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Le cri du coeur de Claudine Munari : " Je vous lance cet appel d'une mère "

politique
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Dans le 21ème siècle qui voit les animaux gagner de plus en plus de droits, on abat des Congolais comme du bétail. On tire sur eux comme sur des lapins. Le monde regarde ailleurs. Face au crime de masse, le silence est le premier coupable. Plus nous sommes silencieux, plus d’autres continuent de tomber. Au Pool aujourd’hui, à qui le tour demain ? Chaque Congolais, partout où il se trouve doit rompre le silence. Réunissez-vous partout où vous êtes. Sensibilisez le monde entier sur notre lutte.

Déclaration de Claudine Munari, Présidente du MUST

Candidate à l'élection présidentielle de mars 2016 - Le 11 avril 2016

Peuple congolais,

 

Mes chers compatriotes,

 

Avant mon propos, je voudrai féliciter notre peuple qui, au-delà de tout, a fait valoir sa dignité et donner la preuve de toute sa détermination et de son désir ardent de restaurer l'alternance démocratique dans notre pays. C’est un devoir et un grand honneur pour moi d’avoir été et d’être de ce combat.

 

Congolaises, Congolais, mes chers compatriotes,

 

Notre pays sombre et nous ne faisons rien. Nous restons spectateurs de notre naufrage.

 

Les résultats du scrutin du 20 mars 2016, tels qu’issus des urnes et constatés par nos observateurs, implicitement validés aujourd’hui par le Secrétaire général du PCT, démontrent que le Président de la République sortant n’accède pas au deuxième tour. Comme à leur habitude, les organes officiels de l’Etat ont proclamé la victoire du candidat sortant dès le premier tour, avec 60% des suffrages exprimés.

Cette tentative d’usurpation du vote des Congolais est la suite logique, on ne le dira jamais assez, de la Constitution imposée par les armes et dans le sang en octobre 2015. C’est aussi la consécration du système du crime à double détente sous lequel nous vivons, qui consiste à organiser la fraude électorale et à traquer ou assassiner les contestataires. 

 

Ce système isole notre pays dans le monde.

 

Notre pays est le seul au monde où les chars, les hélicoptères, les colonnes de militaires, les bombes lacrymogènes et la coupure des télécommunications, font partie du système électoral. Même les pires dictatures du vingtième siècle n’avaient pas de telles pratiques.

 

C’est dire combien notre situation est grave. 

 

Mes chers compatriotes,

 

Les Congolais ont repris le chemin de l’exil intérieur. Comme les damnés de la terre, ils ont repris à errer dans les rues sous les intempéries avec leurs enfants et ce qui leur reste. Ils ont repris à dormir à ciel ouvert.

 

Notre pays est totalement arraché du monde réel. On proclame les résultats d’une élection tronquée pendant que tout le peuple dort. On joue à l’arme lourde au milieu des habitations pour détourner l’attention des malfaçons de la Cour Constitutionnelle.

 

Hier, des hélicoptères ont gazé les populations civiles et les supplétifs de la police ont tiré à balles réelles dans les rues de nos villes et dans nos campagnes sur un peuple aux mains nues pour avoir dit non au changement de la constitution. Aujourd’hui des expéditions meurtrières sont lancées dans les quartiers urbains et des bombardements à l’arme lourde sont en train de décimer les populations du département du Pool. 

 

Dans ce vingt et unième siècle qui voit les animaux gagner de plus en plus de droits, on abat des Congolais comme du bétail. On tire sur eux comme sur des lapins. Le monde regarde ailleurs.

 

Face au crime de masse, le silence est le premier coupable. Plus nous sommes silencieux, plus d’autres continuent de tomber. Au Pool aujourd’hui, à qui le tour demain ? 

 

Chaque Congolais, partout où il se trouve doit rompre le silence. Réunissez-vous partout où vous êtes. Sensibilisez le monde entier sur notre lutte.

 

Si les Congolais ne font rien, personne d’autre ne fera quelque chose. Chaque peuple a son propre pays. Nous n’avons pas de pays de rechange. Le Congo est notre pays. Battons-nous pour le libérer.

