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Le drame des Kolélas

politique
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Tribune libre

Ceux qui ont toujours dit que le pouvoir de Sassou puait le sang des Congolais n’ont rien compris. Pauvres ils sont. Pauvres ils mourront. Les millions volés par Sassou n’ont pas d’odeur. Demandez la recette à Théodorine et Landry Kolélas. Les seuls et dignes héritiers de leur père, reconnu comme le traitre le plus célèbre de la région du Pool. La terre de mes ancêtres.

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Dans la famille Kolélas, après Bernard, le père, Théodorine et Landry Kolélas (photo ci-dessus) ont bien compris que les cadavres du Pool pouvaient rapporter du magot, et aussi tous les autres avantages qu’ils pouvaient tirer de ce drame. C’est donc tout naturellement, mais surtout illégitimement qu’ils se sont autoproclamés légataires testamentaires universels de toutes les victimes du Pool, tombées sous les balles de Sassou. Quelle horreur ! Mais pour qui se prennent-ils ? 

Ça aurait pu s’arrêter là. Mais non. Cette fois-ci, pour sauver le pouvoir vacillant de Sassou, ces deux-là ont poussé le vice encore plus loin, en canardant publiquement au bazooka Parfait Kolélas, le frère, dont le péché mortel à leurs yeux est de s’être opposé ouvertement au dessein fou de leur parrain, à la volonté de ce dernier de se maintenir coûte que coûte au pouvoir, comme s’il pouvait encore offrir aux Congolais, ce qu’il n’a pu leur offrir en 35 ans de règne sans partage.

Qu’ont-ils à gagner, Théodorine et Landry Kolélas, à vilipender leur frère, à bafouer les liens sacrés du sang, et surtout à voler au secours d’un bourreau qui a brulé les terres entières du Pool, zigouillé des milliers de nos compatriotes originaires de cette région pour revenir au pouvoir ?  Aucune explication au monde, même pas l’argent, ne peut justifier une telle traitrise. André Matsoua doit se retourner dans sa tombe.

Ce spectacle tragicomique n’a plus rien de marrant. Il est affligeant, dégoûtant, humiliant, abject et surtout nauséeux. Les mots ne sont pas assez forts pour qualifier ce pugilas horrible contre un des leurs. Jamais dans nos traditions du Pool, je n’aurais imaginé un lynchage aussi atroce qu’abominable entre gens d’une même fratrie. Jamais, en tout cas jamais, dans nos us et coutumes l’argent n’a primé sur des considérations humaines. D’où vient cette culture où, pour de l’argent, on serait prêt à sacrifier les siens ? J’ai honte de voir la famille Kolélas, jeter l’opprobre sur toute une région. Ce Pool-là, c’est celui des Kolélas. Il ne saurait en aucun cas être le mien, ni celui de mes ancêtres. Qu’ils aillent se prosterner devant leur maître, c’est tout à fait leur droit, mais je leur dénie le droit de parler en mon nom, ni à celui des ressortissants du Pool. La mesquinerie est montée encore d’un cran. Et comme toujours, ça pue du Sassou derrière.

Utiliser une famille, pour atomiser un parti (une coquille vide). Sassou fait ici, ce qu’il a toujours fait à l’échelle nationale : diviser pour mieux régner. A ceux qui en doutaient encore, voici le vrai visage de Sassou, l’homme de paix, l’homme des actions concrètes dont le Congo ne pourrait se passer. Ramener les enjeux d’un pays aux intérêts personnels d’une famille, somme toute insignifiante, montre tout le cynisme et tout le ridicule de l’homme Sassou.

Sauf dans l’imaginaire de ce dernier, Théodorine et Landry Kolélas ne sont que l’ombre d’eux-mêmes. Politiquement, ils ne pèsent que des broutilles. Pas plus que ne pesait d’ailleurs Kolélas père après qu’il ait trahi les populations du Pool, en allant se morfondre dans les bras de Sassou. Cela a été un vrai sacrilège. Les enfants Kolélas ont peut-être la mémoire courte, mais pas les populations du Pool qui ne l’ont jamais pardonné à leur père.

Parfait Kolélas viré, c’est l’acte 1 du fameux « goût du sang », prononcé à Kinkala et si cher à Sassou. Mais le pire reste à venir.

Dans ce conflit larvé, Landry et Théodorine Kolélas brandissent les accords signés du vivant de leur père entre le MCDDI et le PCT. Or, comme chacun le sait,  les accords politiques se font et se défont avec le temps. Qu’aurait fait le père aujourd’hui, ce dernier ayant brouillé son image dans ses derniers jours ?

La saga familiale des Kolélas, c’est à elle seule un sitcom à la congolaise. On en rirait presque si derrière ne se tramait une sordide histoire de fric et de portefeuilles ministériels, sur fond de morts et de trahison. En cautionnant le putsch constitutionnel de Sassou, les deux enfants Kolélas réaffirment à qui veut l’entendre, la position qui aurait été celle de leur père dans le débat actuel. Celle d'un Bernard Kolelas converti à la présidence à vie, celle de Sassou. Trop forts les enfants Kolélas.

Qui a dit que les morts ne parlaient pas ?

La plume libre !

Diaz Mahindou

Notre commentaire

Laissez les enfants d'autrui " boukouter " pour eux. Un peu de compassion pour des enfants qui, autrement, mouraient de faim.

Leur Tata, sur son lit de mort, avait laissé à Sassou la responsabilité de veiller sur eux. c'est Hellot Mampouya, un enfant adoptif, qui avait révélé le contenu de ce testament. Parfait Kolelas trahit, lui, la mémoire du Tata, lequel, dans son alliance avec Sassou, socle de l'unité nationale, avait prévu que les Kolelas devaient être les porte-serviette des Sassou jusqu'à la cinquième génération... Et avec eux, tout le Pool. C'est écrit noir sur blanc dans l'alliance. Landry sait quand même lire !

xxxxxx

Idris Déby, tel qu'en lui-même

Contrairement à un Sassou, s’il y a une chose qu’on ne peut reprocher au président tchadien Idriss Déby, c’est la fourberie et la fausseté.

Interrogé sur une possible candidature à sa réélection dans la perspective de la présidentielle prévue en 2016, il a répondu franchement :

« Vingt-cinq ans, c’est long. Si j’avais la possibilité de m’assurer que le pays marchera après moi, je quitterais aujourd’hui même le pouvoir. Si mon départ pouvait renforcer la paix, la sécurité et la concorde, j’aurai pris mes vacances ».

Avec Idriss Deby donc, pas besoin, comme Sassou, d’aller confier en mbochi (1) dans son village, qu'il ne quittera jamais le pouvoir car il n'est pas fatigué, de susciter des réunions de prétendus sages, d’organiser des consultations, un dialogue… Déby lui, avance, à visage découvert et a le courage de ses idées.

(1) Une langue incomprise par 95 % de la population...

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