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Mar 9 Fev 2010
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Dette congolaise: la longue marche vers le point d'achèvement

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Lu dans la presse :

« Le Président de la Banque Mondiale a été reçu en audience par le président Sassou Nguesso.... ! (…)

Après avoir atteint le point de décision de l’initiative PPTE, le Congo devrait réaliser les déclencheurs devant lui permettre d’accéder au point d’achèvement. Parmi ces déclencheurs, le renforcement de la bonne gouvernance, la mise en place d’un nouveau code des marchés de l'Etat, les réformes du secteur des postes et télécommunications, la mise en œuvre des projets du secteur de l’éducation et de la santé (...)

Le Chef de l’Etat est accompagné par les ministres Henri Djombo de l’économie forestière et Emile Ouosso de l’équipement et des travaux publics, le délégué général des grands travaux Jean Jacques Bouya et le président directeur général (PDG) de la société nationale des pétroles du Congo (SNPC) Denis Gokana ».

Voir la vidéo et l'interview de Robert Zoellick, de Denis Gokana et de Jean Jacques Bouya

Notre commentaire

L'investissement de Sassou Nguesso auprès des lobbyistes de Washington s'avère payant. Reçus à la Banque Mondiale, Sassou Nguesso et ses lobbyistes ont misé sur la protection de l'environnement. Le site conçu et publié par Chlopak, Leonard, Schechter and Associates, en est une parfaite démonstation. Nos lecteurs apprécieront la Lettre adressée à Obama et la représentation idillyque de la dictature de Sassou Nguesso.

Le patron de la SNPC, Denis Gokana, et Jean Jacques Bouya, le neveu et patron des grands travaux (avec la Chine) peuvent claironner que le point d'achèvement, au programme PPTE, sera atteint avant la fin de l'année malgré toute l'opacité et la corruption qui règnent dans les affaires pétrolières congolaises.

Question : mais d'où vient donc cette formidable dette congolaise ? " Mwinda " avait répondu, il y a quelques années, à cette interrogation et à d'autres.

Rappel et éclairage

Qu'est ce que l'Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) ?

C’est « un dispositif global de réduction de la dette des pays pauvres très endettés » engagé par le FMI et la Banque mondiale dont le but est « d'assurer qu'aucun pays ne soit confronté à une charge d'endettement intolérable ».

Mais au fait, cette formidable dette congolaise – le Congo est le pays le plus endetté au monde par tête d’habitant - d’où vient-elle ? A quoi a servi l’argent qu’on nous demande de rembourser ?

fmiEn 1977, à la disparition du Président Marien N'Gouabi, le Congo n'était pratiquement pas endetté (sauf réalignement du CFCO dans lequel déjà Hubert Pendino avait oeuvré et l’affaire de la raffinerie de Pointe-Noire vendue par Antoine Tabet et qui ne pouvait fonctionner... qu'avec du brut algérien).

C'est à partir de 1979, avec la concomitance de l'arrivée de Denis Sassou Nguesso au pouvoir à Brazzaville, de la hausse de la production de pétrole ainsi que des prix, qui à l'époque atteignaient 40 dollars par baril, et la mise en place du très fameux Plan Quinquennal que la dette a commencé à prendre la dimension que tout le monde connaît. Il serait long et fastidieux de revenir sur les décisions qui avaient été arrêtées par le grand visionnaire congolais, Denis Sassou Nguesso. Tous les projets qui ont été soumis à sa décision ont connu la faillite ou l'abandon. Seules les dettes sont restées. Avec intérêts. Il est vrai qu'à l'école du détournement et de la corruption, tolérée sinon encouragée par " l'homme de masses ", les Congolais sous ses ordres ont été d'excellents élèves.

Durant la vingtaine d'années, au total, que Denis Sassou Nguesso a passé à la tête de l'Etat congolais aucun responsable de vol ou de détournement n'a été emprisonné, à l'exception d'un de ses proches alors à la tête d'une petite entreprise d'Etat, la SONACEM. Des montagnes d'argent empruntées pour des projets mal étudiés et toujours mal gérés. Des milliards de dollars ont été empruntés dont il ne reste aujourd'hui quasiment rien. Un énorme gâchis qualifié par la Conférence Nationale de crime économique !

Pourquoi la décision du FMI concernant le Congo ne cesse-t-elle pas d’être repoussée ?

