De nombreux lecteurs du site " Mwinda " résidents en France s’interrogent des raisons pour lesquelles les communications téléphoniques vers le Congo sont devenues subitement plus chères. Il n'y a pas si longtemps une carte prépayée de 6,50 euros leur donnait droit à 90 minutes (voire plus) de conversation, expliquent-ils. Or, depuis quelques mois la même carte du même opérateur n’offre plus que 30 mn, et encore ! Sollicités sur cette baisse spectaculaire du crédit des cartes téléphoniques les opérateurs de la place de Paris, unanimes, indexent le gouvernement congolais, donc le ministère des Télécommunications qui surtaxerait les appels entrants. A les entendre, les opérateurs installés à Brazzaville auraient répercuté les nouvelles taxes auxquelles ils sont assujettis auprès de leurs correspondants étrangers.
Beaucoup de nos compatriotes ont en effet lié la baisse du crédit de ces cartes à la mise en place au Congo, en août 2009, d’un contrôle des appels entrants effectué par le Centre de supervision et de contrôle du trafic international entrant nouvellement créé. Une nouvelle organisation qui rapporterait 12 milliards de FCFA chaque année.
De là à penser que des fonctionnaires de Congo Télécom ou du ministère congolais des Télécommunications s’enrichiraient au détriment d’une Diaspora supposée disposer d’un pouvoir d’achat plus élevé que le commun de nos compatriotes vivant au pays il n y a qu’un pas que certains ont déjà franchi. « La desserte de Brazzaville par avion est l’une des plus chères au monde ; maintenant à l'heure de l'Internet où on tend vers la gratuité des communications téléphoniques, pour appeler les parents au pays, il faut encore se saigner, comme il y a vingt ans, alors que les Maliens et les Sénégalais par exemple téléphonent ou construisent des maisons chez eux pour des cacahuètes. Pourquoi tout doit toujours être plus cher chez nous ? » (1) s'est indigné un Congolais rencontré à Château rouge, le grand marché africain de Paris.
Pour essayer d’en savoir plus, " MwindaPress " a adressé, le 2 février dernier, par email une demande d’information au service communication dudit ministère. Celle-ci demeure sans réponse à ce jour….
Coïncidence, le 5 février, les Dépêches de Mpila, publication financée par le palais du même nom fait sa Une sur un scoop : « Des fraudeurs opèrent à la centrale de Congo Télécom à Ouenzé », titrait ce journal. Et d’expliquer que « des opérateurs illégaux ont réussi à détourner une partie du trafic international entrant des lignes de la société Congo Télécom, à partir de la centrale du rondpoint Koulounda à Ouenzé, dans le cinquième arrondissement de Brazzaville. Bénéficiant sans doute de complicités au sein de la structure, les trafiquants avaient installé des équipements dont les mouvements échappaient jusque là à tout contrôle » (voir ici la vidéo).
Surprenant. S’agit-il d’une opération camouflée d’un service d'écoutes parallèle destinée à espionner la population ? Serait-on en présence d’une manoeuvre, d'une mise en scène du ministère lui-même pour justifier un éventuel manque à gagner sur les recettes préalablement annoncées ? Serait-ce le fait d’un opérateur pour dissimuler une partie de son trafic ou assisterait-on à un banal piratage d'une ligne téléphonique par un homme seul ?
Un flou que ne dissipe nullement le site officiel du Congo, lequel consacre également un article sur ce sujet : « Nous avons été informés de ce qu’une grande partie des appels internationaux entrants échappaient à une plateforme technique que nous avons mise en place pour accueillir ce trafic. Nous avons procédé aux recherches et nous avons été malheureusement surpris que ces équipements se trouvent dans nos locaux de Congo Telecom, notamment le central de Ouenzé. C’est un opérateur étranger qui a installé les équipements et a dû procéder aux essais », croit savoir le responsable du centre téléphonique concerné. Et ce dernier de préciser : « Comme ce type d’opération constitue une violation de la réglementation, nous avons procédé à l’enlèvement de ces équipements. L’opérateur n’est pas encore identifié, nous sommes sur une plateforme technique, les contrats commerciaux n’étant pas élaborés ici », avant de conclure qu’il ignorait « ce que le client fait derrière, car c’est une ligne numérique qui se trouve en phase d’essai » et qu’il n’avait pas « tous les documents pour officialiser cette connexion »…
Après le réseau mafieux des hydrocarbures qui organisait la pénurie de l'essence dans le pays, après les fonds vautour congolais qui saignent sans vergogne le trésor public voici peut-être la mafia du téléphone, un secteur fort juteux où les proches du chef de l'Etat ne seraient d'ailleurs pas absents. Quoiqu’il en soit il est un fait. Tout est possible aujourd’hui dans un pays où la corruption et les détournements à tous les niveaux gangrènent l’appareil d’Etat. Ni l’introuvable Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude présidée par le brave et sympathique Alphonse Nzoungou, ni la Cour des comptes et de discipline budgétaire et les bons sentiments Mme Yvonne Kimbembé, ci-devant Procureur général près cette Cour n’y feront absolument rien. La raison : le ver est dans le fruit, c’est-à-dire que le mal réside au cœur même d’un système qui garantit d’avance l’impunité à tous les fraudeurs parce que ceux-ci appartiennent en général au cercle familial au pouvoir ou qu’ils y ont leurs protecteurs.
Voici la vérité : corruption, concussion et fraude constituent la respiration même du système de M. Sassou sans laquelle celui-ci cesserait de vivre. Tout le reste n’est que littérature.
Langangui
(1) En fait de " gratuité " les communications téléphoniques à partir de la France vers certaines destinations comme les pays de l'Union européenne, les USA, la Chine, le Maroc... sont comprises dans un forfait Internet modique triple play (comprenant internet, la télévision et le téléphone) proposé par certains opérateurs Internet. On peut donc appeler ces destinations, quelle que soit la durée des appels, pour le même tarif.
Commentaires (14)
Le ver est dans le fruit.... le trou ouvrira vers la clarté.
Saluons le fait que ce genre de scandale sorte. Il y a encore quelques temps.. on n'en aurait pas entendu parler. En plus, les prix pratiqués avant la mise en place des contrôles des flux entrants ne correspondaient pas à la réalité. Dans tous les cas, l'instauration des taxes liées aux impulsions téléphonies ne justifient pas les prix pratiqués... de 90mn à 30 mn.. il y a quelqu'un qui se sucre; ce n'est pas forcément le gouvernement congolais.
En revenant aux histoires de famille.... Castanoux , le nouveau directeur du secteur des télécoms (fréquences), n'est-il pas de la famille de la Reine mère?
Comme toujours
On ne sait que critiquer sans fournir soit même d'effort!!!!!!
Chacun doit faire un effort
Monsieur BVS, question d'éducation et de culture
Je ne veux pas déresponsabiliser la population, mais le fait est que les fonctionnaires ne sont pas formés pour sensibiliser et les personnes au dessus d'elles le sont encore moins et ne montrent pas l'exemple. C'est pas pour rien qu'on a des cours d'éducation civique à l'école, afin de nous apprendre les droits et les devoirs d'un citoyen. Tout s'apprend, le problème c'est qu'au Congo on a cessé d'apprendre depuis longtemps... très longtemps.
Tout ça pour dire que si des commerçants ne respectent pas la loi, c'est aux citoyens de les arrêter mais c'est aussi à la police et aux autorités compétentes de soit les arrêter, soit donner des amendes et les forcer à respecter la loi. En résumé, dans une société où personne ne respecte ces droits et devoirs, tout le monde est à blâmer.
Le ver est dans le fruit? ou
Je ne vous ai pas dit de suivre mon regard ! Mais en tout cas que cela reste entre nous car dans le Congo je ne sais de qui là on peut brûler quelqu’un vivant.
Démission,
Thierry Moungalla et les responsables de Congo Télécom doivent démissionner . Ils étaient au courant de cette situation depuis longtemps. Moungalla connaît les règles, d'autant plus qu'il est français et connais très bien la règle juridiquement, surtout une personne de son rang. Je te demande simplement de prendre ton courage et démissionner.
Et si ...
S beau que mo pays , le Congo, sur cette il n'yen a pas!
Si beau?
Mais qu'est-ce qu'il a bu....
Ah j'oubliais que quand il s'agit des trucs mystiques comme recuperer des os d'un mort, on peut mettre l'argent en jeu. C'est bien cela qu'on appelle un PAYS DE MERDE
Les oeuvres parlent d'elles mêmes!
Vas du côté du fleuve Congo!Vas du côté de nouabalé-ndoki, de conkouati, du parc d'odzala, etc...Tu verras qu'il est beau notre pays le Congo.Que veux-tu encore que je te dise?Notre pays bon gré ,mal gré et petit à petit se construit et il se construira.Cela est à ne point douter.Alors que mon cher qui est sans honte ne jouit que du fruit des efforts consentis par les autres.En France, il a fallu que des générations mouillent le maillot pour arriver aux prouesses que vous vantez tant.Ce n'est que le fruit du travail d'autrui, Monsieur Richard, à ta place, j'aurais honte.A l'opposé, ici au Congo, nous mouillons le maillot afin de construire un Congo à la hauteur de ses ambitions et prospère.Les difficultés et les erreurs ne manquent pas et cela n'est que normal.Ce qui est vrai, c'est ce plaisir de participer à l'édification du Congo.C'est vraiment un réel, patriotique et réel plaisir.Les critiques ne manquent pas et ne manqueront pas à ce sujet.cela aussi n'est que normal.L'on ne peut que critiquer ce qui se fait.C'est aussi avec un réel plaisir que nous lisons toutes ces critiques qui sortent de divers horizons.C'est tout à fait normal.
Richard, tu peux te calmer.Les bonnes et grandes oeuvres se construisent dans le silence.Raison pour laquelle, il n'est pas pour le moment sage de repondre à certaines de vos inepties et âneries.Les oeuvres parleront d'elles mêmes.Déjà dès votre arrivée à l'aéroport de Maya-Maya, une reponse sera donnée à vos critiques interminables.La suite vous sera donnée dans votre vécu quotidien et tu attendras quand est ce qu'il y aura penurie d'eau ou encore d'électricité.Ce sont les oeuvres qui parleront.Tu peux en être rassuré, mon cher Richard.
Vous qui voulez savoir à propos de la mafia
Savez vous à qui appartient cette nouvelle société de telecomunication basée tout juste dans le quartier de Ouenzé avec ses structures d'abonnement aux chaines de télé internationale.
Cette société vous aviez certainement vu sa pub pout certains d'entre vous qui possedez télé en congo ( Mosaique TV) MNCOM
Eh bien cette nouvelle société appartiendrait au patriarche du clan au pouvoir des Nguesso avec pour directrice sa fille ainée Lydie.
Alors à vous de devinez d'où provient cette mafia que l'on décrit aujourd'hui...
Lydie
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