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    Prédateurs contre vautours

    Lundi 26 décembre, 6h00


    Pendant que Christel Nguesso, Gokana et leur mandant « l’homme des masses » observent un silence méprisant sur le système de détournement de l’argent du pétrole congolais mis à nu par le jugement d’un tribunal de Londres, la presse inféodée au pouvoir essaie de répondre. Avec incompétence, à l'image de ceux qu'elle sert....


    Il fallait bien que Pigasse tente d’éteindre l’incendie allumé à Londres par la décision rendue le 28 novembre dernier par le Tribunal de Grande Instance. Voilà qui est fait même si la réaction, si difficile à concocter, a mis du temps à voir le jour. Près d’un mois ! Cela n’a pas été facile pour la « Voix de son Maître » d’apporter une réponse qui « tienne la route » (Voir sur le site des « Dépêches de Brazzaville » : Mais qui se cache donc derrière Kensington International ?).

    Tout d’abord, il ne fallait rien dire de Sphinx, de Denis Gokana, de Christel Nguesso, de Blaise Elenga, des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions de dollars évaporés dans des montages et des transactions exotiques. Ne pas tenter de se défendre ou de se justifier ! D’ailleurs que pouvait bien écrire « la brosse à reluire de MPila » ? Le mieux était d’attaquer Kensington et de mettre à nu son système comme le Tribunal de Grande Instance de Londres a mis à nu le système de la SNPC et de ses prédateurs patentés et apparentés au président Sassou Nguesso.

    Nous assistons donc à un combat qui oppose d’un côté les « prédateurs » cités plus haut et les « fonds vautours » en l’occurrence Kensington International. Il ne s’agit pas de soutenir les uns ou les autres mais d’essayer de comprendre le pourquoi de cette situation. En cela, cet article des « Dépêches de Brazzaville » est très riche d’enseignements sur la cupidité et l’incompétence de l’équipe, pardon, des « épiciers au pouvoir » pour faire référence au Général Ngouélondelé qui, en matière de renseignement, est un Maître.

    Notons qu'en zoologie un « prédateur » a un comportement alimentaire qui consiste à s’alimenter de proies capturées vivantes. Bonne nouvelle pour les congolais : avant qu’ils ne soient avalés goulûment par l’oligarchie pétrolière régnante, ils sont effectivement bien vivants ! En revanche, toujours en zoologie, un vautour est un charognard, un animal qui se nourrit de cadavres en décomposition. Bonne nouvelle encore pour les congolais : le système qui les gouverne serait mort ou au moins moribond !

    Les épiciers-prédateurs, dans cet article, se plaignent de l’impunité dont jouissent ces « fonds vautours ». Nous aimerions bien connaître quel Tribunal au Congo pourrait sanctionner les détournements des épiciers-prédateurs. Impunité : égalité, un point partout !

    Beaucoup plus important, les épiciers-prédateurs affirment que Kensington International a acheté quatre créances sur le Congo pour 1.686.596 dollars US et qu’après jugement Kensington, fonds vautour, réclamerait 131.365.437 dollars US + intérêts, sans compter une procédure intentée contre le Congo en dommages et intérêts pour 1,4 milliard de dollars US.

    Là, enfin, nous avons la révélation par la plume officielle de l’incompétence de l’équipe en place. Ajoutez à cela l’arrogance « des personnalités » en charge du pétrole, de l’économie, des finances et de la Caisse Congolaise d’Amortissement et cela complètera l’explication de la situation que nous connaissons.

    Depuis 1997 la Caisse Congolaise d’Amortissement n’a pas dépensé 1 FCFA de timbre pour écrire aux créanciers de la République. Tous ont été traités par le mépris, par l’arrogance d’une direction quotidiennement endimanchée et malhonnêtement enrichie. Aucune recherche de solution amiable n’a été mise en place, aucune mesure n’a été prise pour traiter courtoisement les créanciers, avant qu’à bout de souffle, à vil prix ils ne se décident à vendre leurs créances aux fonds vautours.

    L’INCOMPETENCE est responsable de cette catastrophe financière qui étranglera le pouvoir des épiciers-prédateurs car pourquoi la République n’a-t-elle pas acheté elle-même à vil prix cette dette privée ? La dette commerciale du Congo sur les marchés parallèles n’était cotée qu’entre 5 et 10% de sa valeur. Pourquoi, plutôt qu’un laisser-aller généralisé et caractéristique de ce pouvoir, n’avoir pas cherché à les racheter toutes ? Il aurait fallu finalement que très peu d’argent. Et un peu de compétence !

    Un exemple précis : en 2000, le ministre des Finances, Mathias Dzon, a été approché par un créancier américain qui proposait un rabais de 20 millions de dollars sur sa créance de 25 millions. De plus le règlement pouvait se faire par prélèvement sur des cargaisons de Yombo que ce créancier aurait commercialisées non pas avec une décote (comme cela était fait habituellement) mais avec une prime de 2 dollars sur le cours de référence. Le paiement du créancier aurait pu se faire en grande partie grâce au différentiel entre la décote et la prime. Le ministre Dzon n’a pas donné suite : commercialiser un brut congolais sans décote aurait été un fâcheux précédent.

    Allez-vous étonner si ce créancier rejoint l’action RICO à New York contre la SNPC et cherche à obtenir le montant intégral de sa créance multiplié par 3 soit 75 millions de dollars US au lieu des 5 millions refusés ! Croyez-vous que ce régime décrié pourrait trouver grâce devant un Tribunal ? Les vautours jouent sur du velours devant une Cour lorsqu’ils décrivent, preuves à l’appui, les comportements criminels des responsables congolais.

    Cependant, la corruption, les vols, les détournements n’expliquent que partiellement la malheureuse situation du Congo : l’incompétence y est pour beaucoup. Beaucoup trop !

    Il est grand temps que ce pays soit géré autrement que comme une épicerie. Merci Général Ngouélondelé.

    Quant à la question qui fait le titre de l’article : Mais qui se cache donc derrière Kensington International ? Du peu de compétence que nous avons en plus des épiciers qui nous gouvernent, nous pouvons affirmer que c’est, sans aucun doute possible, un des partenaires privilégiés du régime actuel qui est le principal actionnaire du fonds vautour. On n’est jamais trahi que par les siens.

    En conclusion nous reprendrons mot pour mot celle utilisée par l’auteur de l’article, merci à lui, qui, c’est bien connu, n’a pas froid aux yeux : « que les responsables des institutions financières internationales feraient bien, quant à eux, de mettre un terme à des pratiques qui ruinent les pays à l’économie fragile dont ils sont chargés par la communauté internationale de conduire le redressement ».

    Tous nous n’attendons que cela : que les institutions financières internationales ferment l’épicerie !

    Messieurs du FMI : à bon entendeur, salut !

    Par la Rédaction de Mwinda


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