 

Aux Congolaises et Congolais qui sont à Brazzaville, je vous convie au rassemblement de la paix, au rassemblement de l’unité nationale, le vendredi 15 avril 2016 à 14 heures au boulevard Alfred Raoul.

A tous ceux qui aiment ce pays, qui pensent que nous pouvons le construire ensemble, sans violence, sans les lacrymogènes, sans les chars, sans les hélicoptères et les bombes ; à tous ceux qui veulent d’un pays où il fait bon vivre ensemble, je vous lance cet appel d’une mère.

 

Il y a plus grave ! Un groupe de personnes au pouvoir raisonne comme si un seul homme est la seule solution possible. Cette idéologie de la providence incarnée est erronée. Elle est contredite par la nature fragile et précaire de l’homme.

 

Tous les pays qui ont fait le choix de l’homme providentiel, comme solution perpétuelle, ont appris à leurs dépens que cette solution n’a que le mérite de faire perdre du temps. 

 

Les siècles passés ont tous enterré des hommes illustres. Aucun indispensable n’a survécu à son temps. Le siècle présent est celui des hommes et des femmes qui se complètent et se succèdent. Cette réalité universelle ne doit pas s’arrêter à nos frontières.

Le pape Benoît XVI s’est retiré de sa papauté en 2013. La reine Béatrix des Pays Bas et le roi Albert II de Belgique ont eux aussi renoncé à leurs trônes la même année. Tout comme le roi Juan Carlos, le père de la démocratie espagnole, qui a, lui aussi abdiqué en 2014.

Ces illustres personnages avaient tous un mandat légitime ad vitam aetemam. Ils y ont renoncé. 

 

Leurs pays respectifs et le trône de Saint-Pierre continuent d’exister.

 

Le Congo avait été dirigé avant tout comme il le sera encore, après le Président Denis Sassou N’guesso. Le peuple congolais le sait. C’est pourquoi, il s’est exprimé en faveur de l’alternance, le 20 mars dernier. Son vote doit être respecté.

Tous les hommes du Congo ne peuvent pas se comporter comme si ce pays n’avait plus qu’un seul homme. C’est une injure faite aux femmes qui vous ont enfantés.

 

A toutes les femmes, je vous le dis, si les hommes ne peuvent pas conduire notre pays vers l’unité nationale et une paix durable, nous devons toutes nous lever et le faire.

 

Les mères que nous sommes, voulons le bonheur de nos enfants. L’enfant d’une seule mère ne peut pas être la source du malheur des enfants de toutes les autres mères. Cela doit cesser.

C’est un appel à l’unité.

 

Il ne s’agit pas de s’unir contre un homme. Il s’agit de s’unir pour le pays, de s’unir pour vivre ensemble.

 

Le vendredi 15 avril 2016, je serai au boulevard Alfred Raoul dès 14 heures. Quitte à ce que j’y sois seule, je serai là pour défendre la liberté, la démocratie, la République, et l’unité nationale. 

 

Nous serons là pour dire que la violence n’est pas une solution. La brutalité militaire ne peut pas être notre modèle du vivre ensemble.

 

Aux termes des résultats tels que sortis des urnes au premier tour de l’élection présidentielle du 20 mars, le général Jean Marie Michel Mokoko et Monsieur Guy Brice Parfait KOLELAS sont en capacité de disputer un deuxième tour. Les Congolais leur ont fait confiance. Je les engage à honorer cette confiance et à se joindre à nous le vendredi 15 avril 2016 à 14 heures au boulevard Alfred Raoul.

 

Aux autres candidats et membres de l’IDC-FROCAD, à ceux qui ne se sont pas encore couchés pour ramper jusqu’à l’assiette des restes de la République, je leur lance la même invitation.

 

A tous les acteurs politiques, aux confessions religieuses, à la société civile, à la communauté internationale, aux partenaires du Congo, aux défenseurs de la démocratie et de la paix, le Congo brûle. Ne regardons pas ailleurs, agissons.

