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La faillite de l’Etat mbochi

politique
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Ils se bousculent maintenant à vouloir sauver le « grand bandit que nous avons nourri » comme Lissouba qualifiait Sassou Nguesso. Un homme qui gère le pays comme une épicerie tribale, après avoir installé à tous les postes importants de l'administration (sauf exception confirmant la règle) et de l'armée les seuls mbochi ou des ressortissants du Nord. 

Dernier en date, Mathieu Pigasse, neveu de l’autre Pigasse bien connu au Congo, et sa banque Lazard (lire l'article) dont Sassou espère qu’elle réussira à restructurer la faramineuse dette congolaise.

Sans doute payés au prix fort, ces financiers s’attèleront, peut-on croire, à forcer la main du FMI pour sauver le soldat Sassou.

Mais, quand bien même les négociations aboutiraient et que le FMI déverserait sa manne financière, la potion sera très amère pour les Congolais, de sorte qu'il n'est pas dit que ces derniers accepteront de l’avaler sans broncher.

On croit savoir que le FMI exigerait que Sassou prenne des mesures fortes, dont les plus indigestes seraient :

  • La suppression ou la réduction drastique de la bourse allouée aux étudiants ou du nombre des boursiers de l’enseignement supérieur
  • La hausse importante du prix du carburant à la pompe 
  • La réduction de moitié et le gel des salaires de la plupart des fonctionnaires
  • La réduction par six de la rémunération des députés et par trois du salaire des ministres (Sassou se gardant naturellement la possibilité de payer des dessous de table)
  • La création d’un impôt foncier que devra acquitter tout propriétaire d’immeuble (les maisons de nos parents y compris, bien entendu)
  • La création de taxes diverses qui frapperont les petits métiers, même informels
  • La lutte autre que verbale contre la corruption, endémique et généralisée qui est le mode de fonctionnement du clan mbochi.
  • La restructuration des sociétés telles la SNPC et autres tonneaux des danaïdes comme la SNE, la SNDE... avec un plan social (licenciements) et mise à la retraite anticipée à la clé 
  • Etc.

Autrement dit, le pouvoir devra se résoudre à faire les poches des Congolais pour payer la gabegie, l'incompétence, les détournements de fonds publics et l'enrichissement éhonté du clan mbochi au pouvoir, celui des Nguesso, Bouya, Ondongo, Koko, JDO, Ndengue, Ebata...

 Chacun sait où tout cela risque de mener. Vers une clochardisation de la population, que devrait entraîner l'inflation qui fera forcément son apparition. Et quand on sait qu'au lieu des 4000 emplois par an que Sassou promettait de créer en 2009, le chômage de la jeunesse diplômée est  devenu massif, la colère populaire ne pourra que monter. Il ne suffira plus alors que d'une étincelle pour allumer la mèche révolutionnaire.

 

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Lu pour vous dans le journal "Nouveau regard"

Clément Mierassa :  " Si on a caché la dette, que disons-nous des résultatas des élections ? "

Question : Cette dette cachée par les autorités du pays et qui fait couler beaucoup d’eau sous le pont, constitue-t-elle une épine dans les discussions avec le Fmi ?

 Réponse : Il important de rappeler que l’année 2017 a été décrétée année de rigueur et de la vérité. Le problème de la dette une véritable épine. Quand nous nous sommes battus pour l’atteinte du point d’achèvement que nous avons obtenu en 2010, quelle était la philosophie ? La dette constituait un véritable goulot d’étranglement pour le développement du Congo et qu’il fallait régler cette question. Lorsque nous avons atteint le point d’achèvement en 2010, cette question a été réglée. Et nous avons sauf si je me trompe, pris des engagements pour prohiber des procédures comme celles du gage dans le secteur pétrolier et dans le secteur des mines. Et à l’époque, nous avions un niveau de dette qui était jugée insoutenable qui ne nous permettait pas d’avoir des bonnes perspectives d’avenir.

Mais comment expliquer que six ans après, nous retombons dans une situation où nous cachons la dette. Et lorsque le Fonds monétaire international le dit,

il faut expliquer aux congolais. Chaque année le Fonds monétaire international effectue une mission dans chaque pays, au titre de consultations, au titre de l’article 4 et le Congo est membre du Fonds monétaire international. Si je comprends bien, ça veut dire que, à chacune de ces consultations, nous n’avons pas été sincères et nous n’avons pas ouvert nos livres. Mais nous avons caché dans quel intérêt ? Regardez la situation dans laquelle le Congo se retrouve. Nous avons connus une embellie financière. Nous avons connu des budgets extrêmement élevés. Nous avons été censés avoir dégagé des excédents budgétaires. Et nous nous retrouvons non seulement avec un niveau de dette inexplicable et nous nous retrouvons en plus avec des questions de gage de nos ressources etc. Non !

