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Sassou, le bradeur de haut niveau

politique
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Constamment brocardé par la presse internationale pour ses crimes tant financiers que contre l’humanité, le pouvoir de Brazzaville a installé une mafia clanique insatiable encroutée au cœur de l’Etat. Cette dernière a fait main basse sur les richesses du pays conduisant le Congo-Brazzaville à une banqueroute que Sassou n’ose avouer.

Devenu tristement célèbre dans le feuilleton des « biens mal acquis », le régime de Brazzaville ne constitue-t-il pas un étalon de régimes corrompus et négriers de notre époque ? Avec un salaire proche de l’aumône et rarement payé, les travailleurs congolais tirent le diable par la queue cumulant ainsi plusieurs mois d’arriérés sans solde.

A l’instar du peuple congolais qui a épuisé les trous de la ceinture à force de la serrer, les étudiants congolais à l’étranger n’en peuvent plus du non-paiement de leurs bourses. Hélas, ils basculent, un à un, dans la prostitution !

Une nation sans jeunesse formée se condamne à des lendemains difficiles et qui déchantent. Le paysage scolaire est affligeant tant il présente un triste tableau. Les élèves et étudiants congolais de l’ère Sassou, s’asseyent à même le sol dans des salles insalubres aux effectifs stratosphériques dépassant les deux cents par classe.

Ô que c’est lointain, ce temps où l’on construisait des écoles de qualité au Congo ; ce temps où l’on distribuait gratuitement les fournitures scolaires dont des cahiers made in Congo aux élèves ; ce temps où l’atteignait les cent pour cent du taux de scolarisation !

Sous Sassou, nos écoliers vont et reviennent de l’école le ventre vide. Les dispensaires scolaires ont disparu avec un taux de mortalité infantile, somme toute biaisé (comme tous les chiffres que publie le gouvernement congolais), dépassant les 56 % …

Le saccage de l’école est une grave atteinte à l’édification de la nation. Il atrophie les capacités créatrices de la jeunesse et compromet les chances d’épanouissement et d’émancipation du pays : une véritable entrave au développement. Hélas. La pieuvre semble être parvenue à instituer les antivaleurs comme logique de fonctionnement du pays. Il s’agit là d’une politique de régression en fait voulue par les forces du mal afin de continuer à piller les richesses du pays.

Ainsi, rode partout la mort. Elle frappe toutes les familles sans répit, Il n’est pas rare qu’une famille éprouvée le soit une seconde fois dans la même semaine. Une aubaine pour ceux du clan qui se sont emparés du monopole des pompes funèbres. Une juteuse affaire dont orchestre l’inflation sur le dos des malheureuses populations impuissantes face à une administration corrompue. De plus en plus, des corps sont abandonnés à la morgue, les familles ne pouvant assurer les funérailles.

Selon le préfet de Pointe-Noire, il y a plus de sept cents morts par semaine pour la seule localité. La plupart, ce sont les enfants de moins de vingt ans, poursuit-il. Les congolais doivent se lever pour dire NON et défendre leurs droits.

Par-delà des discours lénifiants singeant la rhétorique démocratique, c’est la culture d’assujettissement et de l’ignorance que l’on s’efforce à inculquer et faire admettre aux populations. Le cas échéant, à coups d’épée sous des prétextes fallacieux de querelles post-électorales. Ne cherchons pas, il s’agit d’une dictature.

L’une des stratégies visant la conservation du pouvoir repose sur l’infantilisation du peuple et son maintien dans l’incapacité de s’offrir son libre arbitre. Afin de mieux l’assujettir.

Des colossales sommes dont on ne saurait prononcer le montant, quelle que soit la langue, ont été brassées, dilapidées et coffrées dans des paradis fiscaux. Existe-t-il un seul membre du clan qui n’a pas siphonné l’état congolais ?

Les polices française, canadienne, italienne et espagnole ont collectées, année après année, un bon nombre de preuves des biens mal acquis provenant de l’Afrique et notamment du Congo-Brazzaville. Dans un procès relatif aux biens mal acquis, le président congolais a même été cité.

C’est si criard que le législateur français vient d’envisager, dans sa dernière cargaison des lois, une disposition visant à rapatrier sommes éventuellement saisies au pays spoliés. Mais le réseau de la mafia françafricaine est si puissant et tentaculaire que la réalité d’un tel juste retour demeure chimérique. Des cerveaux connus pour leur manque de philanthropie et d’altruisme comme ceux des Pigasse, DSK, Benalla, Benguigui et autres agents secrets courent à la rescousse de Sassou afin de le protéger d’éventuels tumultes pour se remplir leurs poches.

Le Congo est malade de ses dirigeants véreux et qui ont une étrange conception du pouvoir et de l’argent.

Par « pouvoir », ils n’entendent que gangstérisme, domination, écrasement et assujettissement. Jamais ils ne saisissent le sens du verbe lié à ce mot pouvoir qui galvanise les masses laborieuses faisant corps.

Du pouvoir de l’argent, ils n’en retiennent que l’avilissement et la corruption. Ici, l’argent ne se travaille guère. Issu d’une rente notamment pétrolière et du bois dont on parle peu, il part en fumée faisant appel à des dettes que l’on flambe à nouveau.

Dans un pays où l’on ne fabrique ni ne transforme rien et où l’on ne produit pas ce que l’on consomme ; dans un pays où le travail n’est plus une valeur et où l’on encourage la mendicité, dans un pays où l’on plébiscite la médiocrité et l’on noie la jeunesse dans l’alcool, la rente pétrolière est devenue un accélérateur du déclin proche de la malédiction.

Entré opportunément à l’OPEP afin d’augmenter ses facilités d’emprunts auprès des grands bailleurs producteurs de pétroles des pays du Golfe, les dirigeants congolais traquent l’argent partout. Ils oublient l’axiome de base qui veut que l’argent soit le fruit d’un labeur.

Afin de disposer de l’argent frais que le clan s’empresse à abriter dans des paradis fiscaux, le pouvoir de Brazzaville gage et brade les richesses de son pays partout où l’on spécule. Une vente en règle de son pays. Sans trop s’en rendre compte, l’homme est sur le point d’achever la mise en place des bases d’une nouvelle colonisation de son pays. La RDC ne fut-elle pas la propriété privée des rois des belges ? Que reste-t-il aux multinationales et à la Chine pour franchir le pas ? Pas grand-chose, sinon qu’une once de pudeur.

Abraham Avellan WASSIAMA

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