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Le Congo-Brazzaville, ce goulag des temps modernes

politique
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" Ce n'est pas à la justice que j'ai à faire mais à l'arbitraire ".

Ces mots lapidaires sont ceux de Jean Marie Mokoko, et il ne s’était pas trompé pour résumer tout du régime Sassou. Un régime tribaliste, clanique et abject qui ne recule devant rien pour la conservation du pouvoir. En plaçant ses hommes partout, l’autocrate congolais a réussi à museler toute voix discordante et à mettre tout un pays au pas.  

Comme ce fut le cas pour Jean Marie Mokoko en Mai 2018, Sassou et sa cour ont condamné Okombi Salissa à 20 ans de taule.  20 ans, c'est le tarif maison. Le verdict en soi, n'est pas une surprise car il était attendu, le contraire eut été étonnant.

C'est ainsi donc que Sassou règle ses comptes contre ses adversaires les plus redoutables. Le droit, le sien, comme arme, c’est aussi efficace que les coups de kalachnikov pour achever ses adversaires. Pas de bruit, pas de traces de sang. Un crime parfait. Contrairement à la belle vieille époque où il les passait au petit matin.

Une dictature n’a jamais été un Etat de droit. Et ce ne sont pas les avocats d’Okombi qui auront marqué de toutes leurs empreintes avec des plaidoiries éblouissantes, malmenant la cour du roi et ses avocats, qui le démentiront. Des plaidoiries comme on en fait rarement dans cette dictature sauvage et qui ont permis en tout cas à chacun de se faire une idée de ce qu’est l’Etat Sassou. Un vrai goulag.

Il y a tout de même quelque chose de bon à tirer de ce procès stalinien. Grâce à la tribune qui lui était donnée, Okombi s’en est servi pour mettre complètement à nu les méthodes du pouvoir auquel il a appartenu. Des méthodes de barbouzes qui consistent à déposer nuitamment des armes aux domiciles des adversaires politiques pour faire constater le flagrant délit, une fois Ndenguet et ses hommes envoyés sur les lieux où ils avaient déposé les armes la veille, et ainsi justifier le motif fallacieux d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Ainsi, le piège se referme cyniquement sur la victime. Qui mieux qu’Okombi pour décrire ça, lui qui connait le système Sassou dans tous ses détails comme les doigts de sa main ?

Bien sûr, derrière tout ce cirque judiciaire, les Congolais, eux, retiennent que les ennuis d’Okombi Salissa tirent leur origine de la position qui a toujours été la sienne en 2015 contre le viol par Sassou de la constitution de 2002 et aussi, de sa contestation du hold-up électoral opéré par ce même Sassou en Avril 2016. Tout le reste, sur la prétendue conquête du pouvoir par les armes au sujet du sieur Okombi, c’est des histoires à dormir debout. Même un enfant, ne croit nullement à cette fable. 

 Et a Okombi de conclure, sûr de la sauce à laquelle il allait être mangé :  "Personne n'est dupe. J'ai assez parlé pour prouver mon innocence. Je n'ai pas de défense. Je me soumets à votre conviction. Que vous me condamniez à 20, 30 ou 40 ans, j'assume parce que je suis citoyen congolais".

Tout est dit.

La plume libre !

Diaz Mahindou

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Réaction du Professeur Charles Zacharie BOWAO

Condamné à 20 ans de travaux forcés comme Jean Marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa est une victime de plus des braquages judiciaires dignes d'un état de non droit triomphant au Congo. On est dans le tragicomique. Cette injustice publique n'honore que la cour des criminels dont la mission principale, renouvelée chaque fois que de besoin, est d'assassiner la vérité. Notre pays est malade de ses "élites judiciaires". Personne n'est dupe pour autant.
Le changement illégal de la constitution du 20 janvier 2002, le hold-up présidentiel du 04 avril 2016, les procès politiques staliniens et la crise économico-financière actuelle constituent la véritable atteinte à la sûreté de l'état, avec utilisation massive et abusive d'armes de guerre par une force publique instrumentalisée à dessein. C'est cela que ne cesse de dénoncer à haute et intelligible voix la Fédération de l'Opposition Congolaise (FROCAD-IDC-CJ3M).

La lutte continue

Professeur Charles Zacharie Bowao
Porte-parole FROCAD-IDC-CJ3M.

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