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Quand Koffi Olomidé escroque la conscience et trahit la confiance de ses fans !

Samedi 31 décembre, 13h30



La musique africaine connaît une grande explosion ! Les mélodies qui montent de tous les coins du continent noir paraissent toutes très agréables, ces derniers temps. Non seulement, elles sont toutes bonnes à écouter, mais aussi elles poussent à esquisser quelques pas de danse quel que soit son âge. Le courant part de la tête et descend jusqu’aux orteils avant d’exciter tout le corps.

Pourtant, le langage utilisé par les artistes, un langage souvent émaillé de sottises, n’est toujours pas compris. Des chansons qui, en réalité, devraient être censurées, passent inaperçues et sont achetées et écoutées même par des adolescents ! On danse et on reprend en choeur le refrain, parfois même devant les parents ou les enfants ! Alors qu’elles sont immorales et ne devraient être tolérées dans nos sociétés qui, déjà, connaissent une dégringolade de toutes leurs valeurs. A l’escroquerie politique dont les peuples africains sont victimes de la part de leurs propres présidents, les artistes musiciens africains, eux, ajoutent une « escroquerie des consciences ». Non seulement, ils sont très dangereux pour la jeunesse de ce continent déjà aliénée par une basse culture venue d’ailleurs et qui est véhiculée par le cinéma, la musique, la vidéo... mais, aussi ils prennent leurs fans pour des abrutis. Nombre d’entre eux ont trahi la confiance et l’estime que leurs fans ont placé en eux. Au vu de cette escroquerie des consciences et de cette confiance trahie, de l’impudicité, du harcèlement sexuel et de la dégradation de nos valeurs dont ils sont responsables, certains artistes musiciens africains devraient être censurés et assignés en justice.

Pour avoir été, nous-même, victime de ces méfaits, nous nous permettons d’écrire ce billet d’humeur que nous adressons personnellement à Koffi Olomidé et autres artistes africains du même bord, qui, de même, veulent non seulement entraîner leurs fans dans la pornographie, la prostitution et la pédophilie, mais aussi, croient les prendre pour des abrutis. Quelle ingratitude de leur part ! Comment ne pas donner raison aux adeptes de certaines églises de réveil qui, eux, n’osent pas toucher un Cd ou Dvd de la musique profane ! Eux savent bien faire le distinguo entre la musique religieuse (ya Nzambé) et la musique profane (ya mokili) !

Pourtant, dans la plupart des cultures africaines, parler ou exhiber son sexe devant un public est un acte punissable. Et, ce n’est qu’à la naissance ou la sortie des jumeaux que l’on parle ouvertement du sexe. Et, même à cette occasion, ce ne sont que les mères des jumeaux qui montent leurs pagnes au-delà de leurs genoux. Les circoncisions et l’acte sexuel se passent dans une discrétion totale. Et, il est même indécent d’en parler devant des mineurs. Alors, pourquoi les artistes africains d’aujourd’hui veulent-ils nous imposer leur basse culture sans doute copiée ailleurs ? Une culture qui, en réalité, ne les honore pas. Même s’ils vivent de leurs talents, roulent dans des limousines et dorment dans des châteaux.

Nous puisons nos arguments dans la déception et la douche froide que nous avons subies personnellement, le samedi 24 décembre 2005, devant nos clients et fans de Koffi Olomidé, ce grand chanteur africain dont le talent n’est plus à démontrer.

A titre de présentation rappelons que nous sommes nous même un jeune africain du Congo Brazzaville, journaliste et écrivain, naturalisé autrichien et vivant à Nottingham, en Angleterre. Mais, aussi un fan de Koffi Olomidé, alias le Grand Mopao.

Pour marquer la présence africaine dans cette ville anglaise, nous avons ouvert un petit espace dénommé « Africain Hall ». Africain Hall regroupe un salon mixte de coiffure (Africain Hairdressing Salon), un lieu de vente des oeuvres phonographiques (DVD, CD et Cassettes Vidéos) et des livres baptisé « Espace Pamelo Mounka ». Nous envisageons y ajouter un bistrot, « Le Mayombe ». Bref un petit projet d’intégration entendu comme partage de notre culture et réception de la culture de l’autre.

