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Le marché de dupes
Lundi 2 janvier
Nos lecteurs se rappellent notre article « prédateurs contre vautours » . Nous mettions alors à nu les manœuvres d’une presse « accréditée » à la présidence de la République du Congo tendant à essayer d’éteindre l’incendie allumé à Londres par la décision rendue le 28 novembre dernier par la Cour Royale.
Suite à cet article, dans un éditorial, cette voix quasi officielle de Mpila nous fait une proposition insolite : créer une « union sacrée », être solidaire du pouvoir de Brazzaville afin de l’aider à se défendre contre l’attaque menée par des « fonds vautour »… " Il sera toujours temps, demain, de rechercher pour les dénoncer les vrais responsables du problème. L’essentiel, aujourd’hui, est d’empêcher les « fonds vautour » de poursuivre leur œuvre de mort. Qu’il soit permis à un simple journaliste de l’écrire ! " ose-t-elle suggérer.
" Demain " ? Pourquoi demain ?
Décidément nous n’étions pas au bout des surprises que pouvait nous réserver l’Internet. Nous avions l’accès au savoir, à l’information, à la communication, à l’échange, au commerce en ligne et à tant de choses encore. Mais voici que nous parvient la plus inattendue des propositions, pour des congolais tout au moins, une main tendue quasiment officielle, l’appel « à l’union sacrée » et « à la solidarité » pour aider le pouvoir de Brazzaville à se défendre contre l’attaque menée par des « fonds vautour ».
Avant d’entrer dans les détails de l’union proposée, le chantre du pouvoir de Brazzaville conteste bien évidemment les termes que nous avions employés, « épiciers prédateurs, incompétents » que nous réitérons cela va de soi, mais nous apprenons que cela relève de « l’opposition extrême ». Doit-on regretter que toute la population congolaise, confrontée depuis tant d’années à cette gabegie insensée, n’ait pas versé dans une opposition extrême véritable ? Depuis fort longtemps nous n’aurions pas été obligés de répondre à ce charlatanisme.
Nous n’allons pas proférer, encore, une insulte envers ce régime si sourcilleux des termes que l’on emploie à son égard, mais la voix officielle de cette république de nantis lorsqu’elle nous appelle à la solidarité (« la solidarité qui devrait unir les Congolais ») connaît-elle véritablement le sens de ce mot ?
De quelle solidarité s’agit-il ? Du monde des villas cossues de la nomenklatura congolaise, éclairées, climatisées grâce à des groupes électrogènes, envers les taudis de la population privées d’eau et d’électricité pendant des semaines et des mois ? Des heureux et bien-portants qui vont se faire soigner en France, ou ailleurs, envers ceux qui souffrent, sans soin, dans des hôpitaux qui n’ont de l’hôpital que le nom ? De ceux qui roulent en VX8 rutilantes envers ceux qui pataugent dans la boue nauséabonde, sous un soleil de plomb, pour se déplacer ? Des élèves qui suivent les cours d’écoles privées au Congo, ou à l’étranger, envers les enfants des écoles publiques qui n’ont ni livre, ni banc ? Des bons vivants, souvent âgés, qui festoient envers les toutes jeunes filles qui se prostituent pour se nourrir ?
De quelle solidarité osez-vous parler, Monsieur Pigasse ? Est-ce que ce mot a-t-il jamais existé pour ce gouvernement et pour la famille qui le dirige ? Pourquoi le découvrez-vous maintenant et faites-vous appel à elle ? Pensez-vous que le peuple congolais tout entier est lui aussi sénile ou frappé d’Alzheimer précoce et que le moment est venu de lui proposer, à lui aussi, un « marché de dupes » ? Venir en aide, tout de suite, au pouvoir moribond : « L’essentiel, aujourd’hui, est d’empêcher les « fonds vautour » de poursuivre leur oeuvre de mort ? » et le plus fort dans votre conclusion venait avant : « Il sera toujours temps, demain, de rechercher pour les dénoncer les vrais responsables du problème. » Ce n’est plus un « marché de dupes » mais une invitation officielle pour tout le peuple congolais à « Un dîner de cons » ! Et vous n’êtes pas « un simple journaliste » lorsque vous la rédigez : vous êtes un complice !
Le scénario de Pays Pauvre Très Endetté a échoué. Pourtant, vos donneurs d’ordres avaient méthodiquement dissimulé une grande partie des ressources du pays (la véritable production pétrolière, la gestion opaque de la SNPC, la production de bois multipliée par 3 par un autre grand prédateur méconnu, Henri Djombo, etc.), et la misère créée à cet effet collait parfaitement avec l’image du pays très pauvre qu’il fallait donner avec l’aide d’amis de circonstance et souvent chèrement entretenus, voire corrompus, çà et là dans les Institutions Internationales. Hélas pour M’Pila, la hausse spectaculaire des cours pétroliers, les actions et révélations des « créanciers vautour », sont venus contrarier un plan bien élaboré sur le dos des vrais nouveaux pauvres congolais par une poignée de vrais nouveaux riches.
En septembre dernier, la Chambre basse du Parlement réunie en session spéciale avec des membres du gouvernement avait adopté une révision du Budget 2005 en augmentation de 380,709 milliards de FCFA. Pourriez-vous nous dire dans quel rayon de l’épicerie ont été rangés ces 380,709 milliards de FCFA ? Ont-ils été utilisés en partie, pour le mariage du patriarche avec la si jeune épouse ? Ou bien à compléter les collections de chaussures Berluti des neveux du président alors qu’une seule paire du Bottier avait failli mener Roland Dumas en prison ? Dans ce même budget quelques centaines de milliards de FCFA étaient destinés à la réduction de l’énorme dette congolaise. Quelles dettes ont été payées ? Donnez nous les noms, nous ferons le tri alors entre la dette « vraie dette » et la dette « fausse dette », celle qui sert à vidanger les ressources de l’Etat et le Budget.
Lorsque vous appelez à s’unir contre « l’œuvre de mort » des « fonds vautour » il nous faut être clairs : les Kensington, Hemisphere, Walker, et autres Berrebi n’ont jamais rien obtenu, ou bloqué si peu d’argent, qui puisse réellement entraver le fonctionnement de l’Etat congolais. Donc ils ne sont pour rien, absolument pour rien, s’agissant de la misère qui sévit au Congo depuis que vos bienfaiteurs le dirigent. Ces fonds ne font qu’empêcher le déroulement de la prédation planifiée à M’Pila et ils dérangent énormément. Mais ce qui est vrai aussi, c’est que le pire est à venir. Le Cabinet d’Avocats qui avait été utilisé pour contrer ces attaques a été payé 12 millions d’Euros (près de 8 milliards de F. CFA ou plus de 14 millions de dollars). Grassement payé pour faire quoi ? Rien, sinon faire gagner du temps au pouvoir en place qui n’avait ni la compétence, ni l’intelligence de régler proprement et à de bonnes conditions pour le Congo, un problème important mais ordinaire ! Important et ordinaire comme assurer l’accès à l’électricité et à l’eau pour un pays qui déborde d’énergie et qui est traversé par le deuxième fleuve de la planète. Il faut se dire également que ce qui aurait été réglé au titre du passif de l’Etat serait venu réduire les « prélèvements » de la famille la plus « jet-set » du continent africain ! Ces merveilleuses personnes ne se déplacent plus qu’en jet privé !
Finalement, l’étau se resserre et cet appel au secours n’est que le reflet de la crainte « des profiteurs » actuels (le terme est du sieur Pigasse, il nous l’a soufflé !) de devenir eux-mêmes, dans un avenir plus ou moins proche, les cibles des poursuites de ces fonds.
Nous attendons toujours que vous ayez la primeur des décisions prises à l’encontre de Monsieur Denis Gokana, suite aux révélations de ces dernières semaines. Il nous semble qu’il va falloir attendre longtemps et pour s’armer de patience nous vous proposons en pièces jointes des nouveaux documents qui, compte tenu des revenus réels de Sphinx UK, devraient intéresser encore la justice britannique. Il est surprenant que les comptes affichent des pertes alors que les marges sur cargaisons étaient conséquentes !
Inversons les priorités, sans concertation avec les révélateurs des fraudes, des malversations et des crimes économiques les uns plus énormes que les autres, nous ne voulons pas attendre « demain » pour que soient punis « les vrais responsables du problème » ! Quant à venir à votre secours pour empêcher les « fonds vautour de poursuivre leur œuvre de mort », il faut d’abord que nous fermions « l’épicerie familiale ».
Notre dernière conclusion était erronée. Le FMI ne fera rien pour fermer cette boutique, vraie responsable de tous nos malheurs !
Les congolais le feront !
NB- Les termes en italique sont ceux utilisés par Pigasse.
La rédaction de Mwinda
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Au coeur des magouilles
" Mwinda " s'est procuré quelques documents sur la fameuse société Sphynx appartenant à M. Gokana et qui, selon le jugement de Londres du 28/11/05, achète à vil prix du pétrole à la SNPC (dont il est le PDG) et revend sur le marché. A lire.
Sphynx N° 1" (doc pdf)
Sphynx N° 2" (doc pdf)
Sphynx N° 3" (doc pdf)
Sphynx N° 4" (doc pdf)
Sphynx N° 5" (doc pdf)
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