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A hue et à dia (benda bika) entre Sassou et Siaska de Lang

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Tribune libre

A l’heure où il lui faut asseoir sa crédibilité internationale et faire accepter sa victoire à la présidentielle sur le plan national, Denis Sassou Nguesso affronte une série de difficultés. Crise financière, incertitudes politiques, aléas diplomatiques, débâcle médiatique. Les défis s’accumulent pour le khalife d’Oyo. Il y a de l’électricité dans l’air et de l’eau dans le gaz.

Chouchouna

Le sort incertain de la communauté internationale quant à la victoire controversée de Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville illustre la fragilité de l’homme du 5 février 1979. Après la découverte, par la communauté internationale d’anomalies lors de l’élection présidentielle du 20 mars 2016 (coupures des communications, fichier électoral tronqué, proclamation nuitamment des résultats, simulation d’attaques armées…), le doute s’est installé sur les résultats, au grand dam de Denis Sassou Nguesso. «  Malavou ma sobélé nkalou  » (le vin a changé de calebasse). Denis Sassou Nguesso est à la peine. Son étoile a pâli. La situation financière du Congo-Brazzaville qui dépend du pétrole (le secteur contribue à hauteur de 90% des exportations, 75% des recettes publiques et 60% du PIB) est si dégradée que Denis Sassou Nguesso a dépêché d’urgence à Washington et à Pékin des missi dominici qui sont rentrés bredouilles. L’époque où Sassou Nguesso apparaissait comme le « chouchou  » de la communauté internationale est révolue (médiateur dans la crise de la RCA, argentier de la Cop 21). L’épisode est lointain. Les bombardements à huis clos dans la région du Pool ont entraîné les partenaires du Congo-Brazzaville à remiser leurs positions à l’égard de Denis Sassou Nguesso.

Mouton noir

L’offensive médiatique d’Alain Mabanckou, prix Renaudot 2006 et professeur invité au Collège de France, institution fondée en 1530, a porté un coup fatal à l’aura internationale de Denis Sassou Nguesso. Ce qui a eu le don d’agacer le porte-parole du gouvernement du Congo-Brazzaville Thierry Moungalla qui s’est illustré par une sortie médiatique qui restera dans les annales de l’histoire comme la plus stupide. Et, le bras de fer engagé par Sassou Nguesso avec l’ambassadeur de l’Union européenne, Saskia de Lang, par l’entremise de son ministre des affaires étrangères Jean-Claude Gakosso, a fini d’achever le peu de crédibilité qui lui restait. En fait, de crédibilité, il n’en a plus. Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville a été ramené au rang de « mouton noir » de la communauté internationale au même titre que Robert Mugabe du Zimbabwe et Pierre Nkurunziza du Burundi.

Arête de poisson

A la demande de rappel de Saskia de Lang, l’Union européenne a opposé une fin de non-recevoir à Denis Sassou Nguesso. C’est niet. Ambiance. Le torchon brûle entre l’Institution de Bruxelles et les autorités du Congo-Brazzaville. Il y a du « tao tao  », dirait Ghislain Joseph Gabio. Saskia de Lang et Stéphanie Sullivan sont des témoins gênants du hold-up électoral de Denis Sassou Nguesso, lequel compterait encore des soutiens au sein de la commission européenne. « Opési mbwa, mbwa a boyi. » Réussira-t-il à avoir la tête de Saskia de Lang ? Célestin Nkouka et l’orchestre « Le Peuple » chantaient : « Mitou liboua ya nkoyi oyo oliya  ».

Là, Denis Sassou Nguesso a-t-il engagé la bataille de trop ? Saskia de Lang sera-t-elle « l’ékoufé » (arête de poisson) qui restera en travers de la gorge de Denis Sassou Nguesso ? 


Benjamin BILOMBOT BITADYS

A lire également, dans « Paris Match » (19/5)

Congo-Brazzaville: Quand Paris Match racontait la chute de Youlou 

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Brève

Sassou pris au mot

« Nouvelle République, nouvelles mœurs. Nous trouvons inconcevable qu’un gouvernement dont la mission fondamentale serait d’amener l’ensemble de la population à respecter, à obéir les lois et règlements de la République, ne puisse pas lui-même montrer l’exemple : dans le cadre de la publication devant le Parlement de la politique générale du gouvernement, que cette cérémonie soit précédée par la déclaration des biens des membres du gouvernement, c’est un signe qui sera très positif. La transparence est la règle d’or dans le cadre de la bonne gouvernance », a souligné Céphas Germain Ewangui, président de la Fecodho, une ONG de la société civile congolaise.

Notre commentaire

Céphas Germain Ewangui peut toujours rêver. Sassou et son gouvernement sont les plus sûrs garants de l'opacité dans ce domaine : ils n'ont jamais déclaré leur patrimoine alors que dans la précédente législature, cette obligation découlait de la constitution. Ce n'est pas aujourd'hui que plus rien ne le lui oblige, qu'il le fera. Le combat contre les " antivaleurs " prônée par Sassou n'est qu'un slogan de plus dans une liste déjà longue : " autosuffisance alimentaire en l'an 2000 ", " santé pour tous ", " industrialisation du Congo en 2016 ", " agriculture priorité des priorités "..., qui s'en souvient encore ?

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