Ouvert le 1er août dernier, African Hall est devenu le point de rencontre des africains vivant à Nottingham : congolais de Kin, de Brazza, sud-africains, camerounais, nigérians, malawites, angolais... ne passent pas une semaine sans y revenir pour s’enquérir des dernières nouvelles sur la musique de leur continent.

African Hall a aussi un impact sur la communauté afro-caraibéenne qui, à travers nos produits (coiffes, vêtements et musique africains) se dit, elle aussi, avoir retrouvé son identité. Les échanges avec nos frères et soeurs de la diaspora sont, eux-aussi, très fructueux. Nous découvrons que nous sommes tous des frères et pouvons ensemble promouvoir la culture africaine.

Néanmoins, pour accrocher nos clients et les garder longtemps, nous profitons souvent de la sortie d’un nouvel album pour improviser une soirée. Les posters des artistes africains sont affichés sur la baie vitrée de l’immeuble une semaine en avance, pour attirer l’attention de tous les passants. Et les Africains de Nottingham n’entendent pas rater nos soirées puisque tout en rappelant des souvenirs, elles permettent d’oublier le quotidien et renforcent la fraternité entre africains. Sans compter le sentiment du rajeunissement ! Tout le monde y sort souriant, beau, courageux et prêt à affronter les défis de la vie en Europe.

Pourtant, des fois, c’est la déception qui vient couronner nos spectacles ! Ce samedi 24 décembre 2005, c’est vraiment une véritable douche froide que nous avons subie personnellement. Et, les affaires, à peine commencées, ont, elles aussi, subi un coup ! Nous nous sommes retrouvés les cheveux dressés par la rage et les yeux rougis par la colère. Après J.P Mpiana, l’autre soir, avec son cri " mama pesa sima, papa a beta tonga “, et une autre artiste africaine qui dans une de ses chansons ne cesse de crier « baise-moi ! », mimant aussi son désir, c’est Koffi Olomidé qui nous a couvert de honte ! Non seulement quelques DVDS et CDS déjà vendus nous ont été retournés par certains clients, mais certains parents qui sont venus avec leurs enfants (des filles, notamment) n’ont plus eu le courage de vanter les qualités de ce monument de la musique africaine. Notre petite discussion n’a pas pu avoir lieu. Parce que tous couverts de honte. Certaines images et quelques cris qui ponctuent son album « Monde Arabe » et son single « Papa fleur » relèvent carrément de la pornographie. On voit un Koffi Olomidé torse nu qui serre dans ses bras une jeune femme qui à vrai dire ne serait qu’une prostituée. Parce qu’une femme équilibrée n’accepterait pas de se faire prendre pour un simple objet de plaisir ou de publicité. On voit un Koffi Olomidé frotter son bassin contre celui d’une femme comme dans une partie des relations sexuelles. Et, il veut faire croire que c’est cela la rumba ! Même si le mot rumba vient de M’kumba ou mukumba (nombril) en kikongo, il ne s’agit pas de sexe ! Danser la rumba, c’est se frotter les nombrils et non les sexes ! Une différence que beaucoup de personnes n’arrivent pas à faire. En plus, ces supports phonographiques qui ne sont pas loin de la pornographie sont destinés à un public inconnu ! On entend aussi un Koffi Olomidé, lancer : « na tongo, libele eza ya mwana, na midi, libele eza ya mwana, na minuit, lilala eza ya papa » ! Quelle impudicité ! Est-il vraiment responsable et père de famille ? Peut-il, lui, écouter ses propres chansons et suivre ses propres clips devant ses enfants ou ses propres parents ? Malheureusement, parce que griot de telle ou telle autre personnalité politique, ce serait lui qui, demain, gagnera le grand prix du Festival Panafricain de musique que l’on organise à Brazzaville, au Congo !

