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Menaces et exécutions
Mardi 7 février, 6h00
C’est à croire qu’il y a toujours un lecteur de Mwinda tapi partout où l’actualité se noue.
Sitôt que l’Airbus d’Air France avait pris l’air à Brazza en ce 31 janvier 2006, emportant avec lui un Lekoundzou atteint d’un mal aussi mystérieux que foudroyant, les mails ont plu dans notre boîte de messagerie. Restait à recouper l’info, à en savoir plus. Les bénévoles de Mwinda et autres patriotes sont entrés en action. A Brazza, à Paris, à New York. Voici le travail. Enquête.
« Jamais une année n’a été aussi faste depuis notre retour aux affaires » a déclaré le Premier ministre congolais, un fantôme constitutionnel, lors de la cérémonie des vœux qui s’est déroulée dernièrement dans l’enceinte de la primature.
Cela n’est pas une provocation ajoutée aux autres. Une brouette de plus ! Cela résonnerait davantage comme une mise en garde. Gonfler le torse pour décourager les agresseurs éventuels et ceux qui seraient tentés de les rejoindre. Et les signaux et les actes liés à cette vaine détermination ne manquent pas actuellement.
La Famille et son chef ne reproduiront pas l’erreur commise en 1991. La porte ouverte au grand déballage de la Conférence Nationale Souveraine et la perte de pouvoir qui en a découlé. Aujourd’hui le long travail de siphonage de la ressource pétrolière a porté ses fruits et a grandement consolidé le pouvoir du maître de Mpila. L’histoire ne devrait pas se répéter. La puissance financière occulte, les relais importants grassement huilés, une reconnaissante internationale magistralement orchestrée, « l’homme des masses » devrait battre aisément, croit-il, le record de longévité détenu par son gendre. La famille s’y emploie. Elle ne reculera devant rien.
Ceux qui, au Congo, ont soutenu la campagne menée par les ONG contre le FMI et la Banque Mondiale pour l’éligibilité du Congo au programme PPTE sont en première ligne. Pourtant le G8 a déjà donné son accord pour l'allégement de la dette et c'est probable que le Congo obtiendra finalement son éligibilité. Mais comme le Président de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz, s’est impliqué personnellement dans ce dossier, du fait de la campagne qui a été menée, de nouvelles conditions renforcées seront négociées pour le point d'achèvement de la PPTE. Cela est dans l’intérêt du Congo et de sa population mais n’est pas du goût du clan. C’est un chèque en blanc qu’il voulait et il ne l’aura pas !
Alors les menaces se multiplient, des opérations de dénigrement, ressemblant à des campagnes d'appel au meurtre sont organisées par des représentants du gouvernement, sur le même registre que les propos qui ont été tenus publiquement par le ministre des Finances, en septembre dernier, à l’encontre de MM. Christian Mounzéo et Brice Makosso, les représentants de la Coalition Congolaise Publiez ce que Vous Payez.
Des appels anonymes de menaces ne se comptent plus envers tous ceux qui touchent, de près ou de loin, les actions menées par l’ONG Global Witness, avec pour chef de campagne Mme Sarah Wykes, soutenues par les créanciers dits « vautours ». Certains journaux et journalistes en sont également les cibles. Le gouvernement organise aussi des opérations de diversion et de manipulation de l'opinion qu'il veut retourner en tentant de démontrer l'illégitimité de la dette réclamée par ces créanciers.
Le 26 janvier 2006, M. Thierry Moungalla, Conseiller Spécial du Chef de l'Etat pour les questions de jeunesse, a organisé à Pointe-Noire, une causerie-débat reprise par Digital Radio Télévision (DRTV du général Norbert Dabira), dont le thème était centré sur le pétrole et l'accession du Congo au point de décision. Pendant 45 minutes à la télévision, Thierry Moungalla, a fustigé principalement les « fonds vautour », Mme Sarah Wykes et Christian Mounzéo, dont le combat seraient le même. Il a également expliqué aux populations de Pointe-Noire que si jamais, le Congo n'atteignait pas le point de décision, les fonctionnaires ne prétendraient plus avoir leur salaire, les retraités n'auraient plus leur pension, les jeunes n'auraient plus l'emploi qui devrait logiquement suivre la réduction de la dette, le Congo sera complètement à genou et cela à cause des activités des « fonds vautour », et aussi des écrits au FMI des personnes précitées.