 

Nous ne pouvons pas dire que nous ne le savions pas. Notre responsabilité collective est engagée.

Ce pays est beau. Nous pouvons y vivre heureux, ensemble, en République et en démocratie.

 

Vive la République,

 

Vive la démocratie ! 

 

Notre commentaire

Que dire après un tel cri du coeur, après un texte si puissant sinon de s'incliner bien bas ! Beaucoup de soi-disant hommes politiques (y compris " ceux qui se sont couchés pour ramper jusqu’à l’assiette des restes de la République "...) devraient s'inscrire modestement à l'école Munari....

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Tribune libre

Par Patrice Aimé Miakassissa

J'ai honte d'être ressortissant du Pool

Pendant que SASSOU massacre nos enfants, frères, sœurs et parents du Pool, seuls le Général Jean-Marie Michel MOKOKO, le Professeur Charles Zacharie BOWAO et le Ministre OKOMBI SALISSA condamnent avec véhémence cette barbarie. Nos Hommes politiques et nos intellectuels du Sud, ceux qui ont une voix qui compte et porte, se terrent comme des rats pour ne pas déplaire au Prince d'Edou et conserver ainsi les avantages matériels dûment consentis par ce dernier pour leur allégeance. Quelle honte !

Après avoir trahi les Présidents Fulbert YOULOU et MASSAMBA -DEBAT, nous voilà, nous ressortissants du Pool, pactisés avec le diable au détriment des populations que nous sommes censées représenter dans l'état actuel de la configuration politique au Congo.

Nous ne sommes plus rien quand on a perdu la dignité et le regard bienveillant des faibles qui sont sous notre protection. A ceux ou celles qui affirment travailler dans l’ombre ou être sous le sceau de la confidentialité, je dis que devant un massacre contre son peuple, il faut s’indigner et le faire savoir. Ecrire c’est s’exposer et le faire savoir c'est exister.

Au détour de cette situation, je puis comprendre une seule chose, c’est qu’une nouvelle race d’Hommes politiques est née au Congo. Ceux qui ne font pas de la tribu, de la région un programme politique qui consiste à s’allier avec d’autres afin de spolier le peuple. Nous voulons faire autrement la politique à partir de maintenant. Pour ma part, bien que du Pool, j’ai soutenu le Général Jean-Marie Michel MOKOKO pour porter mes aspirations au changement tant souhaité par tous dans mon pays le Congo. Nul n’a été le gangstérisme politique de SASSOU, nous aurions eu droit à un deuxième tour entre MOKOKO et KOLELAS. Ce n’est pas perdu car notre lutte actuelle est de faire respecter la volonté du peuple confisquée par un clan de tribaliste et d'assoiffé du pouvoir.

De l’absolue nécessité de dire NON à l’abomination qui se trame dans le Pool, je vais paraphraser Martin Niemöller en disant ceci :

« Lorsque SASSOU a tué Marien Ngouabi,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas du Nord.

Lorsqu’il a assassiné Massamba-Débat,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas du Sud.

Lorsqu'il a sauvagement abattu le Cardinal Emile Biayenda,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas catholique.

Lorsqu’il a fait exécuter au petit matin après des procès sommaires nombreux de nos frères et sœurs, 
je n’ai rien dit, 
je n’étais pas de leur famille.

Maintenant qu’il bombarde nos parents du Pool, 
il n’y a que MOKOKO, BOWAO et OKOMBI pour protester vigoureusement, pendant que moi enfant du Pool je me cache.

Après à qui le tour ?

Les populations de la Likouala ont prévenu qu’ils ne se laisseront pas faire si on venait à toucher un de leurs ressortissants. Cette position est courageuse dans un pays sans foi ni loi.

A mes frères et sœurs du Pool, ressaisissons-nous pour ne plus être spectateurs de notre propre vie. Soyons-en des acteurs actifs pour l’intérêt de notre nation et disons-nous au tribalisme et au régionalisme. Ces temps sont révolus.

"Nos vies commencent à prendre fin le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui comptent." 

Martin Luther King

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA