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Aubercy, Lasserre, Weston...
Jeudi 12 juillet 2007
Tribune libre
Par Moni Mambou
L’affaire ELF, procédure menée par les Juges Eva Joly et Laurence Vichnievski, avait en janvier 1998 propulsé une autre affaire tout aussi fameuse : « l’Affaire Dumas ». Toutes les personnalités proches de la compagnie pétrolière s’y retrouvaient comme dans un joyeux vaudeville. Alfred Sirven, André Tarallo, Loïc Le Floch-Prigent et Christine Deviers-Joncour partageaient l’affiche avec Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand et alors Président du Conseil Constitutionnel. On reprochait à ce beau monde d’avoir pioché à pleines mains dans les comptes bien garnis de la société ELF AQUITAINE qui faisait de très belles affaires en particulier au Congo. Un nom allait devenir très vite célèbre, celui de « Berluti ». Un bottier hors de prix de la rue Marbeuf à Paris.
Ce qui avait alors frappé l’opinion, et les Français s’en souviennent encore, ce n’était pas tant les millions de francs qui naviguaient de compte à compte mais une paire de bottines sur mesures offerte par la maîtresse, Christine Deviers-Joncour, à son amant, Roland Dumas. Ce cadeau, d’un montant de 11 000 francs avait été réglé par la carte de crédit, au nom de la dame, sur le compte d’ELF-AQUITAINE.
Onze mille francs (2 000 euros) une paire de chaussures, les Français en étaient retournés, choqués voire révoltés. Le SMIC, à l’époque, devait être à 3 500 francs et qu’un homme politique ait à ses pieds des bottines, qui représentaient trois mois de salaire, marquait les esprits. On s’en souvient parfaitement encore : « les bottines sur mesures de chez Berluti ! »
Ceux qui pataugent dans les immondices dans la ville
pétrolière savent-ils seulement où va leur argent ?

Depuis, les gens en vue ont eu tendance à avoir une certaine retenue par rapport à cet élément distinctif de l’élégance masculine. Ils avaient compris qu’il fallait avoir un comportement raisonnable et éviter ce qui est excessif.
Heureusement est arrivée la famille Nguesso pour balayer des principes dont ils n’avaient que faire. Grâce aux relevés des dépenses effectuées par carte de crédit de Denis Christel Sassou Nguesso (Kiki), mis en ligne par Global Witness (lire un compte-rendu dans le quotidien " Le Monde ")
, nous avons pu établir que du 28 février 2004 au 15 juillet 2005 le " prince héritier " avait acheté pour 19 949 euros de chaussures chez AUBERCY http://www.aubercy.com/
, le bottier, et chez WESTON, le chausseur. Treize millions quatre vingt six mille FCFA (plus de 27 0000 dollars) de chaussures !
Combien d’années de travail pour un fonctionnaire congolais représentent les chaussures que le petit prince a à ses pieds ? Quinze années ? Vingt années ?
Estimez-vous heureux, médiocres congolais, les coups de pied au cul que depuis trente années cette famille oppressante vous inflige, vous sont administrés avec des souliers de bons faiseurs, taillés dans les cuirs les plus nobles et cousus main. Vos derrières devraient être au comble du bonheur d’être maltraités au moyen de si élégants et coûteux accessoires. Le « petit » Kiki a pour dix fois plus à ses pieds que le vieux Roland Dumas.
C’est un record qui s’arrose ! Alors quoi de mieux qu’un bond repas en bonne compagnie dans un bon restaurant. Lasserre ? Connaissez-vous le Restaurant Lasserre ? Une des meilleures tables, et sûrement le plus beau des restaurants parisiens. C’est un hôtel particulier, avenue Franklin Roosevelt, qui donne sur les jardins des Champs Élysées (http://www.restaurant-lasserre.com/1/main.swf)
. L’été, le plafond coulisse et les tables des convives se retrouvent à l’air libre pour profiter du soleil ou de la nuit parisienne étoilée.
Le 21 mars 2005, le « petit » Kiki tellement grand par ses dépenses, a très bien fait les choses. Bon sang ne saurait mentir : fêter, arroser, dépenser dans cette famille on sait très bien faire ! Ce jour-là, le « petit » n’a pas blagué : 3.896 euros (plus de 5 300 dollars) ont été débités sur sa carte de crédit.
Mamans congolaises, pleurez ! Vous qui n’avez pas de quoi nourrir vos rejetons, que vous soyez à Poto-Poto, Talangaï, Bacongo ou dans une de ces lointaines banlieues parisiennes, à vous battre pour quelques euros, à faire des ménages dans des entreprises ou à vous occuper de vieux grabataires dans les hospices, Mamans congolaises, pleurez ! Ce « petit » a déboursé deux millions cinq cent cinquante sept mille francs CFA pour un seul déjeuner !
Un seul repas. Avec cette somme là vous pourriez nourrir votre famille, au Congo, pendant quelques années !
PPTE. Pays Pauvre Très Endetté, mais avec à sa tête des dépensiers comme ce « petit » Nguesso le pays le sera toujours plus encore : endetté !
Cette famille c’est un véritable cauchemar pour le Congo.
Il est grand temps de se réveiller !
Moni Mambou
Ndlr - A lire également un communiqué du Conseil Représentatif de la Diaspora du Congo Brazzaville