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    La crise du Pct met à mal la majorité politique de Sassou

    Lundi 5 septembre, 7h00


    « Denis Sassou Nguesso a réussi un exploit : il a créé l’opposition dans son propre camp ! ». Cette réflexion émane d’un journaliste congolais de la presse privée. Et, au regard de la crise qui secoue le Parti congolais du travail, on ne peut que très largement la partager. Car, entre l’aile des « conservateurs » conduite par Lekoundzou Itihi Ossetoumba et Oba Apounou, et celle des « rénovateurs » dirigée par Ambroise Noumazalaye, la rupture est consommée. Les premiers se situent dans une dynamique de préparation d’un congrès – prévu pour octobre prochain - pour sauver le Parti congolais du Travail, ou ce qui peut encore l’être, alors que les seconds sont décidés à « tuer deux fois Marien Ngouabi » en voulant substituer au Pct une grande formation politique, sur le modèle de l'UMP en France.

    Pour Denis Sassou Nguesso, qui s’est présenté aux dernières élections présidentielles sous le signe d’un éléphant, le Pct fait à présent partie du passé. D’ailleurs, lors des dernières festivités marquant le 45eme anniversaire de l’indépendance du pays, à Impfondo, les militants du Pct ont été interdits de défiler, alors que dans le même temps, ce privilège était accordé aux autres partis et associations proches de la mouvance présidentielle.

    Ces dernières semaines, c’est par conférences de presse, interviews et autres communiqués de presse interposés que les deux camps se sont réglés les comptes, se lançant au passage des injures rappelant l’époque à peine révolue du monopartisme. Pour mettre fin à ce spectacle, Alain Akouala, le ministre de la Communication, s’est proposé il y a quelques jours, d’entreprendre une médiation entre les deux camps. Mais les conservateurs lui ont opposé une fin de non recevoir au motif qu’il est déjà trop tard pour eux d’enterrer la hache de guerre.

    Si Ambroise Noumazalaye bénéficie d’une majorité au sein du bureau politique du Pct, Lekoundzou Itihi Ossetoumba compte, lui, sur le soutien d’une grande partie des membres du comité central de ce parti. D’où son empressement d’aller au congrès.

    « On peut affirmer que dans cette guéguerre, c’est Denis Sassou Nguesso qui joue gros, car sa majorité politique est aujourd’hui écartelée entre les deux camps », confie un autre journaliste congolais de la presse officielle. Avant d’ajouter : « lors de sa conférence de presse tenue vendredi dernier, Lekoundzou Itihi Ossetoumba a affirmé que ce conflit ne touchait pas le président du Pct. Mais, personne n’est dupe. Car, tout le monde se rend compte que ce conflit apparaît, à certains égards, comme une confrontation personnelle entre Denis Sassou Nguesso et le chef de file des conservateurs ».

    En tout cas, à Brazzaville tout le monde voudrait bien connaître le point de vue des militaires face à ce conflit qui ravage le PCT. Même si certains officiers, notamment ceux qui ont joué dans la parodie du procès des disparus du Beach de Brazzaville, éprouvent beaucoup de peine à se remettre de cette épreuve d’humiliation que « l’homme des masses » leur a infligée.

    Franck Naya

    ****************

    La vie à Mpila


    Tout ne serait pas rose au palais de Mpila.
    Contrairement aux apparences. Dans les cercles du pouvoir on explique ainsi que le procès des « disparus du Beach » aurait laissé de profondes traces. Heureusement, l’Alima (1) des pétrodollars est en crue et déverse abondamment des cascades de billets de banque. Une manne bien utile, par exemple pour arracher le sourire de quelque général à la mine renfrognée, mécontent et humilié d’avoir été mis sur le banc des accusés par la justice.

