que tels, ils n’ont aucune raison de demander pardon car les dieux ne peuvent s’humilier devant leurs créatures ; les dieux sont parfaits et irréprochables.
Si seulement Monsieur Kolelas pouvait faire école
Le pardon de Monsieur Kolelas est un acte louable et noble en soi. Il ne sera pas effectif quand Monsieur Kolelas se retirera de la scène politique congolaise, moins encore quand il se ralliera aux hommes du Pouvoir ou à ceux de l’Opposition. La demande de pardon que Monsieur Bernard Kolelas vient de faire sous-entend une évolution ou révolution dans le comportement du leader politique du MCDDI. Par conséquent, tout ce que le peuple est en droit d’attendre de lui, c’est un comportement différent, comme il le dit lui-même, où l’Homme sera au centre de ses actions politiques. Cette pensée de faire de l’Homme la fin des actions politiques ou simplement des actes de la raison est exprimée aussi par Emmanuel Kant (Cf. Critique de la Raison Pratique) et après lui par la spiritualité Matsouaniste (Cf. l’ouvrage de Kolelas sur le Matswaniste).
Le peuple congolais attend des acteurs politiques un peu d’humilité, moins d’arrogance, d’orgueil et un peu plus de fierté patriotique. Il est inconcevable de voir des politiciens admirant les prouesses des politiciens et techniciens occidentaux et être incapables de tenter de les imiter dans ce qu’il y a de positif. Nous osons croire que Monsieur Kolelas vient d’ouvrir là un chemin qu’emprunteront d’autres acteurs politiques de notre pays : un chemin qui consiste à faire un examen de conscience, à reconnaître ses torts, à demander pardon, et à changer de mentalité à défaut de donner le témoin aux cadets pour le bien des générations futures. Un chemin qui consiste à penser politique en terme de bien être, du développement du pays, de la croissance, de création d’emplois, de paix et sécurité, etc. Un de nos écrivains écrivait : «
Heureux le pays où les hommes fuient la honte
» (Sony Labou Tansi), qu’il me soit permis d’ajouter : Plus heureux encore le pays où les hommes politiques mendient le pardon du peuple.
Bakala Kimani
aymardk@yahoo.fr
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Un traître à la cause de l´opposition
Par
Un Congolais
Pour quelques kolélistes esclaves de leur engagement pour un homme et non pas pour des idées, c´est un acte tribaliste que de dénoncer la manière minable dont le leader du MCDDI gère sa relation avec Sassou. Qu´importe, le jeu de la démocratie veut que chacun puisse exprimer son opinion dans le respect de l´autre.
Pour ma part, je constate avec amertume que Kolélas n´est pas à la hauteur de l’enjeu. Lorsque j´ai soutenu il y a deux mois qu´il fallait encourager le retour de Kolélas à Brazza, je ne croyais nullement, de manière naïve, que le maître de Mpila ferait des fleurs à son ancien allié. Mais j´ai cru naïvement que B. Kolélas, autrefois homme de courage à défaut d´être un visionnaire en politique, saurait se servir de l´occasion de sa présence sur le territoire national pour créer du mouvement dans un paysage politique congolais figé depuis huit ans. Après tout, cet homme avait bien essayé par au moins deux fois de rentrer à Brazzaville en catimini en dépit des menaces que la justice du dictateur faisait peser sur sa tête. Une fois passé les 45 jours de deuil, qu´est-ce qui devrait l´empêcher de relancer l´action de l´opposition intérieure même si cela devait l´amener droit devant ses juges ? Je me suis trompé.
Bernard Kolélas est piégé
Voici donc que Békol ne se contente pas seulement de demander lui seul pardon au peuple congolais pour ses crimes (dites-moi, s´il a tué et torturé lui, a-t-il procédé à des exécutions froides et planifiées de ses compatriotes en tant que président de la république ?) mais en plus il fait l´éloge sans nuance de Sassou-Nguesso, un homme qui l´a soutenu dans son deuil. La coupe est pleine. Cet homme a agi comme un traître à la cause de l´opposition. Il faut être aveugle pour ne pas voir que cet éloge sert l´image d´homme fréquentable que Sassou peine à acquérir sur la scène internationale. Il faut avoir la berlue pour ne pas constater que Bernard Kolélas est piégé, politiquement neutralisé par l´épée de Damoclès de cette justice sassouiste à laquelle son comportement contribue à donner du crédit. Il faut lire l´actualité avec d´autres lunettes que celles de la raison pour ne pas comprendre que Kolélas a été vidé de son venin, qu´il est désormais incapable de mordre. C´est donc bien cela, ceux qui ont mangé dans la main de Sassou (comprenez les pétro-CFA du Congo qui sont devenus le patrimoine d´un clan) sont à jamais changés en chiens-couchants de leur maître.
Kolélas a été vidé de son venin
Je suis désolé pour Békol mais alors je me demande ce que les opposants congolais sont allés faire autour de lui lors de cette conférence de presse. Peut-être l´opposition a-t-elle simplement été piégée elle aussi, surprise par le message de résignation et d´abdication de celui qui fut son leader le plus en vue ?...
Je suis écoeuré par le lamentable renoncement de Békol mais en même temps je le vois comme une opportunité donnée à la jeunesse de comprendre qu´il n´y a pas d´homme-dieu et de travailler à s´organiser autour de nouvelles figures pour libérer le Congo du joug de la dictature néocolonialiste qui nous prive du droit de vivre. Et si quelqu´un s´oppose à mon analyse, je le mets au défi de produire des éléments de projection permettant d´entrevoir le bien que le Congo peut tirer de la déclaration de Bernard Kolélas.
