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Général Mokoko : « Le président Denis Sassou-Nguesso doit se retirer comme un homme de paix. C’est un tournant dans ma vie. Je suis prêt »

General Mokoko
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" Sassou doit se retirer comme un homme de paix (...) Si la commission électorale indépendante ne devient pas vraiment indépendante et si la transparence du scrutin n’est pas garantie, alors il faudra réagir. Ce sont les Congolais qui décideront de la suite. Un soulèvement populaire et pacifique n’est pas à exclure. Moi, je me rangerai du côté du peuple ". Dixit le général Mokoko.

Dernière minute

Le général Mokoko a annoncé ce dimanche 7 février sur RFI et au journal " Le Monde ", sa candidature à la présidentielle du 20 mars.

Dans une interview accordée à la radio française, il s'est exprimé en ces termes : 

" Je serai candidat. Je serai candidat parce que j’estime que j’ai des choses à dire et que j’ai réfléchi pendant longtemps aux différentes problématiques de mon pays. J’ai pensé : ‘Je suis en mesure de proposer des solutions à mes compatriotes ‘.

RFI : Quel a été l’élément déclencheur de cette décision ?

Ce n’est pas une question d’amour-propre ou de quoi que ce soit. Je sais que dans mes fonctions actuelles au niveau de l‘Union africaine, j’exerce une espèce une espèce de monitoring sur les questions de paix et de sécurité. Depuis pratiquement deux ans, il y a un débat au Congo qui m’a donné la conviction que ce débat pouvait accoucher de situations regrettables. ".

Ecouter l'interview ici

Au journal " Le Monde ", il a précisé sa pensée :

" Au regard de la situation qui prévaut au Congo, le moment est venu pour moi de me présenter pour porter la voix du peuple. Car l’heure est grave et la situation politique du pays n’a cessé de se détériorer. Il est temps d’écouter les Congolais qui veulent reprendre leur destin en main. Le président Denis Sassou-Nguesso doit l’entendre et se retirer comme un homme de paix. C’est un tournant dans ma vie. J’ai pris le temps de réfléchir. Je suis prêt ".

" Je reste sceptique quant à un processus électoral transparent promis par le pouvoir en place. En m’engageant dans cette campagne, je vais poser le débat très clairement sur les conditions du scrutin (...). Mais pour moi c’est très clair : si la commission électorale indépendante ne devient pas vraiment indépendante et si la transparence du scrutin n’est pas garantie, alors il faudra réagir. Ce sont les Congolais qui décideront de la suite. Un soulèvement populaire et pacifique n’est pas à exclure. Moi, je me rangerai du côté du peuple " (lire ici l'interview).

Mokoko a annoncé sa candidature depuis Bangui, en Centrafrique. Il regagnera le Congo le 9 février prochain.

Du travail en perspective pour Jean-François Ndengué (1), JDO et compagnie qui, les couteaux aiguisés, doivent déjà être sur les dents...

(1) Mokoko a déjà lancé un caillou dans le jardin de ce dernier en affirmant, dans son interview au journal " Le Monde ", que : " En octobre, des manifestants se sont tournés vers moi dans l’espoir que j’intervienne. Certains sont morts sous les balles de la police ".

 

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Jean-Marie Michel Mokoko dans les starting block

Tribune libre

C’est reparti. A intervalle régulier, le nom de l’ancien chef d’État-major général des forces armées du Congo-Brazzaville (FAC) revient avec insistance dans le microcosme politique dominé par le changement de Constitution d’abord, ensuite par le référendum du 25 octobre 2015 et enfin par la présidentielle anticipée du 20 mars 2016. Jean-Marie Michel Mokoko avance dans le marigot politique sur la pointe de pieds. Il a le bec clos. Ce sont d’autres personnes sur le net qui parlent en son nom. Jean-Marie Michel Mokoko est hésitant. Pas de prise de parole publique. Même après le référendum controversé du 25 octobre 2015 et son cortège de morts tués à balles réelles, le saint-cyrien s’est drapé dans un silence assourdissant. Motus bouche cousue.

Un pas en avant, deux pas en arrière. Telle est la stratégie adoptée par le natif de Makoua.

Rien vu, rien entendu

Certains voient en cet officier supérieur un messie qui viendrait extirper des griffes des épigones du « chemin d’avenir » les populations du Congo-Brazzaville. D’autres le redoutent parce qu’il viendrait bouleverser la donne et grignoter dans l’électorat de la partie septentrionale qui n’est pas connue pour présenter des candidats concurrents à Denis Sassou Nguesso. Le Calife d’Oyo a pour habitude d’être candidat unique de la partie septentrionale. Mais une chose est sûre : Mokoko candidat, c’est la Cuvette centrale qui se divise entre les Mbochi de Boundji, d’Oyo, et d’Ollombo d’un côté, les Kouyou d’Owando et les akoua de Makoua de l’autre, avec leurs cohortes de cadres civils, d’officiers et de soldats. D’autres encore s’en méfient comme de la peste. Ils gardent en mémoire le putsch manqué de Jean-Marie Michel Mokoko contre le premier ministre André Milongo en 1992. Cette catégorie de la population du Congo-Brazzaville n’accorderait aucune espèce de considération aux vocations tardives. Et pour cause. Depuis le 5 juin 1997 et le retour au pouvoir en octobre 1997 de Denis Sassou Nguesso à la suite d’une guerre fratricide, Jean-Marie Michel Mokoko n’a rien vu et n’a rien dit.

Des assassinats dans les quartiers Bacongo et Makélékélé, Jean-Marie Michel Mokoko n’a rien vu et n’a osé lever le petit doigt. Des massacres dans la région du Pool et du grand Niari, Jean-Marie Michel Mokoko n’a rien vu et n’a rien dit. Des disparus du Beach, Jean-Marie Michel Mokoko n’a rien vu et n’a soufflé mot. Or, « qui ne dit mot consent. » Et, cerise sur le gâteau, depuis 2005, Jean-Marie Michel Mokoko est un conseiller de Denis Sassou Nguesso. Il est au lait et au miel, insensible à la souffrance des populations infligées par les épigones du « chemin d’avenir ». Les populations du Congo-Brazzaville attendaient de l’ancien chef d’État-major qu’il mette les pieds dans les plats et qu’il prenne part au débat politique. Rien de tout cela. Excès de prudence ? Peur bleue de Denis Sassou Nguesso ? Solidarité ethno-régionale ?

Ira, ira pas ?

Jean-Marie Michel Mokoko a annoncé sa démission dans une lettre publique le 3 février 2016 adressée à Denis Sassou Nguesso et serait prêt à se lancer à la présidentielle anticipée du 20 mars 2016. Vaut mieux tard que jamais. Mais là encore, les populations du Congo-Brazzaville sont dans l’attente d’une déclaration officielle de l’impétrant. Elles sont dans l’expectative. Ira, ira pas ? Sous quels préalables ? Quel crédit accorder à la candidature de Jean-Marie Michel Mokoko à moins de deux mois de la présidentielle ? L’alliance IDC-FROCAS devrait-elle s’effacer au profit du saint-cyrien comme le souhaitent certains congolais ? L’ancien chef d’État-major a-t-il le soutien de la fameuse communauté internationale qui fait tant défaut à la plate-forme IDC-FROCAD laquelle essuie des coups de la part de Denis Sassou Nguesso ? La stratégie d’encerclement, de saturation et de contournement échafaudée par l’IDC-FROCAD pour terrasser Denis Sassou Nguesso trouve-telle grâce aux yeux du général Jean-Marie Michel Mokoko ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS