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    « N’ayez pas peur ! »

    Vendredi 2 septembre, 6h00


    Les peuples opprimés finissent toujours par s’émanciper et faire tomber ceux qui les oppriment. Tout système corrompu trace la voie de son propre péril et aucun spectateur extérieur, en fût-il le générateur, ne peut lui prêter secours au moment de sa déchéance. N’ayez pas peur !


    Point de vue


    Par Erutan Kimbembe


    « N’ayez pas peur ! » ou « Ne craignez pas ! » Ces mots, devenus célèbres, sont attribués au pape Jean-Paul II, exhortant son peuple de Pologne à faire preuve de courage et tenir fort dans le combat contre le mal qu’incarnait le système communiste dans son pays. Grande inspiration historique qui galvanisa le mouvement ouvrier polonais dans sa lutte pour la liberté syndicale, et accompagna les polonais épris de justice dans leur combat contre le totalitarisme, l’arbitraire et les violations des droits humains par les dirigeants communistes ! Les conséquences, bien connues, ne se sont pas limitées à la seule Pologne. Le soulèvement de Solidarność, s’il n’a pas enclenché la révolte des peuples contre des régimes totalitaires à travers le monde, s’inscrivait toutefois dans une perspective planétaire signifiant que les peuples opprimés finissent toujours par s’émanciper et faire tomber ceux qui les oppriment. Ainsi le système communiste a-t-il été victime d’un tsunami politique dont il ne peut se relever. Le monde entier en a allègrement été témoin sans d’ailleurs s’apitoyer sur le sort d’un système qui était devenu moribond et corrompu.

    On en retient que tout système corrompu trace la voie de son propre péril et aucun spectateur extérieur, en fût-il le générateur, ne peut lui prêter secours au moment de sa déchéance. La morale que les humains ont en commun fait que l’on n’éprouve nullement de pitié pour un système sclérosé par la corruption et le mépris de la vie humaine lorsqu’il s’effondre, surtout si cet effondrement est le résultat d’une révolte populaire marquée par le désir du progrès et la réhabilitation de la dignité humaine. Les soutiens dont bénéficie le régime de la corruption pendant son règne se font muets lors du déclin, et hypocritement s’approprient les principes moraux de respect des droits humains, car selon toute bienséance, honni est celui qui s’associe aux gouvernements corrompus. On le verra par exemple lorsque les peuples d’Afrique francophone s’émanciperont : les gouvernements français, de gauche ou de droite, soutenant les dictatures africaines et se nourrissant de la corruption qu’ils y maintiennent, se proclameront hypocritement défenseurs des droits des peuples dont ils ont contribué à bafouer la dignité. L’expérience nous le confirme : au Tchad, lors de la chute de Hissène Habré, en RCA, avec le déclin du régime de Bokassa, au Mali lorsque Moussa Traoré tombait, etc.

    L’identification du but

    « Ne craignez pas ! » Le courage est l’arme de ceux et celles qui ont un but à atteindre. Pour les Congolais soucieux de la dignité humaine et qui voient leur pays confisqué par des forces du mal soutenus par des complicités internes et externes, cette exhortation et le processus historique qu’elle avait initié pourraient servir d’inspiration. Il convient donc que ces âmes nobles congolaises éprises du respect de la dignité humaine et de l’amour de leur pays, se fixent un but, car l’identification du but pourrait animer une action bien pensée et non précipitée. Remarquons que pour que le renversement d’un régime soit irréversible, il faut une méthode bien soutenue, une présence ininterrompue du but dans l’esprit, une action non distraite par des tentations de corruption et par la poursuite de l’intérêt personnel. L’identification du but, la méthode et l’action de la révolte trouvent leur socle dans une identité de vue et une unité des esprits.