Oh ! pauvre Congo !
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Repérer les actes louables
Par
Kitmien
Bigre ! Le congolais est assez spécial !
Il boude un politicien qui demande pardon et lui prête mille et une intentions scabreuses avant l'heure !
Il compte néanmoins sur ce "repenti" pour tout changer en mieux dans son pays !
Il oublie aisément tous ceux qui en réalité peuvent apporter le changement aujourd'hui, qui ont le pouvoir, la bourse, les soutiens européens de poids !
Il charge le plus faible de tous les maux, fait fi des véritables responsables de ses malheurs depuis la nuit des temps jusqu'à ce jour !
Est-ce toujours et encore son relent de tribalisme qu'il n'arrive pas encore à domestiquer ?
Alors, un seul conseil : prends cher congolais du temps, oui du temps pour observer le monde actuel ! Tu devrais pouvoir être capable de voir les quelques pays qui prennent la bonne direction après leur errement certain.
Tu verras comment les responsabilités se répartissent et comment repérer les actes louables pour lesquels il faut garder son espérance en vie !
Bonne soirée et à bientôt de te voir un peu plus conscient !
Kitmien
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Traquenard
Par
Moussitou-Youlou
L’article qui nous est présenté fait état - entre autres - de la reconnaissance que M. Bernard Kolélas exprime à l’égard de ceux qui l’ont aidé, assisté ou soutenu pendant son exil et plus récemment,à l’occasion du décès de son épouse. Il remercie plus particulièrement M. et Mme Sassou Nguesso pour leur assistance lors du décès.
L’on peut noter qu’il s’agit là d’une reconnaissance sélective qui caresse " le couple présidentiel " dans le sens du poil en même temps qu’elle passe sous silence le soutien massif - de Bamako à Brazzaville via Paris - des milliers de Congolais anonymes. J’espère que M. Kolelas arrive à faire dans son for intérieur le distinguo entre l’assistance INTERESSEE, le COUP POLITIQUE d’une part et l’assistance DESINTERESSEE, le COUP DE COEUR du CONGOLAIS lambda d’autre part. Qu’importe !
A vrai dire, ce qui me sidère ce n’est pas tant la reconnaissance sélective de M. Kolelas que la reconnaissance par lui de l’accusation et de la condamnation du 4 mai 2000. On se rappelle que Bernard Kolélas fut accusé puis condamné par contumace en 2000 pour séquestration, viol, arrestation arbitraire... Le fait de remercier " le gouvernement et le parlement Congolais pour la mesure d’amnistie prise en sa faveur " constitue un aveu implicite des faits qui lui sont reprochés. M. Kolélas se rend-il compte dans quel traquenard il se laisse choir ? Comprend-il que ces/ses propos pourront être évoqués comme éléments à charge dans des poursuites judiciaires subséquentes ? Qu’on ne s’en étonne pas !
C’est la marque de fabrique de nos prétendus hommes politiques. Ils vivent au jour le jour. Ils privilégient le court terme au détriment du long terme. Il naviguent à vue et n’ont aucun sens de la projection pour eux-mêmes et pour les Congolais. Ils se prennent pour ce qu’ils ne sont pas : ce sont des dieux vivants, des messies, des génies incompris et en avance sur leur temps,des chefs nés... Enfin, j’aimerais rappeler que le pardon est un acte entre deux parties : l’auteur et la victime d’un préjudice. Pour que le pardon ait un sens, il faut que l’auteur le demande et que la victime l’accorde. Or, au Congo les " hommes politiques " qui sont souvent les bourreaux de leur peuple font semblant de demander pardon et font une croix sur la question de savoir si les victimes acceptent de le leur accorder ou non. Quel mépris pour le peuple Congolais !
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Un acte courageux
Par
Bantou Sagesse
LE PARDON QUELLE QUE SOIT SA NATURE est un acte courageux, dans la donne politique congolaise faite des engagements non tenus et de crapulerie en tout genre; il faudra être vigilant et suivre ses actes, son comportement et ses engagements politiques pour l'aider et aussi lui rappeler ses devoirs vis à vis de ce pays, qu’il ait le courage politique de s'assumer en tant que responsable vis à vis de M. Sassou et du reste de l'opposition. Pour le moment il bénéficie des droits de la " République " mais il ne s'agira pas de s'endormir sur ses lauriers de privilèges au point d'oublier la condition d'enfer de ce peuple que lui et les autres ont contribué à asservir.
Enfin j'espère que d'autres exilés à l'instar de cette expérience pourront rentrer au Congo et qu'il n'aura pas deux poids deux mesures. Car la République ne doit connaître ni ruse ni roublardise grossière. Le président Sassou sait manoeuvrer avec dextérité et précaution, tant mieux, mais nous pensons que le pardon de Kolelas à Sassou et au peuple congolais contribuera à élever le niveau moral de la politique Congolaise dans l'ensemble. Que les politiques congolais prennent exemple sur la grandeur et non la mesquinerie ou la fourberie pour exister.
Bon courage au peuple congolais habitué à supporter les conneries de ses irresponsables dirigeants.
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Conception et Réalisation de Marcel Bikouta