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Kolelas, super colleur d'affiches de Sassou

Vendredi 27 avril 2007

Vivant en résidence surveillée par le pouvoir de Mpila, le Nkumbi de Total a assuré définitivement sa retraite et celle de sa progéniture en se reconvertissant colleur d'affiches d'un " grand homme "…

Par Musi Kanda


C'est officiel. Mais c'était prévisible. « Mwinda » l'avait déjà annoncé à plusieurs reprises. Kolelas n'a pas d'autre avenir politique que celui d'être le colleur d'affiche de Sassou. Il ne restait qu'à trouver le moment opportun pour officialiser la chose. Le contrat de travail signé hier matin entre le dictateur con-golais et l'illuminé de Total n'étonnera ou n'indignera que les naïfs. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

Au risque de nous répéter, l'alliance au grand jour entre ces deux chefs de clan assis sur des monceaux de cadavres est un non événement sur lequel tout a été dit et sur lequel il n'y a vraiment aucune raison de s'étendre. Son objectif est clair : permettre à Sassou d'avoir un pied dans les régions où, même en magouillant à mort, le Pct ne pourrait jamais glaner ne serait ce qu'une seule voix. En échange, le prétendu envoyé de Dieu sur terre pour sauver le Congo peut rêver d'avoir accès aux miettes du pétrole. La politique, c'est parfois simple comme la bible.

La vaste magouille électorale qui préfigure ce qui se trame dans le reste du pays est d'une pureté que l'eau distribuée dans nos robinets n'atteindra jamais. En effet, confiée aux natifs du cru, la mission de bourrer les urnes au profit du pouvoir passerait mieux aux yeux des électeurs. C’est pas moi, pourra dire Sassou, la main sur le cœur, c'est entre eux. Kolelas et Kihounzou, le célèbre milicien de Makélékélé, incarnent à eux seuls les vils visages de l'opportunisme et du cynisme sans nom si caractéristiques des hommes politiques cons-golais. Ils ne sont certes pas les seuls, mais ces deux-là en sont la caricature jusqu'à l'écœurement.

Kolelas : échoué sur
un banc de sable ?
Si nous étions dans un pays libre, la seule question que l'on aurait pu se poser aurait été celle relative à la réaction des électeurs de Brazzaville et de la région du Pool, ceux pour lesquels cette opération est montée, avant de la généraliser dans le Kouilou, le Niari, la Bouenza, les Plateaux et partout où le régime de Sassou est impopulaire. En résumé, dans tout le pays.

Pour en revenir au Pool, et connaissant l'indécrottable crétinerie des Cons-golais de cette région (le mot est faible), il se trouvera toujours des visionnaires pour nous expliquer que cette alliance est la traduction d'une volonté divine, puisque Kolelas est en permanence branché sur Radio Nzambi Mpungu FM, le canal par lequel il reçoit directement les ordres de là-haut. Il faut croire que la misère est un anesthésiant particulièrement puissant, qui amène des milliers des gens à gober tout et n'importe quoi.

Dans ce cloaque qu'est devenu notre pays, il existe encore, heureusement, des individidus à qui il reste un cerveau et qui essaient de s'en servir. C'est notre seule raison d'espérer, comme cette nouvelle qui nous vient du côté de Ngoma Tsé Tsé. Rassurez-vous, ce n'est pas un candidat à la mangeoire qui est porteur de cette lumière, mais des simples citoyens qui ont enfin compris qu'ils n'ont rien à attendre des politiques. Ils ont décidé de prendre leur destin en main en se lançant, d'après « La Semaine Africaine », dans l'audacieux projet de réhabiliter la route de Mayama. Même si l'évaluation du coût de ce projet (89 millions de francs Cfa) laisse sceptique quant au sérieux de ses concepteurs, l'idée même que l'on puisse se passer de l'État-Pct pour réaliser une infrastructure de cette importance prouve que quelque chose est en train de changer dans la tête des citoyens de ce pays.

Voilà qui nous change du clientélisme à outrance à laquelle se livrent nos démagogues professionnels, sous couvert de dons de pacotille que l'on nous présente comme des manifestations de solidarité envers les pauvres. La distribution de brouettes, de pagnes, de médicaments, de tôles ondulées et autres babioles pour gagner la sympathie des électeurs sont ni plus ni moins qu’une forme de mendicité honteuse et infantilisante qui ne nous grandit pas. Avec l'argent de Sassou siphonné de la rente pétrolière, Kolelas va, dans les semaines à venir, parcourir les routes poussiéreuses du Pool pour y multiplier le pain, le poisson, mais aussi et surtout les bulletins de vote. Pauvre Con-go ! Pauvres Cons-golais !

Musi Kanda







Le texte de l'accord MCDDI-PCT en format texte (doc word)
A lire le texte de l'accord MCDDI-PCT (doc word)