    La vigilance s’impose donc pour autant qu’elle permet de se prémunir contre le principe de « divide et impera » (diviser pour régner) dont peut se servir le régime que l’on veut destituer. L’on sait que le régime politique actuel qui ruine le Congo s’est servi de cette maxime. Ceux qui ne se sont pas fait avoir par l’illusion qu’il maintient ainsi doivent s’armer sans se compromettre d’une discipline personnelle de garder présent dans leur esprit l’objectif ultime de la libération du pays et l’éradication du mal qui le gangrène. Cette discipline permet aussi de distinguer la perspective globale de libération nationale et les sentiments et désirs personnels. Le progrès personnel et le développement national ne se contredisent pas, mais c’est la priorité que les chefs politiques donnent aux intérêts personnels qui détruit. L’engagement politique n’est pas une aventure, il constitue plutôt, comme le concevrait Aristote, un service pour le bien de la république. Il existe dans l’histoire en Afrique et ailleurs de bons exemples dont il est possible de s’inspirer.

    La souffrance comme source d’énergie

    L’identification du but à atteindre requiert un discernement des sentiments qui animent l’action à entreprendre. Par-delà le sous-développement, la régression et la pauvreté que les dirigeants congolais d’aujourd’hui, par leur cupidité, insouciance et incompétence notoires, infligent à la nation tout entière, se vivent des souffrances humaines et individuelles dont il faut éradiquer la cause. Celles-ci sont à reconnaître et imposent un devoir de promouvoir inexorablement un souvenir ad perpetuam rei memoriam (à la mémoire éternelle du fait), car il ne faut jamais oublier. Les souffrances humaines et individuelles doivent pérenniser la mémoire en suscitant une volonté de participer à l’édification d’une société dans laquelle leur cause est bannie. Elles participent de l’énergie qui anime le mouvement de révolte, mais ne doivent pas supplanter le but global de la reconquête du pays. La logique est simple : pour éliminer ces souffrances individuelles dues à la régression du pays et à l’incompétence et la cupidité de ses dirigeants, il faut se donner et atteindre le but de reconquérir le pays et le développer.

    D’autre part, ces souffrances ne doivent pas susciter des peurs de s’engager dans le combat de reconquérir le pays. Les violences des guerres, les tueries de décembre 1998 et les assassinats ayant une dimension de nettoyage ethnique (les Disparus du Beach, par exemple) ont à coup sûr réussi à instiller la peur dans les esprits de beaucoup de Congolais. On pourrait se dire qu’un régime si bien établi et soutenu ne peut être destitué, surtout que les alliances nordistes dont il bénéficie au sein de l’armée dominée par les groupes ethniques du Nord du pays lui accordent une base apparemment inébranlable. Pourtant il y a lieu de ne pas craindre, car la force qui pourrait le faire tomber n’est pas militaire. Le système communiste, soutenu pourtant par de puissants réseaux internationaux et des armées reconnues comme parmi les plus fortes du monde, n’a pas été destitué par une force militaire ennemie. Il s’est effondré par une confrontation avec une force invisible et non moins capable : l’énergie insondable que produisent l’intelligence, la volonté, la détermination, la foi des individus et leur courage. Cette énergie s’est concrétisée en une méthode, une façon d’agir, une compréhension du but et une communion sans faille des esprits. Tout cela a pris la forme d’une action non-violente qui a battu les armées et des polices les plus redoutables de la planète et des systèmes d’espionnage les plus impénétrables. « Ne craignez pas » puisque vous avez des ressources intérieures qui sont indomptables et irréductibles, qui peuvent faire chuter tout régime corrompu, aussi dur soit-il.

    Ce qu’il faut craindre cependant c’est que les souffrances que nous avons endurées ne se muent en une réaction négative qui incite à une violence anarchique nourrie d’un désir de vengeance personnelle. Elles contrediraient ainsi la production d’une méthode capable de déjouer toutes les stratégies des dirigeants au pouvoir, quels qu’ils soient. La vengeance, si elle a raison d’être, doit se traduire en un mouvement populaire dans le but non pas de réduire l’initiative collective à l’action d’infliger des outrages personnels à des individus. La vengeance collective se dresse contre un système entier est la révolte des peuples qui se soulèvent pour éradiquer les causes du mal, créant ainsi une nouvelle manière d’agir et de voir la vie humaine, de gérer le système politique, économique et social. Le péril, fût-il physique ou social, des individus qui créent et maintiennent le système de corruption résultera de la déchéance du régime qu’ils ont produit et non pas de la vengeance personnelle. Celle-ci ne touche pas le système, elle n’atteint que des individus. Par ailleurs comment espérer atteindre des individus si bien protégés par un système aussi structuré ?