Je crois que la peur de la transparence doit sortir de la tête des congolais surtout des

acteurs politiques. Et c’est pour ça qu’il faut que nous allions à la transparence. Que

nous nous remettons en cause. Aujourd’hui vous savez avec les panama et les paradis papers, si vous avez de la richesse cachée dans ces paradis fiscaux, on finira un jour à l’autre par vous la découvrir. Et ce qui me choque monsieur le journaliste, c’est l’inégalité dans le traitement. Vous avez un pays dans lequel, on s’acharne sur les opposants. Ils sont nombreux à la Maison d’arrêt être à avoir été arrêtés. Soi-disant pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

Pendant ce temps les congolais voient les scandales économiques, les crimes économiques restées impunis. Vous avez suivi qu’un député a relevé lors de la dernière interpellation du gouvernement par l’Assemblée, qu’il y avait une route inexistante, pour laquelle les fonds auraient été débloqués; c’est très grave. Et qu’est-ce qu’on fait ? Lorsqu’on dit qu’on a caché la dette, on a menti, qu’est-ce qu’on fait : absolument rien. Cette impunité, ne peut pas continuer. Sinon nous scions la branche de l’arbre sur laquelle nous sommes assis. Et à mon avis, ce n’est pas du tout intéressant. Il y a deux poids et deux mesures alors que selon notre loi fondamentale tous les congolais sont égaux devant la loi. Cette situation crée beaucoup de frustration et ne favorise ni l’unité, ni la cohésion, ni la concorde nationales. Donc aujourd’hui ça me fait très très mal en tant qu’acteur politique, très mal en tant que statisticien et très mal parce que nous avons une structure qui est censée gérer toutes les questions de la dette au Congo, c’est la Caisse congolaise d’amortissement. Dans quel intérêt on a voulu cacher cette dette ? Alors, on allait continuer de le faire si le Fonds monétaire international n’était pas venu. Et moi je suis scandalisé d’entendre certains acteurs politiques dire, nous allons avoir maintenant la possibilité de la détermination de notre dette avec le Fonds monétaire international.

C’est notre dette et on attend que ça soit le Fonds monétaire international qui la détermine. Reconnaissez qu’il y a un problème extrêmement grave. Je crois, que les congolais doivent connaître la vérité puisque le Fonds monétaire international a recommandé l’Audit sur la bonne gouvernance dans tous ses secteurs. L’interprétation que je donne c’est quoi, c’est le secteur politique, c’est le secteur économique, c’est le secteur financier, c’est le secteur social, c’est tous les secteurs qu’il faut regarder. Et ça nous ramène à une question qui nous a toujours intéressées, le problème de la gouvernance électorale. Si on a caché la dette que disons-nous des résultats des élections ? Voilà, les questions qui intéressent les congolais. Et c’est tout le pavé. Et c’est toute la classe politique qui est pratiquement remise en cause.

Et moi, ça me fait froid au dos en tant que statisticien congolais de voir l’image de mon pays être ternie au plan international sous prétexte que nous avons menti, sous prétexte que nous avons caché la dette. Et je crois que des mesures draconiennes doivent être prises, que des sanctions soient prises à l’endroit de ceux qui sont responsables de ce genre de situations. Si nous ne le faisons pas nous n’avancerons pas.

Question : S’agissant des réformes fortes et immédiates dont on a fait mention dans le communiqué de presse du Fmi, qu’est-ce que cela vous fait dire ?

 Réponse : Il y a des choses qui me font sourire. J’ai lu le livre que Gabriel Entcha

Ebia a publié en 2009, sous le titre : « 800 jours au ministère de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat » Il disait ceci en ce qui concerne l’obligation de déclaration du patrimoine.

« En application des dispositions de l’article 48 de la Constitution, j’ai initié un avant-projet de loi obligeant tous les citoyens élus ou nommés à des hautes fonctions à déclarer leurs biens à leur prise de fonctions et à la cessation de celles-ci. Ce texte pourtant attendu par la Communauté financière internationale, était d’une extrême importance, puisqu’il s’inscrivait dans le cadre de la lutte contre la corruption. Mais les éléphants du gouvernement, tournant le dos aux principes de transparence et de la bonne gouvernance, l’ont plutôt torpillé à telle enseigne qu’il n’a dépassé le cap de l’interministériel. Mon successeur reprit ce dossier après moi sans plus de succès et va, malgré les instructions du Président de la République lui-même. C’est cela la force du système. On a beau être animé des meilleures intentions du monde, seul, on ne peut pas transformer le monde. Que comprenne qui pourra », fin de citation.

Le 20 juillet 2004, il y a plus de 13 ans, Gabriel Entcha Ebia avait transmis au

Secrétariat général du gouvernement un projet de loi relative à l’obligation de

déclaration du patrimoine par tous les citoyens élus ou nommés à une haute fonction publique. Et jusqu’à ce jour, ce texte important n’a jamais été pris et pour quelle cause !

Sur la même question Feu André Milongo avait déposé au Parlement un projet de loi.

Personne ne sait ce que ce texte est devenu. Comme on le constate, ce n’est pas facile.

A cela il faut maintenant l’audit sur la gouvernance et la lutte contre la corruption.

Certains d’entre nous, ne sommes pas heureux mais je pense que c’est un passage obligé.

Tous les acteurs politiques et les congolais doivent comprendre. Nous avons besoin de réaliser une remise en cause fondamentale. Nous avons besoin d’une forte volonté politique. Il s’agit de privilégier l’intérêt général au détriment de l’intérêt individuel.

Je vous signale que selon l’indice de perception de la corruption publié par Transparency International, le Congo est classé parmi les pays les plus corrompus du monde.

Et tout le monde sait que la corruption est le cancer de l’économie et un gros obstacle au développement. L’indice de démocratie nous classe parmi les pays à régime autoritaire. Vous suivez les débats sur la gouvernance électorale.

Bref, nous avons besoin d’un bon sursaut national. Tous les congolais doivent apporter leur soutien à la réalisation de ces réformes. (...)

© Nouveau regard

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