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Après l'élection, la paix du vainqueur Sassou règne dans la ville

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Le général Mokoko appelle à la révolte ? Qui l’entend si ce n'est à Bacongo, à Makélékélé ou à Pointe Noire ? Mais ici on est lassé de servir de chair à canon, d’être les seuls à toujours se sacrifier pendant que le nord de Brazzaville et le nord du pays ne bougent guère. Où sont les troupes des Okombi Salissa, Miéressa, Dzon, Mokoko ? Des questions légitimes que pourrait se poser par exemple Parfait Kolelas.

Sassou s’est nuitamment autoproclamé, comme prévu, vainqueur de l’élection. Sans tambours ni trompettes.

Il ne devait pas être candidat à cette élection. Il a organisé, tranquille, son pseudo dialogue, modifié la Constitution à sa guise, s’assurant au passage une impunité éternelle pour ses crimes et délits. Il a concocté une loi électorale scélérate, recensant la population selon son bon plaisir, c’est-à-dire avec un Nord plus peuplé que le Sud. Il a avancé la date de l’élection, le tout sous les protestations vaines de l’opposition. Il a coupé les communications, SMS, Internet, organisé le scrutin comme il l'entendait, à huis clos, puis il a proclamé des résultats fantaisistes. Enfin il a sorti son armée selon un scénario bien huilé. L’opposition a gesticulé, l’opinion internationale a publié des communiqués mais l’animal connaît le topo : dans quelques jours, plus personne ne se souviendra des conditions de son « élection ». Peut-être redeviendra-t-il même pour la énième fois président de l’Union africaine...

Comme a coutume de dire le dictateur avec morgue : « les chiens aboient, la caravane passe » ; « Le ciel ne tombera pas ».

Le général Mokoko appelle à la révolte populaire ? Qui l’entend si ce n'est à Bacongo, à Makélékélé ou à Pointe Noire ? Mais ici on est lassé de servir de chair à canon, d’être les seuls à toujours se sacrifier pendant que le nord de Brazzaville et le nord du pays ne bougent guère. Où sont les troupes des Okombi Salissa, Miéressa, Dzon, Mokoko ? Où est passé René Serge Blanchard Oba, vous savez, le cousin de Sassou qui était avec nous ? Des interrogations légitimes qui doivent hanter l'esprit par exemple de Parfait Kolelas.

Cela semble donc hélas fini, les lampions sont éteints, comme depuis trente-deux. Sassou a consenti à rétablir les communications téléphoniques. Qu'il soit remercié pour sa magnanimité : une véritable grâce. La Cour constitutionnelle, organisme croupion, validera les résultats. Une formalité. Elle corrigera, lui retirera sans doute un ou deux points, histoire de paraître sérieux dans le travail. En attendant, les fiers Congolais sont devenus la risée de l’Afrique, un continent dont ils ont fait faire un grand bond en arrière. Nos très sincères félicitations. Le cartel d’Oyo savoure sa victoire et rit sous cape. Il demeure au pouvoir, installé aux affaires pétrolières pour au moins quinze ans de plus, le temps que Christel, le " zaïrois ", apprenne le métier et soit prêt à succéder à papa. Il a encore « niqué » et, cette fois-ci bien profond, ces incapables et brouillons sudistes réduits au rang de griots depuis des décennies. Ils naissent et meurent sous sassou : une vraie vie. Le pays est calme, les populations peuvent vaquer à leurs occupations, la Sape par exemple, la consommation de bière ou la masturbation intellectuelle sur les réseaux sociaux. Nous sommes dans La Nouvelle République promise qui va résorber le chômage des jeunes et nous conduire vers le développement. Dans l'intervalle, Sassou, condescendant et beau vainqueur, tend la main à ses frères de l’opposition dont il attend qu’ils lui disent dès à présent : Ave César !

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