    Discerner pour dépasser la vengeance

    La nation ne se reconstituera et n’écartera les mauvais dirigeants que si les énergies individuelles se mettent ensemble, car c’est par l’effort collectif du soulèvement général, et non pas la vengeance personnelle, que sera enfin éradiqué le poison qui ruine le Congo. La vengeance personnelle a tendance à rendre le mal pour le mal et l’approche qui la structure n’aboutit qu’à la destruction. La vengeance personnelle, puisqu’elle se concentre sur l’outrage personnel à réparer ne satisfait que les sentiments de ceux qui se vengent, renforçant la crise dans laquelle la société se trouve déjà plutôt que de l’en sortir. De ce fait, la vengeance perpétue le cycle de destruction.

    Ce qui se passe au Congo en termes de manque de valeurs morales dans les comportements de dirigeants et de paupérisation de vies humaines, de régression institutionnelle et de manque d’intégrité constitutionnelle, tout cela démontre le résultat de l’usage des institutions de l’Etat dans le but d’une vengeance personnelle. Il est dit que la vengeance est un plat qui se mange froid. C’est dire que les chefs politiques qui dominent aujourd’hui ont développé leurs intentions de réparer les outrages personnels pendant longtemps tandis que leurs actions et méthodes pour conserver et consolider le pouvoir s’étaient approfondies au fil du temps. Leur vengeance, secrétée ténébreusement dans la profondeur de la pensée, semble avoir réussi pour les besoins personnels, entraînant cependant l’ensemble de la société congolaise dans le pétrin.

    Les dirigeants politiques actuels ne sont pas les seuls à être mus par cet esprit. On pourrait aussi le dire des sentiments de ceux qui les ont précédés, car dans l’ensemble des dirigeants de la période de Lissouba, il y en avait aussi qui se vautraient dans les rôles de commande dont ils se sentaient exclus pendant des années. Se targuant de leur tour de commander, certains associés de Lissouba n’ont pas fait preuve de plus de magnanimité que ceux qui les ont renversés. Pensez-y du plus profond de votre esprit et avec honnêteté et intégrité, avant de réagir à cette affirmation. En voulant trop vite rejeter ce constat, l’on s’empêche de discerner et l’on risque fort de répéter les mêmes erreurs. La conséquence en est que le cycle de vengeance se prolonge et continue de faire régresser le Congo. Il est nécessaire d’accepter le défi de s’interroger.

    Un défi pour tous les Congolais sans distinction

    Voici un défi auquel le peuple congolais et ses politiciens de tout bord doivent faire face : considérons ce cycle de vengeance dans lequel les politiciens congolais entraînent le pays, et osons le comparer, si nous en avons le courage, avec l’esprit qui a animé Nelson Mandela et ses compagnons de lutte anti-apartheid. L’esprit de ces derniers a engendré un mouvement populaire soutenu par des aspirations profondes de retrouver la dignité humaine et de mettre fin à un système inique qui réduisait l’humain. Le mouvement populaire de l’Afrique du Sud, mené par des chefs consciencieux avait assumé, sans le perdre de vue, un objectif noble d’une nouvelle Afrique du Sud, en le plaçant dans une perspective globale d’édification d’une société juste dans laquelle les souffrances personnelles pouvaient aussi pourtant légitimement s’exprimer, non pas comme une vengeance personnelle, mais comme un triomphe populaire sur un système aberrant et abominable. On se souvient notamment de la Commission Vérité et Réconciliation.

