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Voile noir…Les démocrates congolais pleurent Augustin Kalla

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Ce qu’il a subi, seul lui sait. Augustin Kalla Kalla en gardera des séquelles irréversibles dont il ne se remettra jamais. Il s’en est allé ce matin du 5 Mai, sans doute avec des secrets.

La barbarie de Sassou à l’état pur, avait jusqu’ici un nom et un visage encore bien vivant. C’était Augustin Kalla, Orateur hors pair au caractère bien trempé et aux convictions politiques irrémédiablement bien tranchées. Son aversion contre le pouvoir tyrannique de Denis Sassou Nguesso était connue des Congolais. Très actif à l’opposition, notamment au CADD d’André Okombi Salissa qui croupit en taule depuis plus de 2 ans, Augustin Kalla était foncièrement engagé contre le viol par Sassou de la constitution en 2015 lui permettant de briguer un énième mandat, puis au hold-up présidentiel un an après par le vieux dictateur congolais. Un engagement qu’il payera très cher.

Enlevé nuitamment le 29 septembre 2016 à son domicile par des éléments de la milice de Sassou (DGSP : Direction Générale de la Sécurité Présidentielle), Augustin Kalla Kalla ne donnera plus jamais signe de vie pendant plus de 5 mois. Des mois durant lesquels il subira des pires atrocités et des tortures en tous genres. Battu et laissé pour mort, il sera jeté et retrouvé par sa femme devant la morgue de Brazzaville. Ses bourreaux le croyant mort.

Ce qu’il a subi, seul lui sait. Augustin Kalla Kalla en gardera des séquelles irréversibles dont il ne se remettra jamais. Il s’en est allé ce matin du 5 Mai, sans doute avec des secrets.

De cette mésaventure inhumaine, Augustin Kalla Kalla publiait une prose au mois de février dernier sur sa page Facebook pour rendre un vibrant hommage à sa femme en ces termes.

Augustin Kalla Kalla écrivait:

« Père et mère de deux jumelles X 2 successivement, ça se fête spécialement. Toute ma gratitude infinie à cette dame qui a su sincèrement et profondément remplacer ma mère. Elle m'a toléré dans mes excès mondains d'homme aux atomes parfois un peu fourchus. Elle m'a cherché partout, parfois seule, lors de mon enlèvement, ma détention au secret, mon innommable torture en 2016.

 

C'est elle qui est venue me récupérer au portail de la morgue municipale de Brazzaville après que mes geôliers m'y aient jeté, me croyant quasiment mort.

Elle m'a bercé, réconforté, pris foncièrement soin de moi pendant mes douloureux, lourds et longs soins intensifs à la clinique. Elle méritait cette reconnaissance publique. Ce n'est pas pour faire pleurer quelqu'un, c'est un hommage mérité à cette femme qui m'a toujours fait oublier que je suis orphelin de mère. Sois glorifié, Seigneur de me l'avoir envoyée, alors que je n'ai rien fait pour la mériter. Reconnaissons nos épouses et époux pendant que nous sommes tous en vie. Alléluia !!! ».

Je pleure un compagnon de lutte, un frère, un ami. Brillant, homme de convictions, vaillant combattant pour la démocratie jusqu'à y laisser sa vie. Repose en paix cher ami. La lutte pour l’instauration de la démocratie dans notre pays est un objectif non négociable pour tous les démocrates congolais. La lutte continue !

Jean Claude Itoua