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Un tyran n'a pas d'amis éternels et toute compromission se paie tôt ou tard

politique
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Vous allez prendre un peu de la graine. Pour mieux comprendre ce qui se passe au Congo du vieux dictateur Sassou et ses complices,  j’ai longtemps cherché ce qui pouvait réellement motiver les postures des uns et les acrobaties des autres, pour continuer à porter à bras le corps un tyran et sa dictature. A force de patience, j’ai fini par trouver, en lisant Norbert Zongo, dans un de ses articles traitant de la compromission. Norbert Zongo, journaliste burkinabé assassiné en 1998,  la dépeint tellement bien que tout le monde est servi.

Entre ceux qui portent cette dictature intentionnellement parce que c’est leur seule bouée de sauvetage, ou ceux qui se livrent à des faux calculs afin d’exister,  ou tout simplement ceux par pur égoïsme privilégient leurs propres intérêts, il y en a en effet pour tout le monde.

Et vous, à quel niveau classez-vous les gens comme les Thierry Moungalla, Pierre Mabiala, Placide Moudoudou, Martin Mbéri, et j’en oublie des meilleurs,  ou Tsatsy Mabiala, chef d’opposition par décret, Paul Marie Mpouélé, Anguios Engambé, Nick Fylla et autres, et enfin, ce  peuple, tout du moins une certaine catégorie qui ne s’est jamais sentie concernée, exemple : ces « militaires » dont le tyran est aux petits soins et qui oublient carrément que les salaires de nombreux de leurs parents  se sont plus versés depuis des mois?

Toute compromission se paie tout ou tard

 Lisez Norbert Zongo

« Les peuples comme les hommes finissent toujours par payer leurs compromissions politiques : avec des larmes parfois, du sang souvent, mais toujours dans la douleur. Deux illustres et malheureux exemples de l'heure peuvent être cités en la matière : le Zaïre et le Togo. Ces peuples, subjugués et gémissant sous la férule de tyrans militaires ont malheureusement leur part de responsabilité dans le drame qu'ils vivent.

En Afrique, la compromission des peuples s'effectue à 3 niveaux :

Le 1er niveau

 est constitué d'intellectuels opportunistes qui se servent de leurs connaissances livresques pour aider les dictateurs à donner un contour idéologique et politique à leur tyrannie... Le tyran peut voler, tuer, emprisonner, torturer... il sera défendu, intellectuellement réhabilité par des "cerveaux" au nom de leurs propres intérêts. Résultat : la plupart de ces intellectuels finissent par s'exiler, ou sont froidement exécutés ou "se suicident" en prison. Les plus heureux sont ceux qui sont dépouillés de leurs biens et de leurs privilèges avant d'être jetés en pâture au peuple... Un tyran n'a pas d'amis éternels.

Le 2ème niveau

est constitué par les opposants de circonstance. Ils se battent et entraînent des hommes sincères avec eux avant de rejoindre l'ennemi d'hier, avec armes et bagages, surtout avec la liste des opposants sincères. Résultat : ils bénéficient des grâces du tyran pendant quelques temps avant d'être éjectés, emprisonnés ou tués... Un dictateur n'a confiance en personne, surtout pas en un ancien opposant.

Le 3ème niveau

est constitué des "indifférents". Les "pourvu que", la pure race des égoïstes myopes (pourvu que mon salaire tombe, pourvu que je n'aie pas d'ennuis, pourvu que rien n'arrive à ma famille...). Comme nous le disait un brave ami togolais dans les années 1980 : "pourvu que les bateaux continuent de venir au port, Eyadema peut faire ce qu'il veut. On le laisse avec DIEU" - notre ami est actuellement réfugié à Cotonou et les bateaux mouillent toujours au large de Lomé. Résultat : personne n'échappe à une dictature lorsqu'elle s'installe dans un pays. Comme le dit la sagesse populaire, chaque peuple a le régime qu'il mérite. Et chaque compromission avec une dictature est toujours payée au prix fort. La règle ne souffre pas d'exception. »

Norbert ZONGO, le sens d'un combat", in L'Indépendant, "Edito N° 00 du 03 Juin 1993

Jean Jacques Morawa

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