    Grâce à l’intégrité morale et aux convictions politiques non compromises des leaders de l’ANC et leurs alliés, la peur que suscitait le système de l’apartheid par ses violences avait pu être vaincue. Il en est de même pour le mouvement ouvrier en Pologne s’appuyant sur les convictions morales sans faille et le respect de la vie humaine qu’avaient ceux qui l’ont soutenu. En outre, il a fallu aux dirigeants de la lutte anti-apartheid et leurs camarades le courage de se dépasser, de dépasser les tentations de vengeance. Le résultat est que l’Afrique du Sud poursuit un développement politique qui jusque là semble consolider sa jeune démocratie, tandis que l’intégrité constitutionnelle respectée y renforce les capacités institutionnelles, comme on l’a observé par exemple dans l’acte posé par le Président Thabo Mbeki en limogeant son Vice-président Jacob Zuma, malgré la popularité de ce dernier dans les rangs de l’ANC.

    La voie de la libération

    Pourquoi le Congo n’a-t-il pas été jusque là capable d’un tel progrès ? La réponse, peut-être discutable mais vrai dans une large mesure, est que le Congo souffre d’un mal profond de manque de vrai leadership. Beaucoup d’hommes (pas tous cependant) qui ont dominé la scène politique n’ont pas le charisme et le courage moral d’un Mandela. Celui-ci n’est pourtant pas un dieu, il n’est qu’un homme parmi d’autres. L’évolution de ses sentiments—de la lutte armée à une réconciliation profonde—a révélé qu’en assumant ses responsabilités humaines et politiques, il n’a pas donné libre cours à des motivations de vengeance. Il n’a pourtant pas oublié ses souffrances personnelles et celles de son peuple, mais parmi ces choix personnels, s’imposaient la nécessité de se libérer des sentiments inhibiteurs et le refus radical de collaborer avec le système qu’il combattait, lequel pourtant avait essayé de corrompre sa conscience. Son rejet de la vengeance personnelle et du compromis ou toute alliance avec un système ignoble est l’expression d’une liberté totale qui finit par vaincre le mal et renverser le système qui l’incarne. Cette liberté engendre une action durable de réhabilitation.

    Il faut certes éliminer toute nuisance que représentent les gens de mauvaise foi, mais cette élimination, bien que pouvant être physique afin d’éviter la reproduction du mal, doit avoir pour but non pas la vengeance, mais plutôt la protection des droits et du système collectif contre toute corruption dans l’avenir. La vie de Mandela nous apprend que pour que l’effort de libération produise une action durable, il ne doit donc pas être motivé par des sentiments de vengeance. On ne se libère pas lorsqu’on se venge. Se libérer implique prendre des distances vis-à-vis des conditions réductrices afin d’avancer. La libération constitue tant une séparation qu’un engagement en vue du progrès, en faisant tomber des chaînes de servitude, d’oppression et de réduction.

    La méthode, la perspective et l’action de Nelson Mandela et ses compagnons pourraient inspirer plus d’un politicien congolais. Elles supposent que la libération est positive et constructive tandis que la vengeance est une réaction négative et destructive. Le Congo tout entier, non pas une région spécifique, est aujourd’hui victime d’une telle réaction. Pour tout congolais, il convient de réaliser que la libération nationale commence par une attitude individuelle qui est le courage de se distancer des approches personnelles et publiques qui font régresser le pays. « N’ayons pas peur » de nous libérer de ces attitudes régressives.

    Une démarche individuelle déterminante

    Si la vengeance se prépare longtemps, la révolte des peuples est aussi un processus qui naît lentement et progressivement dans les esprits de ceux qui se soulèvent contre leurs oppresseurs. Alors que des conditions peuvent empêcher une vengeance de se réaliser, la révolte des peuples, quant à elle, plus pressante et globale, est inéluctable, surtout si le système à renverser ne s’améliore guère. Son effet est plus radical qu’une simple vengeance. Par un mouvement invincible et une turbulence souvent inattendue, la révolte des peuples opprimés élimine, quelquefois même physiquement, les oppresseurs et leurs complices tout en éradiquant le système d’oppression.

