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Il y a deux ans, un 3 septembre : Célestin Kouka « Célio » porté en terre

politique
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Paris le 03 septembre 2018

Bulletin art

Retour sur les grandes lignes de l’un des artistes congolais promoteur de la société du divertissement actuel à la voix jubilatoire

Il a été emporté dans le cru tragique des décès d’artistes de 2016. Cette année-là, auront été déplorés, entre autres, les décès de : David Bowie, Jim Harrisson, Prince, George Michael au niveau international, et au Congo, celui de Célio Kouka, mort il y a deux ans, à l'âge de 81 ans, et porté en terre au cimetière Ma Campagne le 3 septembre après un décès survenu le samedi 20 Août 2016, à 01 h du matin, au CHU de Brazzaville. Deux ans après, nous rappelons les grandes lignes de celui qui a été à la base du socle fondateur de l’orchestre Bantou de la Capitale.

Célestin Kouka est né le 5 février 1935 à Brazzaville. En 1944, alors qu'il est encore au cours préparatoire 2e année à l'école Saint- Joseph de Bacongo de la capitale congolaise, il est repéré pour sa voix assez exceptionnelle et sélectionné en qualité de chantre soprano dans la chorale Saint François d'Assise du Plateau. Il y évolue jusqu'en 1949 sous la houlette des abbés Kounkou et Fulbert Youlou qui deviendra en 1960 le premier président après l’indépendance. Après l'obtention du Certificat des études primaires élémentaires, il est admis au Petit séminaire de Mbamou avec la volonté d’être sacré abbé. Mais, en 1951, il est renvoyé du séminaire pour indiscipline ; il est réorienté au collège Chaminade où il reste une année.

La suite ? C’est une carrière musicale mémorable qui débute en 1952 dans l’orchestre du Cercle culturel de Bacongo. En même temps, il cumule cette occupation avec sa fonction de secrétaire au Consulat britannique de Brazzaville. 

En 1953, il fait partie du groupe Les compagnons de joie (CDJ) de Marie-Isidore Diaboua, suivi de la création en 1954 de l’orchestre Negro Jazz. 

Trois ans plus tard, en décembre 1956, Célestin Kouka intègre l’Ok Jazz, en même temps qu’Edo Ganga et Nino Malapet et ce, à la suite du départ d’Essous, Pandi et Lando Rossignol aux éditions Esengo. 

Le 15 Août 1959, un an avant l’indépendance du Congo, Célestin Kouka participe à la création de l’orchestre Bantou Chez Faignond à Brazzaville.

En 1972, suite à l'implosion des Bantous, il crée, avec Pamelo et Kosmos, le Trio Cepakos puis l'orchestre Le Peuple. Les défections de Pamelo en 1978 et de Kosmos en 1984 mettent un terme à cette belle expérience musicale. Son retour, en 1987, dans les Bantous de la capitale, n'est pas concluant. Il claque la porte une nouvelle fois.

En 1990, il crée Bantous Monument en compagnie de Ganga Edo et Passi Mermans : l’expérience ne fera pas long feu. Puis encore, l’orchestre Le peuple en 2000, mais sans succès. 

En 2004, Célestin Kouka est de retour dans les Bantous. Retour historique car il sera suivi de deux tournées des Bantous en Europe, dont le passage au mythique Olympia de Paris.

En 2016, une étoile s’est éteinte, laissant le souvenir d’un compositeur de grand talent. Dans nos oreilles chuchotent la multitude de ses compositions légendaires telles que : "Mawa ya Hotelet", "Georgina wa bolingo" (OK Jazz), "Comité Bantou", "Rosalie Diop" (Bantous), "Kouka ba dia ntseke", "Caprices", "L’heure de la vérité" (Trio Cepakos), pour ne citer que celles-là.

« Pour l’avoir tant apprécié durant son incroyable parcours, nous ne l’oublierons pas ! », prédisaient Verckys Kiamuangana Mateta et Simaro Massiya Lutumba Ndomanueno, de la délégation kinoise présente à Brazzaville aux obsèques de Célio Kouka.

Cette prédilection des deux géants de la musique aura-t-telle une résonnance au niveau national ou international au point d’immortaliser le nom de Célio pour un espace public ou une institution ?

Marie Alfred Ngoma

Légende photo : Célestin Kouka

Crédit photo : Cyriaque Bassoka

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