    Il semble en effet que jusqu’au verdict, certains officiers, méfiants, aient redouté un ultime tour de malice du « petit malin » dont parlait le capitaine Motandeau à la Conférence nationale. Pour prévenir toute mauvaise surprise ils se seraient donc employés à agiter les miliciens de leurs écuries respectives, inspirant des tracts d’intimidation distribués dans la ville. Le message semble avoir bien été compris au palais où, selon certains témoignages, la tentation aurait été grande d’offrir en sacrifice quelques épaules galonnées, histoire de rendre le procès un peu plus crédible et de sceller la réconciliation nationale mais aussi d'en profiter pour effectuer un petit nettoyage dans les rangs. Mais les boucs émissaires choisis ont éventé le coup et se sont rebiffés à temps. Va donc pour l’acquittement généralisé car il aurait été intenable de ne condamner que le « petit sergent » et le « pauvre civil ».

    Mais l’acquittement gracieusement distribué entraînait ipso facto de passer à la caisse : laisser partir les familles des victimes les poches vides aurait créé un malaise encore plus grand.

    Or là également, le serpent se mord la queue. Cette solution semble avoir déçu quelques sujets difficiles : certains officiers, moins coupables que d’autres ou tout à fait innocents dans cette affaire, considèreraient que les acquitter de la même manière que ceux dont les mains seraient un peu plus souillées présente un inconvénient; que cette option risque de créer la confusion dans les esprits. Ceux-là savent qu’ils ont de la descendance et sont conscients que le rapport des forces actuel n’est pas éternel. Etre confondu dans l’opprobre n’est pas un bon moyen de préparer l’avenir, de couler une retraite heureuse et paisible, supputent-ils.

    Un point de convergence toutefois. Nos amis auraient unanimement retenu une leçon : l’homme dont ils sont les porteurs d’eau aujourd’hui n’hésiterait pas à les sacrifier en cas de menace sur son pouvoir ou même simplement pour soigner son image… Bonjour la confiance !

    Autre motif de froncement de sourcils au palais. Le Pct. Le fidèle Justin s’oppose à l’ambition de celui qu’il a toujours servi. Cette ambition, chacun le soupçonne à Brazzaville, est… de reconduire, sous des habits neufs, le Pct ancienne formule. Une opération appelée pompeusement « refondation » ou « rénovation ». Sous couvert de dissolution, on voudrait en réalité ravaler la façade de l’ancien parti en débauchant, à coup de pétrodollars, les militants « égarés » dans d’autres partis, le tout dans un seul but : créer sous un nouvel emballage un grand rassemblement qui regrouperait aussi bien des coquilles vides que des personnalités ou des partis du genre RDPS de T. Tchicaya. Objectif : faire réélire le propriétaire du palais de Mpila, faute de bilan présentable du fantomatique programme appelé « Nouvelle Espérance » et surtout face au niveau de pauvreté jamais vu auparavant dans le pays.

    A propos de cette nouvelle « soupe à l’union » que refuse de gober le brave Justin certains analystes posent une grave question : ce dernier en décidant de s’engager dans un bras de fer avec son ami de trente-cinq avance-t-il à terrain découvert ou a-t-il d’ores et déjà assuré ses arrières ? Certes le comité central du Pct, composé en majorité de déçus éloignés de la mangeoire (2) au profit du clan familial le soutient mais cet appui, reposerait-il également sur celui, plus musclé, de certaines écuries ? That is the question. Décidément tout ne semble pas rose à Mpila.

    (1) Puissant affluent du fleuve Congo.

    (2) La bataille du PCT a un arrière goût alimentaire à ne pas négliger.

    N. M.

    ****************

    Brève


    Le Congo éliminé


    Après sa défaite au Mali par le score de 2 buts à 0 le Congo (10 points, précédé par la Zambie, 16 points) est éliminé de la phase finale de la prochaine coupe d’Afrique des nations (CAN) après avoir été éliminé de la phase finale de la coupe du monde. Le prochain match du Congo contre le Togo à Brazzaville décidera qui entre le Togo (20 points) et le Sénégal (18 points et jouera à domicile contre le Mali) participera à cette compétition en Allemagne.

    Le Camerounais, eux, se sont imposés à Abidjan dans le match au sommet qui les opposaient aux Ivoiriens. Le score : 3-2. Les lions indomptables devront battre l’Egypte le 7 octobre chez eux (au cas où la Côte d’Ivoire qu’ils distancent d’un seul point l’emportait au Soudan) pour participer à leur cinquième coupe du monde consécutive…


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