    En observant les révoltes populaires, il n’est pas absurde de penser que la force d’un soulèvement et l’éveil de l’esprit naissent d’une insoumission secrète de la conscience individuelle qui opère un dépassement prométhéen des systèmes établis et des idées qui en découlent. Lorsqu’un système corrompu croit vaincre physiquement et à travers des machinations, la conscience individuelle de chaque citoyen peut refuser d’absorber ce dont le système veut la nourrir. Dans les faits, c’est refuser en soi la validité, la légitimité et les politiques du régime de corruption.

    Il n’y a pas plus libre qu’une conscience individuelle qui refuse de se laisser prostituer. C’est ainsi que commence l’indépendance qui nie à l’oppresseur et à l’arbitraire la possibilité d’avoir le dernier mot ou de régenter la vie des individus comme il lui plait. C’est que le changement et la révolte débutent là où l’oppresseur ne peut atteindre, c’est-à-dire dans le secret de la conscience individuelle qui ferme la porte à la vision des choses promue par les dirigeants politiques. « N’ayez donc pas peur » puisque si vous fermez la porte de votre conscience, aucune force, militaire ou psychologique, même la plus redoutable, ne pourra y pénétrer pour vous anéantir. Rappelez-vous les récentes révolutions tranquilles en Georgie et en Ukraine.

    Quelle est donc l’action à entreprendre pour enclencher une indépendance personnelle d’abord, et sociale ensuite ? La révolte populaire constitue un mouvement collectif des consciences individuelles qui trouvent le système inadéquat et oppresseur, et refusent ainsi de lui accorder le dernier mot. Pour être plus concret, chaque individu qui croit que les choses doivent changer au Congo Brazzaville doit nier dans sa conscience la légitimité du système politique en place et de ceux qui le gèrent. Dans le secret de sa conscience indomptable, chaque citoyen qui sent la nécessite du changement doit refuser de reconnaître le titre de Président en celui qui est aux commandes des affaires publiques dans le pays, ainsi que les titres des autres au pouvoir.

    En termes plus clairs, il s’agit de dire silencieusement chaque jour dans sa conscience : « un tel (en disant son nom silencieusement) n’est pas mon Président ; ce gouvernement n’est pas mon gouvernement, etc… » Penser c’est créer une énergie qui fait exister. Si vous pensez que telle personne n’est pas votre président et que son gouvernement n’est pas votre gouvernement, vous créez une énergie qui vous rend libre vis-à-vis du système qu’ils ont créé. Dans le temps, cette énergie générée par plusieurs consciences individuelles finira par propulser un mouvement irréversible qui entraînera le renversement des forces du mal que l’on veut renverser. Les peuples ont toujours vaincu les systèmes oppresseurs, même si cela doit prendre du temps.

    Enfin, la mise en branle de ce processus commence dès l’instant que chaque conscience individuelle éprise de liberté et soucieuse du respect de la vie humaine nie la légitimité du régime au pouvoir et lui ferme la porte de la conscience. « Ne craignez pas » puisque aucune armée ne peut abattre l’invisible. Cela veut dire que l’armée et les forces publiques, indéniablement partisanes du pouvoir plutôt que protectrices du peuple, ne pourront pas atteindre le refus secret que vous entretenez dans votre conscience. La liberté est avant tout une attitude avant d’être une action, et en tant que telle, elle rend forte la personne qui l’exerce dans sa conscience.

    Le temps de l’action viendra lorsque les énergies des consciences auront rassemblé la force nécessaire et inspiré la méthode à suivre. Aucun acte des gouvernants ne pourra affaiblir les consciences qui refusent de collaborer. Le pouvoir politique comporte une dimension psychologique sur laquelle repose l’assurance qu’ont ceux qui l’exercent, en ce sens que ces derniers se sentent lésés lorsqu’ils ne sont pas reconnus et respectés et ils sont inconfortables s’ils ne réussissent pas à manipuler les consciences. « N’ayez donc pas peur » de leur faire peur par votre conscience libre. « N’ayez pas peur » d’exercer sur eux votre pouvoir de personnes libres et impossibles à manipuler….

    Erutan Kimbembe



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