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Alain Mabanckou : « La révolution du bassin du Congo va venir »

politique
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  « Je ne peux pas rentrer au Congo Brazzaville, parce qu’on me dit que je prépare des coups d’Etat avec des verbes, des sujets et des compléments…»

« Nuit de la pensée », vendredi dernier au Théâtre de verdure de l’Institut français à Dakar, ville qui accueillait dans le cadre des «  Ateliers de la pensée »,  nombre d’intellectuels africains parmi lesquels Alain Mabanckou,  Achille Mbembé, Souleymane Bachir Diagne, Mamadou Diouf, Léonora Miano, Célestin Monga…

L’écrivain congolais n’a pas manqué de tacler Sassou et autres dictateurs africains dont le seul projet est de mourir au pouvoir.

 « Pendant que nous sommes ici ce n’est pas normal qu’un Président reste 32 ans au pouvoir comme au Congo Brazzaville » a-t-il attaqué, avouant qu’il envie les jeunes sénégalais.  «J’envie cette sorte de liberté et de démocratie que vous avez au Sénégal pendant que, dans le bassin du Congo, on ne voit plus l’avenir… Au jour où je vous parle, Waberi ne peut pas rentrer à Djibouti parce que le Président est furieux contre lui. Je ne peux pas rentrer au Congo Brazzaville, parce qu’on me dit que je prépare des coups d’Etat avec des verbes, des sujets et des compléments…» Ou encore : « Les régimes comme ceux du Congo Brazzaville, du Gabon et de la RDC sont champions en matière de coupures non pas d’électricité, mais d’internet et de Facebook au moment des élections. Et plus, moins le pays a la population, comme le Congo Brazza à 4 ou 5 millions d’habitants, pour avoir les résultats des élections, on met 10 jours. Alors que dans un pays comme le Bénin plus de 10 millions, les résultats ne durent que 24h et même celui qui a perdu court vite pour le dire à la radio. Le problème de la jeunesse africaine, c’est qu’elle est prise en otage par ses dictateurs », a-t-il regretté. « Comment la jeunesse, l’avenir du continent peut s’en sortir ? », s’est-il interrogé, tout en refusant le fatalisme. «La révolution du bassin du Congo va venir », pronostique-t-il tout en conseillant aux jeunes de s’appuyer sur leur culture pour s’en sortir car « La première denrée pour la réussite des jeunes c’est l’accès à la culture ».