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Dialogue…oui mais pour quoi faire ?

Vive le Dialogue nous allons bouffer

politique
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Tribune libre

Le faux dialogue institutionnalisé par Sassou et piloté par ses nervis n’est en réalité qu’un instrument d’endormissement de la conscience collective. Une pirouette longtemps utilisée à toutes les sauces par le vieil autocrate pour rouler les Congolais dans la farine. Autrement dit, c’est du déjà vu !

François Mitterrand disait si bien, à juste titre : « Un dictateur n’a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève par le défi. ». Ces déclarations de l’ancien président français trouvent une résonnance particulière au Congo du vieux dictateur Sassou, lequel, comme à ses habitudes lorsqu’il se retrouve dos au mur, s’apprête à convoquer un énième monologue. Une vieille lubie qu’il ressort chaque fois comme une baguette magique lorsqu’il est pris à la gorge. Pour desserrer l’étau et se donner une bouffée d’oxygène, Sassou nous remet ça. Le but inavoué de la manœuvre : se cramponner au pouvoir. Jusqu’à quand les Congolais se laisseront-ils encore enfumer par la rengaine des louanges chantées par sa petite cour ? Un dialogue… oui mais pour quoi faire, et avec qui, alors que les attentes des Congolais sont connues et que les prisonniers politiques croupissent depuis des années dans les geôles de Sassou ? Quarante ans à bouffer du Sassou, c’est quarante ans de dégâts, ça suffit ! L’alternance, voilà ce que demandent les Congolais. Sassou et ses fins limiers le savent très bien, mais jouent au con.  Tout sujet hormis celui-là, relève de la pure diversion.

C’est quand même effarant de voir encore aujourd’hui des gens tomber dans ce funeste piège béant de Sassou, malgré la myriade de faux dialogues convoqués par lui dans le passé et dont les conclusions moisissent au fond des tiroirs depuis des années, Comment peut-on se laisser berner aussi longtemps par un homme qui prend les Congolais pour des parfaits demeurés ?

Si Sassou n'a pas été sincère avec Marien Ngouabi, Yhombi Opango, Pascal Lissouba, Bernard Kolelas, André Milongo, Okombi Salissa, Jean Marie Michel Mokoko, et même avec le FMI, auprès duquel il a eu le sacré culot de fournir des faux documents falsifiés dans l’espoir d’obtenir l’aide financière comment le serait-il avec vous ? Il m’échoit ici de rappeler à ceux qui ont la mémoire courte  qu’il y a eu le monologue d’Ewo : Sassou n’a pas tenu parole. Il y a eu celui de Dolisie : il n’a pas tenu parole, et j’en oublie d’autres. Il y a eu enfin Sibiti, quand il s’apprêtait à violer sa propre constitution de 2002, un texte qui l’empêchait de briguer un nouveau mandat, Prétextant et jurant, la main sur le cœur, devant les Congolais qu’il ne fallait pas y voir la main du diable caché derrière un nouveau mandat de Sassou. L’histoire sait ce qu’il en est advenu.

Le long règne de Sassou a transformé le paysage politique congolais en une faune où des générations de fauves sont prêtes à n'importe quel compromis pour se donner une existence et un peu de visibilité. Du coup, les gens sérieux n'ont plus envie de faire de la politique, craignant pour leur vie. Ils redoutent le ridicule à force de rivaliser avec ces clowns transformés en fauves par appât du gain.

Il ne faut donc rien attendre de ces fauves corrompus nommés par Sassou réunis au sein de son conseil de machin, une institution bidon œuvrant pour la pérennisation de cette dictature. Ces fauves roulent tous pour leur maître (Sassou). Ce futur dialogue bidon, n’est  qu’une grande escroquerie en bande organisée, présidée par Martin Mbéri, l’homme qui mange à tous les râteliers et dont les accointances avec ce régime criminel sont bien connues. Ledit Mbéri est secondé par Alain Akouala, une vieille gloire du Sassouisme déclinant, ex-ministre de Sassou chargé des démentis, poste auquel un certain Thierry Moungalla lui a succédé. Acculé, Sassou a absolument besoin de rassurer ceux qui le portent. Le dictateur se servira de ce dialogue des gros couillons pour dire aux bailleurs financiers et à ses différents soutiens politiques étrangers : « voilà, vous m’avez contraint à dialoguer avec les acteurs politiques de ce pays, c’est dorénavant chose faite…il n’y a pas de crise politique ni de problèmes dans mon pays, l’opposition (l’opposition choisie, entretenue et payée par lui] dialogue avec le pouvoir, il n’y a pas de prisonniers politiques non plus, tout va bien dans le meilleur des mondes, laissez-moi tranquille ».

Bouffer sans moi Jamais!!!

Dans la perspective de cette messe inutile dont le stratagème pour Sassou consiste à gagner du temps, et pour ses fauves corrompus, l’opportunité de se faire du fric facilement, Martin Mbéri, et Alain Akouala, ont donc repris du service. Depuis quelques semaines, ces seconds couteaux de Sassou et leurs comparses consultent à tout va tout ce que ce pays compte de corrompus drapés sous une bannière politique. Notamment, des supplétifs de ce pouvoir encartés dans des associations politiques bidon et des partis politiques tout aussi bidon. Des organisations satellites de cette dictature sauvage et moyenâgeuse qui a conduit le pays dans un cul de sac. Préformatés à la violence par Sassou, certains loubards, craignant d’être écartés du festin ne se sont pas gênés de transformer les lieux de ces consultations en ring de boxe, faisant couler du sang à gogo. Ainsi a-t-on pu apprécier les talents cachés de boxeur du député nommé de Ngôh, un  homme de Sassou, ancien vice-président du monarque à sa commission électorale de 2016 qui a organisé et validé le hold-up électoral du tyran.

Si le développement d’un pays dépendait du nombre de dialogues, le Congo serait, à coup sûr, le premier pays développé du continent. Sassou n’a jamais respecté ni sa parole ni ses engagements, un homme connu pour rouler les gens dans la farine et dont la préoccupation première reste, jusqu’à preuve de contraire,  la conservation du pouvoir et sa transmission à son rejeton ou à un membre de son clan familial.  Alors, un dialogue avec un menteur qui s’assit sur les aspirations des Congolais, c’est perdre son temps.

Le dialogue ne fera jamais partir celui qui est arrivé et s’est imposé par les armes. Comme tout bon dictateur, par les armes il est arrivé, par les armes il partira à défaut d’une vraie révolution.

Jean Claude ITOUA

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