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L’œuvre testamentaire du père fondateur de Koongo dya Ntootela

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L’homme koòngo est le Muùntu qui réside sur les terres Koòngo ou>

L’œuvre testamentaire du père fondateur de Koongo dya Ntootelaenvers ses descendants : les : les [ba]-naKoòngo

Le fondateur du royaume Koòngo Nimi Lukeni devenu Ntinu Wene au moment de son accession au trône a été présenté par les chroniqueurs ayant séjourné dans l’ancien Congo, comme le Ntootela, c’est-à-dire, le jardinier, le cultivateur, le rassembleur, somme toute, le fédérateur.

Ntinu Wene est appelé Ntootela en raison d’une détention par lui de plusieurs terres donc de plusieurs Etats lesquels font partie intégrante de ce qu’il appellera lui-même Koòngo-Dya-Ntootela.

C’est à ce titre qu’il est aussi appelé Maàni, c’est-à-dire, détenteur ou propriétaire des terres ou Etats (ma n’gâta maàni) dans lesquels, il exerce pleinement son autorité. Ceux qui le secondent dans l’exercice de ses prérogatives royales sont aussi des Maàni, c’est-à-dire des gouverneurs de provinces ou des états fédérés que sont les Mbaànza.

C’est de la même manière qu’il se définit comme le Musi-koòngo, c’est-à-dire, ce Mpfumu-muùntu régnant sur les terres koòngo.

Ici, force est de relever que le Musi n’est qu’une transcription évolutive du mot Mu-tsi lequel défini l’appartenance de l’être ou du Muùntu à un « pays » Koòngo donné qui n’est, en réalité que la terre de ses ancêtres.

En l’espèce, l’homme koòngo est le Muùntu qui réside sur les terres Koòngo ou Muùntu wa tsi koòngo (voire Muùntu bela ka mu tsi za koòngo).

Ici, Tsia pour synonyme le mot ntootoet qui veut dire terres, pays, cités et le Ntootela, le roi du Koòngo ou Mpfumu-ntooto, est maître ou seigneur sur ses terres, c’est-à-dire le Mpfumu-tsi.

En somme, est Musi, chez les Koòngo, toute personne qui, par son appartenance à un clan est naturellement originaire d’une terre ou localité voire contrée nommément désignée dans l’espace Koòngo.

Par conséquent, les [Bi]-si-Koòngo ou [Bi-tsi-] sont les ressortissants des membres des clans qui résident sur des terres que leur ont léguées leurs ancêtres Koòngo.

Le clan reste, comme le relève à juste titre le koongologue Georges Balandier, efficace non seulement parce qu’il régit la constitution des groupements résidentiels,…mais parce qu’il crée un champ de forces où vivants et « ancêtres » sont vitalement associés et à l’intérieur duquel l’individu est censé trouver équilibre et santé. Le fait d’être membre du clan (musi nkanda) prend, observe-t-il, d’autant plus d’importance qu’il distingue l’homme libre (muntu a nkandaoumfumu) de l’homme dit esclave (muntu a mbongooumwana gata = enfant du village et non de la parenté. (Georges Balandier in « Sociologie actuelle de l’Afrique noire, 3ième partie, Changements sociaux chez les Bakongodu Congo », P.U.F, 2ième édition 1971 P.305.)

Parmi les mérites de NtinuWene dans sa grande aventure d’édification et de construction de son œuvre qui est le Koòngo Dya Ntootela, c’est d’avoir dès sa fondation initié l’importance du travail à travers la spécialisation de certaines activités.

C’est d’ailleurs, une des raisons d’être, des clans oumvila.

A ce propos, le père Van Wing rapporte que :

« Les hommes de métier arrivèrent avec leurs outils, car à Kongo, dès l’origine chaque clan avait son métier. Il y avait des tisserands, des tireurs de vin de palme, des vanniers, des potiers, des forgerons. Il n’y avait de commun que l’agriculture, qui était réservée aux femmes, et la chasse et la pêche, apanage des hommes. Cette spécialisation et cette division du travail entre les clans, tout extraordinaire que cela paraisse, sont mentionnées dans les traditions de quelques clans. » (Van Wing in « Etudes Bakongo, sociologie, religion etmagie » 2ième édition 1959 P.45.)

En effet, autrefois, chaque clan avait un métier qui, de génération en génération, était exercé par certains de ses membres de celui-ci. Un métier était, en quelque sorte, une distinction clanique.

C’est dans cette optique que, outre les distinctions claniques qu’elles opèrent, jadis, les noms des clans n’étaient que la traduction des activités dominantes auxquels ceux-ci s’étaient spécialisés.

