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Mer, Jui
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Le référendum de Sassou a déjà commencé avant l’heure

politique
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Allô. Allô. Il ya quelqu’un ? Mr François Hollande, vous êtes là ? La supercherie référendaire de Sassou Nguesso a déjà commencé avant l’heure. Oui avant l’heure, vous avez bien compris, et ce malgré l’opposition de la majorité des Congolais à ce suicide collectif. Certes, il ya des pourparlers sans lendemain dont lui, seul, votre ami Sassou a le secret, histoire de gagner du temps car il est si près du but (25 Octobre), mais du côté de Pointe-Noire comme dans de nombreuses autres villes du pays, les urnes sont déjà bourrées et le dispositif répressif contre les populations opposées à ce coup d’Etat, bien plus que visible. A Brazzaville notamment, les leaders de l’opposition sont harcelés et assignés à résidence avec pour seule berceuse pour égayer leurs belles nuits, le bruit de Kalachs d’hommes en treillis dont certains viendraient du Burundi voisin. Quelle belle leçon de démocratie, n’est ce pas Mr Hollande?

Au nord du pays cependant, plus précisément à Lékana dont il est originaire, l’inamovible ministre sassouiste, Florent Ntsiba (32 ans au compteur tout de même comme son maître, qui dit mieux ?), campe depuis une semaine avec une horde de militaires. Dans ses cartons, des cartes d’électeurs factices et des bulletins du OUI pour massivement garnir les urnes.

Le feu vert de l’ami Hollande obtenu, la machine à tricher de Sassou est quant à elle déjà opérationnelle, le taux de participation déjà fixé et il ne reste plus qu’à attendre lundi pour publier les résultats qui avoisineront, à coup sûr, les 55 à 60% de OUI, au lieu de 99%, pour rendre le scrutin moins grotesque et paraître aux yeux du monde un peu crédible.

Il n’en fallait pas plus pour redécouvrir les bonnes vieilles recettes de Sassou, le grand ami de François Hollande dont il aurait, d’après certaines indiscrétions, financé le grand événement du quinquennat, à hauteur de 40%.  Je veux parler de COP21, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Paris en Novembre prochain.

Oublions le pétrole. Si ces allégations sont vraies, on comprendrait alors le retour d’ascenseur de l’hôte de l’Elysées au dictateur congolais, avec ses déclarations fracassantes qui ont plus que blessé les démocrates africains et fait des vagues sur le continent comme partout ailleurs. Hollande, comme tous les présidents français ne seraient donc que de gros hypocrites et des grands bonimenteurs. Donneurs de leçons sur la démocratie, mais en coulisses des fervents parrains de dictateurs.

Comme Bongo donc en son temps, Sassou paie son soutien à coups de valises de billets. Pendant ce temps les Congolais quand ils ne crèvent pas sous les balles du grand ami de François Hollande comme en ce moment, crèvent de faim et sont contraints à l’exil vers l’Europe pour échouer, quand ils ont moins de chance, en méditerranée, le plus grand cimetière à ciel ouvert connu au monde pour accueillir les sans-dents condamnés à la misère.

Mais les Congolais n’entendent pas lâcher prise. La désobéissance civile est observée sur toute l’étendue du territoire. Dans les deux plus grandes villes du pays (Brazzaville et Pointe Noire), les distributeurs de cartes électorales sont soit chassés, soit priés par les populations de rebrousser chemin. Face à cette hostilité sans précédent, les représentants de l’Etat Sassou venus organiser et superviser la supercherie du siècle n’ont eu d’autre choix que de déserter les lieux sur une bonne partie du territoire.

Avec ou sans leaders de l’opposition, c’est bien plus qu’un devoir que celui d’honorer nos morts qui s’impose à nous. 32 ans de vie réduite à l’esclavage et entachés de crimes odieux, ça suffit. Quand un peuple veut, rien ne peut lui résister.

La plume libre !

Diaz Mahindou


 

L'opposition congolaise appelle à la désobéissance civile dès ce samedi 24 octobre

Au Congo Brazzaville, le rétropédalage du président Hollande inverse de nouveau le rapport de force politique sur le terrain. Le communiqué de l’Elysée depuis hier soir est diffusé sur tout le territoire national.

Depuis le nouveau communiqué de l’Elysée (1), la situation est révolutionnaire, l’élan de faire plier la dictature a repris de la force et s’exprime à travers des carnavals et des scènes de joie tant dans Brazzaville que dans des villes de l’intérieur.

Les Congolais croient de nouveau en leur victoire contre la dictature. Pour eux la bourde est corrigée et le rapport des forces. est rétabli. Toute la ville de Brazzaville vibre de joie. 

L’opposition congolaise a mis de l’ordre dans son organisation, dans ces actions et dans sa communication après des heures de flottement.

(1) Après la bronca de l'opinion et de la société civile africaines, suite aux appels qui ont inondé le standard de l'Elysée (tel : 01 42 92 81 00) protestant contre le soutien apporté par Hollande à Sassou, l'Elysée a publié le communiqué suivant : " Le président de la République suit avec grande attention les évènements actuels en République du Congo.Il condamne toute violence et soutient la liberté d’expression.Il rappelle qu’il avait souhaité, lors de son discours prononcé à Dakar, le 29 novembre 2014, que les Constitutions soient respectées et que les consultations électorales se tiennent dans des conditions de transparence incontestables ".

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