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    Mystification astrale

    Mercredi 28 décembre, 9h00


    Point de vue


    Une réponse d'un lecteur à l'article " Le retour du Soleil " d'Hervé Mahicka


    On le voit, le MCDDI peut manquer de tout – il manquait notamment d´argent jusqu´au récent retour au bercail de son président – il ne saurait être accusé de manquer de cerveaux. Ici, on a de la matière grise, on peut se féliciter de compter en son sein des hommes et des femmes qui ont été à l´école et qui y ont appris à défendre des hommes et peut-être des idées. C´est ainsi que l´on a vu, il y a deux semaines, Bakala Kimami recourir à Kant pour tenter d´endiguer le flot de réprobations suscité par les premiers pas vers le déshonneur de Bernard Kolélas. L´argumentaire n´a, semble-t-il, pas vraiment pris, tout bonnement parce qu´il s´est trouvé sur le pré cybernétique où a lieu le duel, des esprits assez rétifs pour ne pas mordre à l´appât. Ces mauvais esprits ont notamment trouvé le moyen d´opposer perfidement Sartre à Kant pour dire qu´une reddition, même lorsqu´elle est le fait du grand Kolélas, demeure un ordinaire acte de lâcheté.

    Les jours ont passé et les « signes » (dixit Mwinda) n´ont au final pas trompé puisque B. Kolélas a fini non seulement par aller déposer sa belle gerbe sur la tombe du très regretté Ambèndet, mais aussi et surtout par appeler ses militants à soutenir Denis Sassou-Nguesso. Le soutien en question se justifierait, d´après l´orateur du Centre Sportif de Makélékélé, par les qualités de faiseur de paix de notre dictateur honni. Je me demande pour ma part si les militants du MCDDI doivent aussi soutenir Sassou et sa bande dans leur oeuvre de pillage et de paupérisation accélérés de notre pays ; gageons que cela est sous-entendu dans cet appel sans nuance à soutenir...

    Il y a en tout cas des gens, des Congolais, qui n´ont pas trouvé cet appel à leur goût. Ils l´ont fait savoir dans les ngandas à Brazza, ils l´ont écrit sur Internet. Cette désapprobation n´est apparemment pas anodine puisqu´elle nous vaut de lire à présent sur Mwinda le plaidoyer dithyrambique de Mahicka pour l´intrépide leader du MCDDI, grand faiseur de paix lui aussi (comme Sassou), homme de constance et de conviction. On s´imagine sans trop de peine les contorsions intellectuelles que notre ami Mahicka a dû s´imposer pour produire un tel ramassis de contrevérités assaisonné de quelques aveux de médiocrité que l´on présume involontaires.

    Pour le plaisir de l´esprit, et aussi pour participer à ma manière à l´immunisation progressive et nécessaire du peuple dont je suis issu contre la mystification intellectuelle, je me suis amusé à prendre le contre-pied de Hervé Mahicka et à réfuter point par point le plaidoyer de la honte. Je vous livre ci-dessous mes nombreux points de désaccord avec l´auteur du « Plaidoyer en faveur de M. Kolélas ». Accordez-vous cinq petites minutes pour me lire car j´ai voulu essayer d´être complet.

    Contre-vérité No 1 : Kolélas accusé à tort d´être un revanchard empêche la chasse aux sorcières à la CNS de même que l´interdiction du PCT.
    Faux. Kolélas n´a jamais à aucun moment empêché une quelconque chasse aux sorcières lors de la Conférence nationale. Bien au contraire, il s´est inventé un complot visant à attenter à son intégrité physique, une affaire rocambolesque qui a failli inutilement alourdir le climat au Palais des Congrès et qui valut à Nkoumbi un joli chahut de la part des conférenciers. Mahicka était peut-être trop jeune pour regarder Télé Congo et comprendre ; dans ce cas, il ferait mieux de ne rien dire. Car s´il avait suivi les débats de la CNS, il saurait comme tout le monde que ce sont Ngollo, Mokoko et Kombo qui ont empêché la CNS d´exiger le départ de Sassou ; ça n´a jamais été Kolélas dont les militants ont au contraire usé très maladroitement de néologismes destructeurs comme « mbochisation », « cuvettisation », etc., dont on a aujourd´hui encore peine à effacer les traces dans certaines mémoires...

