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Mer, Sep
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Nous voulons le beurre et l’argent du beurre. Là où d’autres peuples se sont surpassés pour faire cause commune, comme au Burkina, nous opposons nos égos surdimensionnés, préférant passer le clair de notre temps, les bras croisés, à attendre un hypothétique messie, blanc comme neige, vierge de tout passé. Nous rêvons. Or ce messie, expurgé de tout passif encombrant, n’existe pas dans le champ politique congolais. J’ai beau chercher ce cheval blanc dans ce milieu pourri, je n’en trouve aucun.

Que retient-on finalement de la fameuse déclaration d’Okombi Salissa ? A vrai dire, pas grand-chose à part son constat fort juste selon lequel le pouvoir fait des  « paysans, pêcheurs, cultivateurs, chasseurs », des « sages du droit constitutionnel » de qui il attend des « propositions de réformes. » Des « sages du droit constitutionnel » grassement payés évidemment. 

Ah, ce fameux appel du peuple ! Au Congo, nous y sommes déjà puisque Sassou envisage d'y organiser un referendum dont l'issue des résultats truqués ne fait aucun doute. L'appel du peuple. C'est le titre de la chanson que nous interprètent à l'envi Sassou et les propagandistes du PCT. Ils nous feraient presque pleurer en mesurant l'incroyable sacrifice que consent ce vieil homme fatigué de 71 ans entièrement voué à la protection de ce peuple perpétuellement en proie aux guerres tribales. 

Sous prétexte de protéger les riverains contre les inondations, Bouya, l'un des coffres forts ambulants de Sassou, s'improvise maire de Brazzaville et décide, à la place de Ngouélondélé, de bétonner toutes les rivières de la capitale. Comme si elles n'allaient déjà pas si mal, leur bétonnage (accélération de la circulation de l'eau, élévation de la température de l'eau, destruction des frayères, et donc perturbation des conditions de reproduction des poissons. Non seulement cette décision stupide tuera inutilement ces rivières en les transformant en immenses caniveaux sans vie, mais elle ne résoudra pas le problème des inondations à Brazzaville, et encore moins celui de leur assainissement.

Sassou, d’ordinaire si sourd et si hautain envers tout ce qui ne ressemble pas à un flagorneur de la trempe d’un Moungalla, découvre soudain les vertus du dialogue avec une opposition qu’il a longtemps tenue pour quantité négligeable, voire inexistante. En attendant de trouver un consensus sur les moyens de nous débarrasser de Sassou et de son clan, Mwinda, votre journal préféré, ouvre à partir d’aujourd’hui la foire aux idées. Toutes, mêmes les plus farfelues, sont les bienvenues.

Depuis dix ans, nos "opposants" se font royalement entuber parce qu'ils sont trop stupides pour comprendre que le seul dialogue que Sassou connaît est celui imposé par des rapports de force. Et ce n'est pas en s'émiettant en milliers de chapelles sans aucune assise populaire qu'ils parviendront à inverser le rapport de force actuel en leur faveur.

La faillite du crétin censé représenter notre beau pays auprès du Saint-Siège contraint notre estimé confrère et griot à la cour, le père Pigasse, d'agiter l'encensoir une fois l'an pour rappeler au bon peuple qu'il n'a rien à craindre : Sainte Edith d'Oyo veille sur nous, prie pour nous et nous aide à préserver " notre unité." Amen.

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