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Le général Mokoko placé en détention provisoire à la Maison d'arrêt de Brazzaville : malaise et indignation dans le pays

General Mokoko
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Après deux jours de garde à vue dans les locaux de la DGST, police politique de Sassou, Monsieur 8%, le général Mokoko a été déféré devant le Procureur Oko Ngakala, un membre du clan mbochi au pouvoir à Brazzaville. Celui-ci a requis sa détention provisoire dans le cadre de l’affaire de la vidéo qui circulait sur les réseaux sociaux et  tournée en 2007.

Le général Mokoko a ensuite été présenté devant un juge d’instruction, Jean Ngombo, lequel, malgré l’absence d’indices sérieux dans ce dossier l’a mis en examen (inculpé) pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » et « détention illégale d’armes et de munitions de guerre ». Puis il a décidé sa mise en détention provisoire à la Maison d’arrêt de Brazzaville où l’officier a été conduit, menotté, et placé dans une cellule sous l’indignation générale, y compris du personnel pénitentiaire et des autres détenus. Une indignation et un malaise largement partagés au sein de la population congolaise.

Rappelons que Mokoko avait déjà été entendu en février et mars derniers de la cadre de cette même affaire.

Depuis son hold-up électoral, Monsieur 8% avait assigné l’ancien chef d’état-major général à résidence surveillée. Puis il l’a harcelé pour qu’il reconnaisse son pouvoir volé au peuple congolais. Il lui a alors proposé un marché : soit il reconnaissait, comme certains candidats à la dernière élection présidentielle, la légitimité du pouvoir du clan d’Oyo et on abandonnait les poursuites à son encontre ; soit il s'entêtait, et dans ce cas une cabale serait montéee contre lui.

Devant le refus réitéré de l’officier général de trahir le peuple congolais, Pierre Mabiala, un sudiste préposé à la tâche en qualité de porte-parole, a été prié d’annoncer la décision prise à Oyo par le Haut conseil mbochi pour la préservation du pouvoir (HCMBPP) composé notamment de Sassou, Jean Dominique Okemba, Ndengué, Emmanuel Yoka. La procédure s’est donc accélérée ces derniers jours et elle vient, comme on le voit, d’aboutir.

Ainsi est clos le premier épisode du dossier Mokoko, un général qui, n’en doutons pas, deviendra encore plus populaire dans le cœur des Congolais, du fait de son refus de la compromission.

Débarrassé provisoirement de l’épine Mokoko, le clan mbochi, confronté à de réelles difficultés financières, économiques et sociales dans le pays, du fait de la baisse du prix du baril de pétrole va à présent s’atteler à organiser un autre « dialogue de Sibiti », histoire de répandre de la poudre aux yeux de la communauté internationale qui le presse d’apaiser la tension politique palpable dans le pays depuis la dernière élection présidentielle.

Pour cela il compte fermement sur les sages opposants qui sont rentrés dans le rang, parmi lesquels Parfait Kolelas, Tsaty Mabiala et peut-être Mathias Dzon, tous hommes politiques dont le silence aujourd'hui force le respect, et à qui la rumeur prête l’idée qu’ils auraient d'ores et déjà fait allégeance au dictateur en contrepartie de postes de ministres et de députés pour eux-mêmes et pour leurs partisans, au nom de la paix et de l'unité nationale.

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Tribune libre

Réaction d'un cyrard de France

 L’Esprit de Corps des Saint Cyriens

Si le Général Jean-Marie Michel Mokoko avait eu l’honneur de servir dans la Légion Etrangère, il y a belle lurette que ses Frères d’Armes seraient montés au créneau et auraient bousculé monsieur « Mollasson » à l’Elysée pour qu’il répare sa bourde et exige de Sassou qu’il le libère dans l’heure.

Ou bien ses Frères d’Armes auraient organisé une petite mission pour aller le sortir des griffes d’un dictateur en fin de carrière qui n’écoute même plus les huit voyous de son premier cercle et qui agit comme tous les despotes en fin de course, par impulsions.

Quelques Officiers Supérieurs issus de l’Ecole prestigieuse de Saint-Cyr, manifestent, il est vrai un brin de compassion pour celui qui a été l’un de leur collègue de promotion, mais très discrètement.

Où est l’Esprit de Corps et la Fraternité qui prévaut dans tous les corps d’armée ?

Même les Enarques ont entre eux une solidarité supérieure qui permet à certains politiques français de ne jamais être punis quand ils commettent une faute pour laquelle un citoyen lambda se retrouverait en prison pour dix ans.

Il est vrai que si une délégation de Saint-Cyriens voulait s’adresser au « Mollasson », elle aurait du mal à trouver un interlocuteur, car il n’y a personne pour accepter d’être le nouveau Chef d’Etat-major particulier (Situation ubuesque).

« Ils s’inscrivent pour vaincre », Telle est la devise de la grande école, mais dans ce cas précis, ils n’iront pas au bout de leur engagement et c’est triste. Le Consul Bonaparte n’aurait pas aimé cette forme de désintérêt de la part d’anciens élèves trop embourgeoisés.

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