Le discours de ceux qui ont milité contre l'effacement de la dette du Congo est le suivant : " Question : le Congo a-t-il bien géré les milliards qu'on lui avait prêtés ? La réponse est « Non ! » C'est la même équipe qui a emprunté cet argent il y plus d'une vingtaine d'années maintenant, qui l'a géré et qui réclame l’effacement de sa dette ! Ces mêmes personnes, dès lors que la dette sera effacée, vont avoir de nouveau entre leurs mains les nouveaux emprunts. Vont-elles correctement gérer cet argent neuf ? La réponse est : « Non ! » La preuve est qu'elles ont menti dans l'initiative de transparence et la cerise sur le gâteau est la décision qu'a obtenue Kensington dernièrement devant la Cour de Londres." Ces arguments ont le mérite d'être très facilement compris lorsqu'ils parviennent à différents niveaux du FMI, véhiculés par des ONG, par la presse internationale et par les lobbyistes qu'ont recrutés les créanciers.

Concrètement au FMI, qui décide ? Comment cela se passe-t-il ?

C'est le Conseil d'administration qui prend les décisions. Il est présidé par le Directeur général et se compose de 24 administrateurs. Les cinq principaux actionnaires - Etats-Unis, Japon, Allemagne, France et Royaume-Uni - ont chacun leur administrateur, tout comme la Chine, la Russie et l'Arabie Saoudite. Les 16 autres administrateurs sont élus pour deux ans par des groupes de pays. Les documents qui servent aux délibérations du Conseil d'administration sont établis principalement par les services du FMI et parfois par les administrateurs eux-mêmes.

cfa1Contrairement à certaines organisations internationales où chaque pays membre dispose d'une voix, le FMI applique un système de vote pondéré : plus la quote-part d'un pays au FMI - déterminée généralement par son poids économique - est importante, et plus le nombre de voix qui lui sont attribuées est élevé. Mais le Conseil d'administration procède rarement à un vote formel et préfère adopter la plupart des décisions par voie de consensus et à l'unanimité, ce qui laisse une large place à des " arrangements diplomatiques " lorsqu'ils ne sont pas trop voyants comme dans le cas du Congo. En pourcentage du total des quotes-parts les USA ont 17,5%, Japon 6,3%, Allemagne 6,1 %, France 5 %, Royaume Uni 5 %, Italie 3,3%, Arabie Saoudite 3,3%, Canada 3%, Chine 3%, Russie 2,8%.

Dans l’hypothèse où la dette du Congo est effacée, cela aura-t-il vraiment un impact pour les Congolais ? Ces derniers seront-ils progressivement moins pauvres dans leur vie quotidienne ?

Le Congo a depuis longtemps suspendu ses remboursements, mis à part ceux qui concernaient la " dette gagée ". Total a également rééchelonné la dette gagée qu'il détenait lors du règlement du dernier contentieux qui avait donné naissance à Likouala SA. Dès que la dette du Congo sera effacée, le pays verra immédiatement sa capacité d'emprunter renouvelée. C'est-à-dire que le pouvoir actuel pourra lancer des projets comme il l'avait fait au début des années 80, ou presque, avec le succès dont on vient de parler.

Quant au niveau de vie de la population, l'effacement de la dette aura sûrement le même effet que la multiplication par 3 des prix du pétrole c'est à dire : Aucun ! En revanche l'entourage du président congolais (Willy Nguesso et les autres), si rien n'est fait, deviendra lui plus riche, cela est sûr !

En tant que Congolais, nous avons intérêt à ce que notre dette soit effacée, même si nous nous opposons à la politique de Sassou car de toute façon même plus tard quand il ne sera pas là nos enfants auront à payer cette dette.

Imaginons que le Congo soit un paquebot et que le Commandant en soit M. Sassou Nguesso. Nous avons vu qu'il n'a pas su le diriger. Le beau navire, qu'on lui a confié pendant 25 ans et pour lequel une importante dette a été constituée, est maintenant une épave échouée qui a raté son voyage vers le progrès. Le FMI intervient. Il va permettre l'effacement de la dette pour remettre le bateau à neuf. Tout sera refait, sauf la coque qui restera percée : " par la corruption " ! Point important : on gardera le même Commandant ! Est-ce que cela est bien sérieux ? Non cela est parfaitement choquant ! Que la dette soit effacée c'est une bonne chose mais pas n'importe comment ! En tout cas pas comme cela en remettant les compteurs à zéro et en faisant repartir ce pouvoir arrogant comme à son point de départ en 1979 !

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Commentaires (1)

Ô vous savez...
..., quand derrière SASSOU, c'est BOUYA, c'est NGOKANA, c'est la fille de papa, Claudia, on a compris à qui profite l'effacement ou la réduction de la dette congolaise. Il faut être un naîf infini pour se faire des illusions sur un éventuel bien être des congolais après ce marché de dupes. Vous avez vu comment Claudia SASSOU-NGUESSO serre les dossiers contre sa poitrine (voire images sur TéléSassouCongo)? Cerise sur le gâteau, c'est NGOKANA et BOUYA qui parlent en lieu et place des ministres des hydrocarbures et de l'Economie forestière. Qui a dit que la famille était éloignée des ministères, hein?
Mwana Korobo , October 02, 2009

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