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Le marasme économique, social et financier du Congo de Sassou

politique
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Le Congo, depuis plus d’un an, s’enfonce chaque jour dans le chaos économique, social et financier. Comme depuis plus d’un quart de siècle, le clan de Sassou au pouvoir, incompétent et stoïque, compte une fois de plus sur l’augmentation de la production pétrolière et sur une hausse du baril pour rebondir, car au plan de la bonne gestion économique, il ne sait pas faire.

Ainsi les mauvaises nouvelles succèdent aux mauvaises nouvelles. Qu'on en juge.

Dans la filière des transports, le Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) a suspendu sa liaison entre Loutété et le Pool en raison de la guerre que M. Sassou mène contre ce département coupable, selon lui, d'avoir agressé ses parents en 1959. Cette crise artificielle perturbe gravement notamment l'approvisionnement du pétrole et du ciment en provenance de Pointe-Noire. Résultat, les compagnies aériennes vont faire le plein de kérosène à Kinshasa, et beaucoup de taxis et foula foula sont à l’arrêt à Brazzaville.

La compagnie aérienne Ecair, surendettée et mal gérée a fermé boutique depuis novembre 2016, sans crier gare. Il est vrai que personne n’a jamais cru que le clan au pouvoir était capable de gérer sur la durée une compagnie aérienne.

Il est bien entendu que les salariés du CFCO et d’Ecair attendent depuis plusieurs mois d’être payés.

La situation des 70 000 salariés de la fonction publique est identique. Les contractuels de l’Etat enregistrent jusqu'à sept mois d'arriérés de salaires, les retraités encore plus. D'aucuns pensent d'ailleurs que la paie est dorénavant assurée à partir d'une cagnotte que Sassou a dissimulée loin du trésor public.

Les nombreuses fermetures de sociétés et d’usines, notamment à Pointe-Noire, sont suivies de vagues de licen­ciements.

Les chantiers dits présidentiels sont à l’arrêt. Le complexe sportif de Kintélé, un éléphant blanc construit à coup de milliards pour les Jeux africains en 2015, sous exploité, menace ruine faute d'entretien. Le Congo a d'ailleurs renoncé à l'organisation de l'Afrobasket 2017 en raison de la conjoncture économique, ce qui ne l'empêche pas d'alourdir encore plus sa dette auprès de la Chine  avec la construction d'un nouveau palais des congrès. Notons que la dette publique du Congo a atteint 77% du Produit intérieur brut (PIB). Les réserves internationales imputées au pays étaient tombées en mai à deux mois d'importations. Aujourd'hui le Congo est en état de quasi cessation de paiements, ce qui signifie que pour payer les importations le pays recourt au crédit de la zone CEMAC ou du trésor français. Les prêts improductifs ont augmenté du fait de l'accumulation des arriérés du gouvernement qui a affaibli les entreprises privées. Le gouvernement a accumulé des arriérés extérieurs en 2016 et 2017...

Des entreprises comme la Société nationale de distri­bution d’eau (SNDE) ou la Société natio­nale d’énergie (SNE) peinent à servir eau et électricité dont la fourniture est depuis des années sujette à des coupures intempestives. Là également, les salariés sont payés au lance-pierres.

Le Centre hospitalier de Brazzaville, le plus grand au Congo, souffre de la panne, depuis le 6 juin dernier, des appareils de stérilisation de sorte qu’aucune opération chirurgicale ou IRM n’est plus pratiquée. De même les scanners sont à l’arrêt et il n'y a plus d'oxygène dans l'établissement depuis décembre 2016. Les membres du clan au pouvoir se soignant à l'étranger, les équipements des hôpitaux publics n'ont jamais été une priorité, cela à dessein  : c'est une stratégie de délaisser ces structures, histoire d'orienter les malades vers les cliniques privées appartenant aux membres du clan d'Oyo...

Le cabinet CACOGES qui vient de réaliser un audit de cette structure révèle que «  A peine 7% des 1,5 milliard de FCFA représentant la subvention d’équilibre accordée trimestriellement par l’Etat sont utilisés pour l’achat des médicaments, des réactifs, des consommables ou encore dans la radiologie et l’entretien de l’équipement. Le reste va dans des dépenses contre-productives ». Comprenez  que les grands chefs nommés par le pouvoir sur une base tribale détournent les fonds, quand ils ne consacrent pas ceux-ci à l'entretien de la pelouse de l'hôpital ou à repeindre le mur d'enceinte...

Ici également, tout comme à l'hôpi­tal général de Loandjili, à Pointe-Noire, les salaires sont perçus par intermittence et les parents vivant en Europe et en Amérique sont mis à contribution pour venir en aide aux sinistrés de Sassou.

Même les mili­taires n’ont pas reçu l'intégralité de leurs primes. D'ailleurs, une certaine grogne commence à être perçue. Certains désertent le Pool où ils sont censés combattre les hommes de Bintsamou, d'autant qu'ils comprennent à présent que Sassou envoie au front de préférence des soldats originaires du Sud tuer des populations du Sud. Une manoeuvre machiavélique d'extermination des populations de cette partie du pays qui ne dit pas son nom.

S'agissant toujours de l'armée, environ 600 Casques bleus congolais déployés en Centrafrique vont être rapatriés après des accusations d'abus sexuels, trafic de carburant, indiscipline et divers autres manquements, a annoncé l'ONU mercredi dernier.

Dans le Pool, selon une enquête de l'ONU publiée ce vendredi 23 juin à Brazzaville « Le taux de malnutrition aiguë global parmi les enfants déplacés de moins de 5 ans est de 17,3%. Ce taux dépasse le seuil d’urgence de 15% établi par l’Organisation mondiale de la santé " (OMS) « Les ménages déplacés font face à de grandes difficultés d'accès à la nourriture et aux besoins élémentaires ». (Voir à ce sujet un entretien avec Sassou et la réaction du collectif sassouffit)

Selon cette même enquête, tout comme celle de Caritas qui a signalé des cas de viols systématiques parmi des réfugiés à Kingoué, le nombre de personnes déplacées dans cette région du Pool (qui compte 263.000 habitants) a été multiplié par six en moins d’un an, passant de près de 13.000 à 83.000 en mai 2017.

Sur le front des droits de l’Homme, selon le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation en Afrique centrale et les activités du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale, « La situation des droits de l’homme en République du Congo reste préoccupante. Des organisations locales de la société civile et des partis d’opposition dénoncent la poursuite de la réduction de l’espace démocratique et des violations des droits de l’homme, y compris des cas de torture, d’arrestations arbitraires, de détentions et de disparitions forcées ». Faut-il rappeler ici que les prisons congolaises, dans un pays où la justice est rendue au nom du pouvoir mbochi, a embastillé nombre d'anciens candidats à la présidentielle comme le général Mokoko, Okombi Salissa, des hommes politiques comme Modeste Mboukadia, des journalistes comme Ghys Fortuné Dombe Bemba de Talassa, des militants politiques ou de simples citoyens ?

C'est dans ce contexte que s'inscrit l'affaire Nianga Mbouala alias Joe Bill, du nom de ce général chef de la Garde républicaine, en froid avec JDO et Ndengué. Une manoeuvre de diversion de plus du pouvoir qui se terminera soit par l'emprisonnement dudit général pour " atteinte à la sureté de l'Etat, trahison et détention de munitions et d'armes de guerre ", selon la formule consacrée, soit se réglera sous l'arbre à palabre mbochi.

Pourtant, malgré cette situation apocalyptique, Sassou a prévu de dépenser, en juillet prochain, des milliards de francs CFA pour l’organisation d’une cérémonie de nomination de députés à l’assemblée croupion, une cérémonie baptisée " élections législatives ".

Ainsi va le Congo, un pays où seuls prospèrent aujourd'hui les services de la morgue et les églises de réveil animées parfois par des ministres (Bruno Itoua, Ibombo...) et autres Willy et Claudia Nguesso. Jusqu’à quand les congolais courberont-il l’échine face à la dictature d’un clan ? Jusqu'à quand, alors que leurs compatriotes meurent ou crient au secours, les Congolais se contenteront-ils de grommeler sur les réseaux sociaux, dans les colloques et ailleurs ? La question est posée.

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