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Sassou : halte au holdup électoral

politique
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Même si, pour le moment, l’alternance politique ne demeure qu’un vœu pieu, du fait de la farouche résistance des dictatures toujours promptes à marcher sur les cadavres, ces trois dernières décennies de tumultes politiques tragiques marquent, tant bien que mal, l’ancrage de l’idée des scrutins. L’instauration du multipartisme initié lors des Conférences nationales des années 90, rend peu à peu, possible l’avènement de l’ère démocratique.

Biaisée, truquée, pipée ou en nœuds de boudin, la pratique électorale progresse dans nos contrées de manière parfois surprenante. Ici, on coupe le signal internet. Là, on bombarde une région fief de l’opposition. A côté, on bourre les urnes. Là-bas, on danse à la gloire du dictateur. Là-bas encore, on fait voter les morts. Plus loin, les citoyens n’ont pas de cartes d’électeurs …

Ni libres, ni transparentes, ni sincères et donc non crédibles, les élections, en Afrique subsaharienne, sont une sorte de vernis que les dictateurs africains arborent afin de se donner les apparences d’Hommes d’Etat auréolés d’esprit démocratique, épris de paix, de justice et de liberté. Que nenni.

Les forces rétrogrades autochtones corrompues et manipulées par les puissances impériales au travers des multinationales, désorientent, dénaturent et, pour finir, pervertissent les aspirations de la jeunesse africaine qui aspire pourtant à participer pleinement au concert mondial. C’est ainsi que les régimes dictatoriaux de la sous-région de bassin du Congo sont passés du monopartisme monolithique à la « démocrature ».

Cet avatar de système politique affichant sur les frontons du pays tous les symboles d’une république, en lieu et place d’une démocratie avérée, n’est en réalité qu’une honteuse mascarade dictatoriale.

La conservation du pouvoir ad vitam aeternam s’accompagne d’une infâme négation de l’humain au travers de la confiscation des libertés, de l’accaparement des richesses du pays et de la falsification des réalités. Les Nkurunziza, les Kabila et les Sassou … peuvent-ils avoir le courage d’avancer un seul chiffre du nombre de morts résultant de leur politique respective ?

En proie aux marasmes économiques et désordres institutionnels originels sur fond de violences politiques exacerbées, le bassin du Congo tient lieu d’un vaste établissement pénitencier des populations au service des puissances étrangères. Comme si rien n’avait changé depuis les bras coupés du début du vingtième siècle mis en place par le roi des belges au Congo ou de l’époque ante coloniale où sévissait l’esclavage.

Plus que des élections, la lutte que mènent les populations de la sous-région du bassin du Congo est davantage un combat pour la liberté. Ni l’inversion des résultats des pseudos élections montrant le rejet incontestable du régime, ni la multiplication des arrestations arbitraires qui s’en suivent, ne peuvent anéantir les aspirations d’un peuple lassé de la corruption et de pouvoir autocratique désuet.

Dans ce pays où le monde se vit à l’envers, où la médiocrité a pris le pas sur la raison et où les victimes sont traquées, tandis que les coupables sont chargés de faire appliquer et garantir des lois iniques, les peuples se doivent de se lever afin d’exiger leurs droits.

Que Sassou, du haut de son quasi demi-siècle de gestion moyenâgeuse, s’associe à la demande de recomptage des voix de l’autre côté du fleuve ou la formation d’un gouvernement d’union nationale, cela s’apparente à un gag. Que peut-il apporter à la RDC en matière d’élections, exceptées ses détestables pratiques électorales ?

Son expertise en matière d’inversion des résultats électoraux est reconnue. En effet, lui qui, pour publier nuitamment les résultats auxquels personne ne croit, sort les blindés pour s’attaquer aux paisibles populations du Pool qu’il exècre histoire de faire macabrement diversion, devrait en prendre leçon et faire acte de contrition. Le Congo tout entier attend son mea-culpa. Halte à l’exportation du gangstérisme d’Etat et au bâillonnement des populations !

Après avoir méprisé plusieurs hypothèses de sortie, Sassou est aujourd’hui prisonnier de ses propres manœuvres. Maitre absolu d’un pays ruiné, il tourne en rond, pris par le tournis de sa banqueroute. Conscient de son affaiblissement et des risques encourus par son pouvoir, lequel agonise sous ses propres poisons, il consent à divaguer afin d’endormir les velléités réformatrices.

Il y a, malgré tout, dans les tergiversations de Kabila fils, des éléments relevant de l’inédit en Afrique Centrale. Notamment, l’organisation, avec nos propres moyens, des élections dans lesquelles l’on ne se présente pas soi-même, et où l’on proclame vainqueur un candidat du camp adverse (non sans calcul, hélas), constitue une base pouvant servir de repère.

Il convient de porter une attention particulière à cette « machine à voter » conçue par les coréens à la demande de Kinshasa afin de se l’approprier totalement et l’améliorer, le cas échéant. En effet, cette machine à voter, tant décriée par l’opposition congolaise, a fini par jouer un mauvais tour aux autorités de Kinshasa à qui il ne restait plus que le hold-up électoral. Elle limite, en réalité, les manœuvres de tricherie. Quoi qu’il en soit, elle est de nature à renforcer la vigilance et le contrôle des scrutins, pour peu qu’on en fasse un bel usage.

Afin de garantir la sincérité des élections, les observateurs, à l’image de la CENCO de la RDC, doivent exercer leur contrôle en amont, bien avant la période électorale. En effet, les autorités brazzavilloises, par exemple, mettent en place leur dispositif de tricherie et de validation des résultats biaisés bien avant la période électorale, en plaçant leurs agents tant administratifs que politico-militaires corrompus à des postes-clé des Institutions.

C’est en anticipant qu’il sera de plus en plus compliqué pour les pouvoirs, habitués à torpiller les résultats des scrutins et à jeter les opposants et concurrents en prison, de tricher. Mais en ce moment, Kinshasa qui vote pour la première fois, retient son souffle tout en croisant les doigts afin de ne pas sombrer dans les violences post-électorales.

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Brève

Vous voulez passer une IRM au Congo ? Impossible, sauf à Oyo !

Lu dans " La Semaine africaine "

Impossible de passer une IRM au CHU !

Le Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B) était en pleine transformation en 2014 avec l’ouverture de nouvelles unités de traitement. C’est ainsi qu’il dispose d’un nouveau service d’Imagerie à résonnance magnétique (IRM) de pointe. Un outil indispensable pour permettre aux médecins de poser les bons diagnostics. Malheureusement, il est tombé en panne depuis deux ans. Les patients sont obligés de se rabattre sur la clinique privée COGEMO. Mais là-bas aussi, l’appareil d’IRM ne fonctionne plus depuis environ un mois. Tout comme à Pointe-Noire. Ceux qui en ont les moyens vont à Oyo, à environ 400km de Brazzaville, sur la route nationale n°2, à l’hôpital Edith Lucie Bongo Ondimba où l’équipement utilisé pour ce type d’examen est fonctionnel.

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