Nos clients nous ont reproché de ne pas avoir visionné ou écouté les albums, avant de les présenter devant le public. Pourtant, comme eux, nous-même aussi avions été escroqué et trahi par Koffi Olomidé. Puisque aucune mention ne ressort sur les pochettes ou les textes présentant les opus. Cependant, devant la honte que nous avons bue gratuitement, le préjudice que nous avons subi, et le danger que représente cette musique qui, en fait, ne révèle que la délinquance et du déséquilibre moral de leurs auteurs, nous avons été tenté de porter plainte contre le sieur Koffi Olomidé. Mais, notre bon sens nous a retenu ! Nous n’avons pas voulu acquérir une quelconque célébrité à partir de cette plainte. Pourtant, nous en avons le droit, d’après les conseils de notre avocat, vu le préjudice moral et commercial que nous avons subi.

Il est vrai que pour ses clips, Koffi Olomidé s’inspire souvent des stars afro-américaines, mais nous osons lui dire que tout ce qui vient des USA, disons de l’Occident, n’est toujours pas bon ou meilleur. L’Afrique est un continent, et les Africains, un peuple, qui veulent sauvegarder leurs valeurs humanistes et humanisantes. La colonisation et l’évangélisation qui nous ont complètement lessivés, suffisent déjà comme malheurs et causes principales de notre sous-développement mental et moral. Ne nous en rajouter pas d’autres, s’il vous plaît, chers artistes africains !

Certes, si le Grand Mopao a fait des nouveaux choix pour sa musique et qu’il veut être l’artiste des pédophiles, des prostituées ou autres déséquilibrés mentaux et moraux, nous lui proposons de le signaler dans une interview ou d’afficher une mention sur les pochettes de ses albums ou de le sortir lisiblement dans les textes présentant ses albums ou dans les dédicaces. Nous aimerions lire par exemple : « interdit d’écouter ou de regarder avec les enfants »; « interdit de vendre aux personnes âgées de moins de 16 ans », cela nous éviterait des surprises désagréables ! Nous pensons que nous sommes ou serons nombreux à avoir été abusés par ce genre d’artistes africains. Aussi, ceux-ci devront-ils faire la différence entre une musique destinée aux boîtes de nuit, et une musique pouvant être écoutée en famille ou au cours d’une fête ou l’on retrouve des personnes de différents âges.

En plus, nous profitons de cette occasion pour interroger notre cher Koffi Olomidé. Qu’est-ce qu’une image pornographique ou un cri de prostitué ou de pédophile, ou encore une danseuse presque nue, ajoutent-t-ils d’agréable dans une belle mélodie du genre Epoutcha ? Avez-vous vraiment besoin des sottises pour assaisonner vos chansons ?

Profitons de même de ce billet pour dénoncer votre griotisme. Nous sommes très gênés de voir Koffi Olomidé s’attacher comme une sangsue à certains politiciens, à certaines personnalités ou certaines familles rien que pour des raisons financières. Des politiciens et leurs familles qui font le malheur de peuples entiers. Ces personnalités sont parfois illégitimes dans les fonctions qu’elles occupent ! Ces officiers militaires sont parfois des grands délinquants et des criminels de guerre ! Un choix qui ne cadre pas avec votre personnalité, et sème la confusion avec votre engagement et votre combat entrepris dans votre célèbre chanson sur le Congo (album Affaire d’Etat). Comment accepter une moquerie du genre : « Na Oyo (le village du président Sassou-Nguesso), Mama (Mme Antoinette Sassou) to liyaki bien, pe ebélé » ? Alors que dans le même village des familles entières meurent de faim ? Et, que cette même maman et famille que vous ne cessez d’encenser dans toutes vos chansons, sont incapables de gaver leurs compatriotes qui croupissent dans une misère totale ? Attention cher Koffi ! Attention cher aîné ! La vie est une roue qui tourne ! Nous craignons qu’un jour vous devenez " personna non grata “ dans un pays africain, ou que vous soyez conspué par vos propres fans, pour avoir été le griot et chanté les louanges d’un président dictateur ou d’une famille qui a pillé les richesses de tout un peuple ! Conseil d’un cadet et d’un fan de la première heure.

Cependant, où que vous vous retrouvez, nous vous souhaitons une bonne fête de fin d’année. Que 2006 vous soit encore plus prospère et que vous soyez toujours le Grand Mopao !

Serge Armand Zanzala
Journaliste et écrivain
Responsable de African Hall
africanhall@hotmail.com