A titre d’exemple, pour ce qui est du clan de Bisi-Kindamba, sire Ndamba fut, rapporte le cardinal Emile Biayenda, un chef de clan connu pour le plus riche. Ce fut un prodigue pour les réceptions qu’il donnait à ses invités et ses hôtes de passage. Le sobriquet fut trouvé, Ndamba ou Ndambi signifie mets apprêtés méticuleusement.[Abbé Emile Biayenda in « Coutumes et Développement chez les Bakongo du Congo-Brazzaville » Thèse Lyon 1968 Première partie P.24.]

En fait le sobriquet Ndambaest un dérivé nominal du verb elaàmba et qui veut dire cuisiner, préparer et de par leur nom clanique les membres du clan ki-ndamba furent réputés pour leur hospitalité et celle-ci était grandement soutenue par leurs activités agricoles, de commerce et d’élevage.

Il en fut de même pour les membres du clan Ka-Hunga (ou Ka-wuùnga) réputés pour leurs activités pastorales et de vente de bétail. Ici, le nom de Ka-wuùnga n’est autre que le dérivé du verb ewuùnga et qui veut dire guider, diriger, orienter.

Ici, le verb ewuùnga sous-entend toute activité pastorale, celle afférente aux bergers dans leur entretien de troupeaux par exemple de bœufs.

C’est dans le même ordre d’idées que les noms de certaines ethnies [ba]-koòngo correspondent en fait à la traduction des activités dominantes auxquelles elles étaient attachées à un moment donné de leur histoire.

C’est le cas notamment au Congo-Brazzaville, des Kamba [ terme désignant des chênes majestueux d’Afrique], Kuùni [du verb ekuùna et qui veut dire cultiver = travailleurs ou exploitants de bois], Doòndo [grands prieurs et transmetteurs dendoou ondes bénéfiques notamment en matière de commerce domaine dans lequel, ils ont excellés par le passé] et Suùndi [du verb esuùndaousuùndama qui évoque toute idée de se relever par la réunion et l’affermissement de toutes ces conditions qui sont favorables à une vie meilleure du lieu où l’on réside et/ou par le travail comme celui du fer et ayant fait d’eux, par le passé, de très grands forgerons ou ngaàngula] dont le sens étymologique des noms qu’ils portent n’est en réalité qu’une traduction des activités auxquelles ils étaient fortement attachés ou dans lesquelles ils s’étaient spécialisés autrefois comme l’agriculture, l’exploitation du bois, le commerce et le travail des métaux.

En parlant par exemple des Kamba, Gilles Sautter rapporté par Marcel Soret, à la suite d’une sérieuse étude du système de culture des Kamba, en était arrivé à la conclusion d’aprèslaquelle, ils étaient les meilleurs agriculteurs Koòngo (Marcel Soret in « Les Kongo Nord-Occidentaux » P.U.F 1959 P.39.)

En somme, le testament du père fondateur de Koòngo-Dya-Ntootela envers les [Ba]-na Koòngo, est celui d’une vie unitaire et salutaire [comme l’indique le nom d’une des composantes ethniques Koòngo, Vili qui, en réalité n’est qu’un dérivé nominal du verbe Vila et qui veut dire : unir, associer, lier, attacher, nouer. Les ma-vila sont des sentiers, des chemins que certains groupes Koòngo comme les Vilis ont emprunté dans leur histoire d’émigration tout en ayant pris le soin de conserver les fondamentaux de la culture et sagesse Koòngo. Quant au nom loango ou lwango, il sous-entend la toute puissance ou force qui relève de Ngo, c’est-à-dire de l’union de certaines forces naturelles qui, au final tendent au développement de l’être ou du muùntu], que tout enfant Koòngo devra édifier, préserver coûte que coûte et qui, inéluctablement, passe par l’amour de l’être ou du Muùntu envers son semblable et celui du travail. Celui-ci étant bien entendu l’élément capital ou indispensable pour l’accroissement, la survie, le développement et la pérennité de la Nation.

D’où la signification profonde de la devise « Koòngo tsilulu ! » [du verb ensila et qui exprime toute idée d’action et d’entreprise etc.], c’est-à-dire Koòngo, terre des hommes et de vie, d’accueil, de travail, de partage et de paix où il fait bon vivrene peut l’être que, si les lois que sont les « kieno mia tsi na kieno mia ba mbuta », ayant contribué à sa fondation et à son rayonnement, sont pleinement respectées.

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU

(TAÀTA N’DWENGA)

Avocat à la Cour

Koongologue

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