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Sassou : le confessionnal existe

politique
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La réponse de Sassou suite aux révélations de sa dette dissimulée fut de mettre en place un gouvernement dit « efficace » en reconduisant quasiment la même équipe. Cette option aussi curieuse qu’incompréhensible ne pouvait que déboucher sur une impasse.

Depuis Sassou patauge. Il cherche à gagner du temps en tirant toutes les ficelles : guerre du Pool, procès staliniens etc. Il nie les évidences et refuse de donner au peuple ce qui est à sa portée. Le mal étant si profond, alors osons lui demander l’impossible, c’est-à-dire la Vérité et sa propre remise en cause. En effet, il n’y a pas que l’efficacité que l’on doit rechercher pour sortir de ce marasme mais aussi l’efficience dont les résultats dépendent des moyens consacrés ainsi que la vérité dans toute sa splendeur.

Pourtant en noce depuis des lustres avec les autorités congolaises, le Fonds Monétaire International (FMI) éprouve d’énormes difficultés quant à l’obtention de la vérité des comptes de la nation en vue d’une sérieuse lecture chiffrée de l’action gouvernementale du pouvoir de Brazzaville. Une politique de gribouille faite d’empilements d’incongruités, de massacres, de corruption et de mensonges a catapulté le Congo dans les ténèbres.

Tout de go, les dettes du pouvoir de Brazzaville ne sont pas celles des congolais. Ceux qui prêtent de l’argent à une dictature surendettée connue pour ses récurrentes banqueroutes le font en connaissance de cause, au travers des montages complexes mêlant l’ingéniosité des virtuoses de la finance internationale et le gangstérisme de l’Etat congolais. Ils participent ainsi à la dilapidation des richesses du Congo qui se retrouve, de fait, en position de victime.

Total aura beau démentir les révélations du journal Le Monde, il n’en demeure pas moins qu’il n’est qu’une survivance d’Elf-Congo de triste mémoire. L’exploitation éhontée des matières premières notamment celle du pétrole est à la base du mal congolais, selon l’ancien Président Pascal Lissouba. Il s’agit d’un prolongement du néolibéralisme sauvage tiré du modèle esclavagiste favorisé par des valets locaux.

L’ampleur du naufrage congolais se constate aussi à travers une étrangeté, à valeur d’aveu, discrètement insérée dans ce que les prédateurs du Congo considèrent comme loi fondamentale du pays.

En effet, quoi de plus clair que cet article 96 de « la Constitution » de 2016 de Sassou qui stipule qu’« Aucune poursuite pour des faits qualifiés crime ou délit ou pour manquement grave à ses devoirs commis à l’occasion de l’exercice de sa fonction ne peut plus être exercée contre le Président de la République après la cessation de ses fonctions.

La violation des dispositions ci-dessus constitue le crime de forfaiture ou de haute trahison conformément à la loi » !?

Or, la majorité des scandales qui minent le Congo tourbillonne aux portes du palais. Vouloir faire société sans justice et vérité enfreint le pacte moral qui cimente la vie des hommes en présence.

Dans le catalogue des dictatures, l’on ne présente plus le régime de Brazzaville, tristement célèbre pour sa tyrannie des plus répugnantes. Son homme fort, Sassou, trône à la tête d’un pays qu’il a ruiné au profit des intérêts égoïstes de son clan et des consortiums peu soucieux des aspirations des populations.

Depuis que les boucs émissaires pré désignés du Pool ont trouvé l’angle mort du pouvoir leur permettant de trouver un demi-souffle et alléger la pression, la vérité qui n’empreinte que des escaliers en colimaçon et rarement l’ascenseur, lève peu à peu le voile sur la culture d’opacification érigée en mode de gouvernement et de son chapelet de crimes cachés, loin du patriotisme prôné dans les discours.

Cerné, le pouvoir se livre à l’infanticide en s’attaquant à ses propres courtisans et aux réformateurs du régime qui agitent le chiffon rouge d’opposants. Gouverner par le mensonge, l’arbitraire et la violence d’Etat revient à bâtir sur du sable. Sassou se retrouve aujourd’hui enfermé dans son tissu de mensonges ne sachant à peine comment s’affranchir de ses contrevérités sans confession.

Un menteur a intérêt à vite décamper au risque d’être confondu. Sassou n’a jamais intériorisé qu’à beau mentir, qui revient de loin. Ainsi, les quelques réalisations que le régime de Brazzaville présentait hier comme des faire-valoir de Sassou s’effondrent, de son vivant.

Le règne de Sassou se résume aux deuils, au génocide dans le Pool, à l’accaparement des institutions étatiques par une ethnie et au transfert du trésor public dans les coffres privés des paradis fiscaux. La presse internationale se délecte des scandales financiers hors norme des dirigeants congolais. Mais, il n’y a pas que la vérité des chiffres de FMI que l’on attend. Celle des énigmes ayant entrainé un torrent de sang est tout autant exigée.

Dans ce pays où les croyances sont fortes, les superstitieux se résignent dans la prière renforçant du coup la densité des églises de réveil. Ils mettent en avant la malédiction. L’étroitesse de l’esprit qui anime les dirigeants congolais les poussant jusqu’à organiser des cérémonies presque obscènes de désenvoutement de leur stade, affligent les consciences. Leur gestion abracadabrantesque écartèle les derniers cadres techniquement compétents et politiquement conscients du pays entre rire et colère.

De cause à effet, on note une augmentation inquiétante des cas d’AVC et de crise de folie. Arpenter les rues adjacentes aux artères principales de Brazza, c’est se confronter à une réalité d’une société en perdition. Le soir venu, nombreux, jeunes ou vieux, enfants ou adultes, filles ou garçons de rue dorment dans les marchés, dans les veillées mortuaires. Certains ont carrément élu domicile aux cimetières.

Jamais, la construction d’une cité ne s’est reposée sur la négation des citoyens et de leur développement vertical. Clochardiser les intellectuels, bombarder les paysans, sacrifier la jeunesse pour se confier in fine aux féticheurs et marabouts témoigne d’une piètre vision du monde et de la déconstruction d’une société, jadis accomplie, par des imposteurs paranoïaques.

De nombreuses forces négatives occultes incarnées, pour une large part, par le régime Sassou aggravent la dérive du Congo. Oui, monsieur le Ministre de sport et de désenvoûtement, c’est le pays entier qu’il faut en fait désenvoûter. Une cérémonie à grande échelle est nécessaire, Monsieur le Ministre, tant le sol congolais fourche de nombreux cadavres et disparus qui hante le pays.

L’Afrique du Sud avec Desmond Tutu s’était contentée de l’opération Vérité. Pour le Congo, il convient d’aller plus loin encore (Rire). Car, lorsqu’on avait procédé au rite de lavement des mains à l’issue de la Conférence nationale en 1991, tout le monde ne s’y était pas soumis. Sassou, par exemple l’avait esquivé. On cherchera l’erreur. Il est nécessaire d’avouer préalablement ses crimes, tous les crimes, mêmes les plus secrets afin que cette thérapie de groupe fonctionne.

L’actuel ensauvagement du pays renvoie à la barbarie originelle de ce régime qui encense les médiocres et diabolise les meilleurs. L’une de ces victimes fut celui qui avait permis en moins de cinq l’accession du pays parmi ceux à revenus intermédiaires à l’instar du Brésil et de la Chine. Mais il aurait terminé atrocement mutilé et sa dépouille livrée aux lions du zoo de Brazzaville par les autorités ! Il s’appelait Alphonse Massambat-Débat. Comment nous sentir citoyens et fiers ? La vérité commence par-là.

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