    Aveu No 1 : Le MCDDI redonne vie au PCT alors démembré et réduit à sa plus simple expression.
    Ah ! C´est donc que le PCT serait mort de sa belle mort en 1992 si Kolélas n´avait pas volé à son secours. Mais, monsieur Mahicka, peut-on savoir d´où venait l´élan de générosité du président du MCCDI en faveur de ses tortionnaires de quelques années auparavant ? Lissouba avait-il déjà commis assez de fautes pour qu´on se sente obligé de s´allier au diable pour le combattre ? Quel profit le Congo a-t-il tiré de votre opération de sauvetage du PCT ? La guerre, n´est-ce pas ? La guerre, vous ne pouvez le nier !

    Contre-vérité No 2 : Le MCDDI, parti anti-tribaliste et anti-monopartiste.
    Faux. Votre parti n´a jamais été ni l´un ni l´autre. Il était et il est au contraire un parti mono-ethnique (comprenez ethnie au sens large) tout comme le sont l´UPADS, le RDD, l´UFD, le RDPS ou tous les autres partis créés dans les années 90. Produisez donc une liste authentifiée de vos adhérents et parlons-en.

    Votre parti n´était pas non plus (en 1992) anti-monopartiste puisque vous avez, sous mes yeux, tenté d´être le seul parti politique du Pool en faisant la guerre à André Milongo et à ses militants. Assurément il serait naïf de croire que cette volonté hégémonique ne se serait pas prolongée au plan national si vous en aviez eu le pouvoir. Commencez par laisser le suffrage populaire s´exprimer librement dans la région du Pool si vous voulez que l´on accorde quelque crédit aux prétentions de votre parti à l´identité nationale.

    Contre-vérité No 3 : L´action du président Bernard Kolélas, homme de paix, se limitera au droit de défendre sa vie et celle de ses sympathisants sans jamais être tenté de passer à l´offensive.
    Faux ! Archifaux ! (s´il est permis d´emprunter une exclamation à Tâa Kolins). Vous ne pouvez pas dire cela, Mahicka. Ceux d´entre nous qui vivaient dans les secteurs de Télé Congo et de La Glacière se souviennent bien des Ninjas montant à l´assaut du Camp Milice, poste de commandement des troupes gouvernementales en opération en 1993. Des soldats (ou des miliciens) qui vont à l´assaut, est cela de la défensive made in MCDDI ?

    Aveu No 2 : Kolélas prête des personnalités de son parti au gouvernement de réconciliation nationale.
    On ne peut pas dire que ce fut un mauvais geste en soi, de même qu´on ne saurait condamner la paix signée entre les députés du Pool et ceux des pays du Niari. Mais sur le plan de la morale, puisqu´on essaie de nous vendre un B. Kolélas blanc comme neige, il y a quelque chose de trouble dans l´attitude du patron du MCDDI dans cette affaire. Dès lors que son grand allié de l´attelage URD-PCT refusait l´accord de gouvernement avec Lissouba, Kolélas en s´engageant dans ce gouvernement de réconciliation aurait dû dénoncer son alliance avec Sassou. Pour ne l´avoir pas fait, il s´est retrouvé dans la position du parfait équilibriste. Ce funambulisme politique ne peut sérieusement être assimilé à de la grandeur.

    Contre-vérité No 4 : Il faut mettre au crédit de Kolélas l´assainissement de la gestion de l´Etat et la bonification du climat sociopolitique et sécuritaire qui ont suivi l´entrée au gouvernement Yhombi de ministres MCDDI.
    Faux, Mateta n´est pas Kolélas. La preuve, c´est que les finances de la mairie de Brazzaville ne se sont pas, que l´on sache, assainies sous Békol. Et puis partout dans le monde, les réussites d´une équipe gouvernementale sont mises au crédit des membres de cette équipe, pas à celui des dirigeants de leurs partis politiques. Il faut dire au passage que la rigueur de Mateta a été noyée dans l´océan de médiocrité que représentait l´action des ministres issus de la Mouvance présidentielle d´alors.

    Par ailleurs, il est totalement contrefactuel de parler de bonification du climat sociopolitique et sécuritaire en 1995-1996. Monsieur Mahicka, avez-vous entendu parler des mutineries à répétition de l´année 1996, des Ninjas et des Cocoyes sévissant les uns et les autres sur leur tronçon du CFCO, des années blanches à l´université Marien Ngouabi ou encore des rafales d´arme automatique à Mossaka visant l´hélicoptère à bord duquel se trouvait le préfet de la Cuvette ? Fermez-vous les yeux sur tout cela à dessein ou viviez-vous sur une autre planète ?

    Contre-vérité No 5 : Sa qualité de médiateur national déterminait Kolélas à être le Premier ministre de la transition qui devait faire suite à la guerre de 1997.
    Faux, et vous le savez très bien. Kolélas a été Premier ministre de Pascal Lissouba, point final. Il n´a jamais été le Premier ministre d´une quelconque transition consensuelle puisqu´il n´y a jamais eu de transition consensuelle. Et puis si Kolélas a bénéficié au début du conflit de la confiance des deux belligérants, c´est bien parce qu´il mangeait aux deux râteliers – le funambulisme a failli profiter au Congo mais cette médiation n´a pas abouti et cela aussi, vous le savez.

    Contre-vérité No 6 : Kolélas durant son exil n´a cessé d´appeler au dialogue et à la paix.
    Faux. Il a toujours appelé à la résistance armée et a même essayé de s´approprier les dividendes politiques d´une hypothétique victoire des Ninjas contre Sassou en 1998. Ce n´est que lorsqu´il ne s´est plus vu en situation de pouvoir remporter une victoire militaire qu´il s´est mis à parler de dialogue.

    Contre-vérité No 7 : Ses tentatives de retour en catimini au pays font de Kolélas l´homme politique le plus courageux de toute l´histoire du Congo.
    Faux ! On patauge là en plein culte de la personnalité, un discours d´un autre âge dans lequel on croirait reconnaître les marxistes abhorrés. Monsieur Mahicka, avez-vous inventé une machine à mesurer les courages ? En quoi Ngouabi, Kiganga ou Diawara auront-ils été moins courageux que Kolélas ? Est-ce vraiment du courage que de vouloir rentrer à tout prix au pays si c´était pour mieux se rapprocher d´un tyran et avoir part à son festin ?

    Contre-vérité No 8 : Moïse libérateur pacifique.
    C´est faux, c´est anti-scripturaire. Tous ceux qui ont lu la Bible savent très bien que Moïse a tué l´Egyptien. Les traversées ultérieures du pays des Amoréens et du Basan (Deutéronome 2.26-37, 3.1-11) se sont faites à l´épée, nullement de manière pacifique. Les successeurs de Moïse reçurent d´ailleurs de ce dernier, qui lui-même l´avait reçu de Dieu, l´ordre de prendre par la force le pays des Cananéens, ces gens qui passaient leurs enfants par le feu.

    On serait en réalité heureux d´assister à la réduction de Sassou le Cananéen par Moïse-Kolélas ou Josué-Kolélas ou encore par quelque chose d´approchant. On pourrait alors applaudir sans remords des deux mains au passage de Nkoumbi. Car y a-t-il pire Cananéen qu´un chef d´Etat qui piège ses compatriotes en leur promettant la paix puis les fait massacrer par centaines à leur retour au pays ? Etes-vous vraiment fier de vous aligner derrière Sassou, cher compatriote ? Croyez-vous que vous devez absolument le faire au seul motif que Kolélas le veut ? C´est consternant !

    Dernière bizarrerie : Les intentions d´animosité envers quelque personnalité que ce soit, les prétentions guerrières ou les ralliements avec armes et bagages ont toujours été mis à la bouche du Nkoumbi par une certaine presse, mais n’ont jamais été une réalité évoquée par lui-même en quelque circonstance que ce soit.
    Magistral ! De la même façon, il ne faut pas croire que Sassou et les siens pillent et bradent notre richesse nationale, ils ne l´ont jamais dit et ne le diront sans doute jamais « en quelque circonstance que ce soit ». Magistral et pitoyable !

    Congolais, libérez-vous de l´obscurantisme ethnocentriste qui rend votre volonté captive. Nous sommes des Vilis, des Mbochis, des Laris, des Tékés, des Bembés et des ressortissants d´autres ethnies tout autant honorables de ce qui fut notre beau pays, et ensemble nous refusons désormais de nous laisser manipuler par des politiciens de pacotille. Nous devons continuer jusqu´à faire triompher le droit, la justice et le progrès au Congo.

    Et toi cher ami qui as pris sur ton temps pour me lire en intégralité, excuse-moi d´avoir été si long. Mais crois une chose, si Kolélas a choisi de passer ce qui lui reste de temps sur terre à chanter les louanges de Sassou, j´ai la ferme intention de consacrer pour ma part le restant de mes jours à tordre le cou à toute mystification qui retarde l´avènement du progrès dans mon pays. J´adopterai cette attitude même lorsque la mystification se parera des attraits du soleil.

    Un Congolais


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    Brèves


    Comédie bouffe critique


    Comme chacun le sait, le camarade Henri Djombo ci-devant roi du pétrole vert au Congo (ministre de l'Economie forestière et de l'Environnement) écrit aussi des romans. Le dernier qu’il a commis s’intitule " La Traversée " (1).

    Le ministre a présenté son nouveau roman vendredi dernier au siège de l'Unesco à Paris en présence de plusieurs invités.

    Dans ce roman, il est question, ainsi que le raconte la PANA, de « l'histoire d'un homme, Polo, qui quitte son pays en proie à la guerre civile pour se réfugier dans un pays voisin dénommé Binoago. Malheureusement le pays d'accueil, loin d'être un havre de paix, est sujet à l'incurie, à l'insécurité, voire à la mort permanente.

    Au Binongo, Polo est jeté en prison aussitôt après avoir traversé la rivière. Ainsi il passera son séjour de prison et prison jusqu'au jour où, à la faveur d'un coup d'Etat, Polo se déguise en femme et arrive ainsi à s'échapper de la prison. Il retraverse la rivière pour retourner dans son pays d'origine.

    Et là, à sa grande surprise, plus personne ne le reconnaît, et sa famille croit avoir affaire à un revenant. En effet, pendant son exil forcé, son oncle a "hérité" de son épouse, ses biens ont été vendus et dispersés et ses proches ont déclaré sa mort à l'état civil.

    A travers un véritable processus de déni d'identité par ses propres parents, Polo est devenu un "homme mort" pour ceux qui lui ont tout pris. Ayant de cette façon perdu son identité, puisque les siens ne peuvent pas le reconnaître et de peur de perdre tout ce qu'il lui ont pris, Polo est obligé de repartir de zéro pour se construire une nouvelle vie ».

    Bref dans ce livre, qui semble inspiré de l’histoire du retour de Martin Guerre, Djombo « entend dénoncer les guerres civiles qui détruisent les pays africains, ainsi que la gestion économique " gabegique " de la cité ».

    Il n’en fallait pas plus pour que lors de la cérémonie de présentation du livre quelqu’un pose la question de savoir pourquoi le ministre ne démissionne-t-il pas de son poste puisqu’il ne ménage pas ses critiques contre la mal gouvernance de la cité.

    Réponse de l’intéressé : la démission n'est pas nécessairement une bonne solution et qu'il faut parfois rester à l'intérieur d'un système pour le changer par des actions concrètes...

    Bien entendu…

    (1) éditions Hemar de Brazzaville, 215 pages.

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    Petite histoire vécue


    Avant-hier soir à Brazza, deux amis circulent sur le boulevard Marien Ngouabi, Il est 20 heures environ. Le véhicule " VX " appartenant à l'un d'eux, un général mis sur la touche, se fait arrêter par une troupe de jeunes recrues revenant d'une marche. Les soldats menacent, insultent, secouent le 4x4 jusqu'à qu'un officier reconnaisse le général et fait cesser l'agitation autour de ce premier véhicule. Nos amis ont pu continuer leur chemin tout en apercevant que derrière le manège avait repris avec les véhicules suivants.

    Appelle-t-on cela, un chahut bon enfant, un mécontentement qui gronde ou une révolte qui couve ?

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    Prédateurs contre vautours (suite)


    A lire sur le site de notre ami " L'Humaniste " comment le griot blanc d'un dictateur africain (El Sas) fait dans l'argumentation ad hominem


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