La vigilance s’impose à chaque Congolais qui ne devrait pas manquer à son devoir de solidarité envers ceux qui restés au pays, courageusement, font valoir des idées et des points de vue dont nous sommes tous proches. Amnesty International, Reporters sans Frontières, une longue liste d’ONG, des médias en Europe et aux USA devront être, le cas échéant, alertés en un rien de temps (merci Internet). Le pays dont le président est également celui de l’Union Africaine n’aura pas besoin de ces coups de projecteurs.
Voilà qui est fait pour les menaces et qu’en est-il des exécutions ?
Le 31 janvier dernier les passagers de l’Airbus, qui devait quitter Brazzaville pour Paris, ont été surpris de voir installer à l’intérieur de l’avion, porté sur une chaise par quatre agents de sécurité, M. Lekoundzou Itihi Ossetoumba Justin (LIOJ). A demi conscient et... aveugle !
Ce n’étaient pas les menaces de mort qui manquaient depuis quelques mois à l’encontre du meneur du clan des conservateurs du PCT et leur origine étaient claires : toutes venaient de l’entourage du Chef. Un entourage qui avait du reste rapporté que le seigneur de Mpila, lui-même, aurait averti que « Lekoundzou l’avait nargué mais qu’il le trouverait sur son chemin ». ..
Il faut dire que LIOJ avait très bien mené ses descentes dans les régions. Le Kouilou, la Likouala et la Sangha lui avaient réservé un accueil chaleureux et les adhésions au PCT affluaient de toute part. Le premier secrétaire du PCT et le fantôme constitutionnel ont alors eu l’idée d’un « faux » Comité Central qui a duré trois longues semaines. Des séances qui s’éternisaient et qui à chaque fois se terminaient par un buffet qui était proposé aux délégués affamés et assoiffés.
Il a fallu une dizaine de jours à la famille de M. Lekoundzou pour réunir les fonds nécessaires à son évacuation et il se trouve actuellement dans un hôpital de la région parisienne. Ses jours ne seraient plus en danger mais il a miraculeusement échappé à une mort certaine. A son arrivée une attaque cérébrale avait été diagnostiquée mais les résultats des analyses ont orienté les médecins vers « autre chose ». La piste de l’empoisonnement ne serait pas écartée d'autant qu'à part M. Lekoundzou deux autres personnes ont été atteintes des mêmes symptômes, pertes de la vision et diarrhées : M. Marcel Akourawa, Directeur de Cabinet de LIOJ et David la sentinelle du PCT, selon nos informations. Depuis, M. Lekoundzou n’a retrouvé que très partiellement la vue et des mois seraient nécessaires pour récupérer de cet « accident cérébral ».
Bizarrement, observent quelques esprits malintentionnés à Brazzaville, « l’accident » de M. Lekoudzou survient deux ou trois semaines après la disparition « naturelle » d’un proche d’un Général en retraite qui avait tenu, sur une radio internationale, des propos très durs sur la gestion familiale du pays. Ces deux personnalités, parmi les plus offensives sur le terrain de la contestation, sont les premières, souligne-t-on, à être atteintes !
Doit-on y voir la manifestation des pouvoirs occultes des marabouts béninois, indiens, malaisiens qui auraient envahi l’hôtel Méridien de Brazzaville avec à leur tête l’incontournable grand ami de la famille, le « Docteur ou Professeur Seydou Badian » ?
M. Lekoundzou Itihi Ossetoumba Justin, avec lui la population congolaise agonisante, qui n’a pas la possibilité comme lui d’être soignée dans un hôpital français et qui est restée au Congo les pieds dans la boue, dans la chaleur, dans la misère, dans la désespérance, seront d’accord avec le lumineux et bienheureux fantôme constitutionnel : « Jamais une année n’aura été aussi faste…. ! »
D'après une enquête réalisée à Brazzaville, Pointe-Noire, Paris...