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L’affaire du Beach : une épée de Damoclès

Lundi 23 avril 2007

C'est un magistral et inattaquable travail de synthèse, une analyse de grande qualité que nous propose notre soeur Jeanne Aurelie Milandou Moundélé sur l'affaire dite des " disparus du Beach ". Quinze pages à lire absolument, la justice française étant toujours saisie de ce dossier.


Par Jeanne Aurelie Milandou Moundélé
Docteur en géographie humaine
Militante des Droits de l’homme


Afin de cerner les contours de cette épineuse question et d’en saisir l’évolution et les enjeux, nous avons cru utile non seulement de remonter à la genèse du pouvoir qui en a eu la charge, mais aussi de replanter le contexte historique de l’accomplissement des faits en 1999, et d’identifier le rapport de forces entre les protagonistes de cette affaire et les moyens qu’ils déploient à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Au temps où l'on présentait des " disparus vivants "...
Aussi, la Cour Criminelle qui a siégé à Brazzaville du 9 juillet au 17 août 2005 pour crime contre l’humanité, et qui a laissé derrière elle un chantier inachevé, inspire nos réflexions. Si elle a reconnu les massacres commis en 1999, et ordonné en conséquence la réparation financière au profit des familles des victimes, elle a néanmoins acquitté tous les accusés et condamné arbitrairement l’Etat, sans identifier ses agents criminels, coupables de ces graves infractions, ni définir les circonstances exactes de leur survenance.

Un Etat condamné pour de tels crimes est compromis et disqualifié dans sa vocation à demeurer impartial et à constituer le ciment de la société et le ferment de la démocratie. Cette situation inquiétante d’un Etat reconnu criminel interpelle et requiert une réflexion de fond : quel Etat est condamné, si ce n’est le régime politique en place au moment des faits, au nom duquel et pour la défense duquel ces massacres ont été commis. D’où notre scepticisme quant à la crédibilité de la Justice congolaise à dire le Droit, et notre inclination à soutenir la thèse de la compétence universelle de la Justice, qui légitime la poursuite de la procédure engagée en France. Elle pourrait peut-être permettre de combler les lacunes effarantes de cette Cour.

Nos réflexions et nos conclusions découlent de l’analyse rigoureuse des faits. Alors, nous osons dire comme Alexandre Dumas « je blasphème », et dénoncer « l’éloge de la folie », comme Erasme. Nous remercions toutefois les auteurs des contributions contradictoires susceptibles d’enrichir le débat.

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